Nouvel avenir pour l’imprimé

Scott McQuade évoque la perspective de voir les appareils de lecture numérique remplacer les ouvrages imprimés ("Imprimé en ligne ?", L'Observateur de l'OCDE n° 270-271, janvier 2009). Pourtant, rien n'indique aujourd'hui que les systèmes de livres électroniques tels que Kindle, Sony Reader ou iRex attireront massivement les lecteurs. À mon avis, ils finiront au même endroit que les autres tentatives similaires : le musée des idées neuves mais sans avenir.

Les étudiants, qui devraient, selon M. McQuade, accueillir à bras ouverts ces appareils, possèdent déjà des appareils capables de lire les livres électroniques. Et qui permettent aussi, parmi nombre d'autres possibilités, d'utiliser tableurs et bases de données, et d'accéder au Web : c'est ce qu'on appelle l'ordinateur portable. Beaucoup d'entre eux ont aussi un appareil infiniment plus compact, qui permet aussi de lire des livres électroniques : l'iPhone. Pourquoi mettraient-ils 500 euros dans un appareil qui n'offre pas les autres fonctionnalités ?

Il est trop tôt pour annoncer la fin des livres imprimés. Fin 2008, On Demand Inc a lancé un réseau de 11 Espresso Book Machines dans le monde entier. Certaines sont installées dans des bibliothèques, d'autres dans des librairies. De la taille de grandes photocopieuses, ces machines, capables d'imprimer en 3 minutes des livres brochés à partir de fichiers PDF au prix d'environ 1-2 centimes la page, bouleversent complètement l'économie de l'édition. Les éditeurs n'ont plus à mobiliser du capital pour stocker les livres, ni à dépenser des sommes conséquentes (tout en émettant du CO2), pour expédier des kilos de livres vers les librairies (et récupérer les invendus, réexpédiés à leurs frais). Au lieu de cela, les clients des librairies trouveront toujours les livres qui les intéressent en stock, et pourront les imprimer à la demande. Grâce aux économies réalisées sur les coûts d'investissement, de stockage et d'expédition, les livres devraient être moins chers. Les livres imprimés n'ont pas besoin de batteries, on peut les laisser tomber et les rouvrir à sa guise, renverser du café dessus et les maltraiter de diverses manières sans les détruire. Au-delà de l'utilité prouvée de la lecture sur papier, ces atouts font que le livre imprimé a encore de belles années devant lui.

Le numérique n'en est pas moins l'avenir du livre imprimé, et ce n'est pas le fait d'appareils spécifiques de lecture numérique, mais grâce à la diffusion de l'ordinateur portable, du iPhone et de l'impression à la demande.

Toby Green
Chef de la Division des publications OCDE

Vous pouvez relire l'article original : "Ecran total", de Larry Kilman, L'Observateur de l'OCDE n°268, juillet 2008

Retrouvez aussi les travaux de l'OCDE sur les technologies de l'information sur www.oecd.org/science-fr

©L'Observateur de l'OCDE n° 272, avril 2009




Données économiques

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Échanges exp -17.7% ; imp -16,7% T2/T1 2020
Inflation annuelle 1,2% août 2020
Chômage 7,4% août 2020
Mise à jour: 5 novembre 2020

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