Quelles mesures d’autonomisation pour des soins centrés sur la personne ?

Directrice générale, Conseil national de la santé et de la protection sociale, Suède

©National Board of Health and Welfare, Suède

Le mot « patient » nous vient du latin, signifiant « celui qui souffre ». Les soins de santé ont historiquement consisté à « prendre soin », « protéger » ce patient souffrant, plus ou moins impuissant. Le professionnel de santé joue en revanche un rôle prépondérant, incarnation d’une autorité à écouter et obéir. Ce présupposé a la vie dure aujourd’hui encore, en ce sens que le patient passif, jugé ignorant et incapable, se doit d’attendre patiemment les prescriptions du médecin. Les soins centrés sur la personne procèdent d’une attitude et d’une conception nouvelles, valorisant les capacités, connaissances et appréciations du patient.

Le patient est reconnu comme une personne unique ayant des souhaits propres, dans son intérêt comme dans celui du soignant. Considérer le patient comme un individu actif encourage les professionnels de santé à nouer avec lui un partenariat. Ceux-ci vont s’assimiler davantage à des consultants et devront développer un côté pédagogue. Leur relation au patient, faite de respect et de considération réciproques, permettra à chacun d’avoir un accès égal à des connaissances différentes.

Le patient, ou plutôt la personne, n’est pas réductible à sa maladie. Construire les soins autour de la personne, c’est mettre en perspective santé et aptitudes : sa façon de vivre, sa manière de prendre soin d’elle, de gérer sa douleur et, bien sûr, les options offertes pour la soigner, la guérir et améliorer son état de santé. C’est seulement ainsi que le terme « soins de santé » prendra véritablement son sens. La santé est au premier plan, mais le patient aussi, qui cesse d’être un simple consommateur de soins pour devenir acteur de sa santé et de son bien-être.

En quoi les pouvoirs publics peuvent-ils être utiles ? Les soins centrés sur la personne impliquent un changement de relation, qui n’est pas acquis. Après tout, il est d’usage que les patients recourent aux médecins pour se faire soigner et qu’en retour, ceux-ci, ainsi que les autres professionnels de santé, les considèrent comme des clients. Pour changer cela, il importe de donner aux patients les outils qui les aideront à devenir plus facilement et plus volontiers des patients actifs, voire des patients avertis. Ainsi faut-il favoriser l’information, les décisions concertées et une écoute respectueuse et instructive, mais aussi reconnaître ouvertement au patient un rôle actif, de même que certaines responsabilités, dans les processus de soins. En Suède, la loi de 2015 sur les droits du patient dispose qu’il incombe au secteur de la santé de proposer à celui-ci une forme de partenariat. Cette loi autonomise le patient.

Ajoutons que les indications données par le patient peuvent contribuer à rendre le système de santé plus performant. Ces indications – possibilité de vaquer aux tâches quotidiennes, degré d’autonomie, tolérance à la douleur – amènent souvent à s’intéresser à autre chose qu’aux résultats médicaux, et à considérer la santé et le bien-être dans une perspective plus large.

Le monde numérique, sur lequel le public, c’est-à-dire les patients, a la haute main, peut offrir aux patients de nouveaux moyens de rechercher, faire connaître et rendre plus accessibles des processus de soins et d’accompagnement inédits. Il en va ainsi des thérapies cognitivo-comportementales, qu’il est maintenant possible, en Suède, de suivre via internet. De même, notre service de consultation en ligne pour les jeunes facilite les contacts avec cette catégorie de population, notamment avec les garçons.

Enfin, le registre suédois de rhumatologie nous donne une preuve supplémentaire que la participation active du patient, la prise en compte des indications qu’il communique et l’établissement d’une relation d’égal à égal entre lui et le corps médical permettent de prodiguer des soins efficaces.

Twitter: @OWigzell

Références

Site internet du Conseil national de la santé et de la protection sociale : www.socialstyrelsen.se

Site internet de consultations psychiatriques : http://web.internetpsykiatri.se/en/

Registre suédois de rhumatologie : http://srq.nu/en/

Service de consultation en ligne pour les jeunes : http://www.umo.se/

©L'Observateur de l'OCDE n°309 T1 2017




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Mise à jour: 5 novembre 2020

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