Propre, mais pas impeccable

Examen environnemental de la Suède
La bonne réputation de la Suède en matière d’environnement n’est sans doute pas usurpée, mais il y a des ombres au tableau. Il est vrai que la Suède affiche de très bonnes performances, d’après le récent Examen environnemental que lui a consacré l’OCDE. C’est l’un des premiers pays de l’OCDE à avoir réduit sa consommation de produits chimiques dommageables à l’environnement, et l’un des rares qui soit en passe de respecter ses engagements de limitation des émissions de gaz à effet de serre, en vertu du Protocole de Kyoto.
Prenez l’exemple de l’eau, les 83 000 lacs de la Suède, qui couvrent une superficie de près de 40 000 km2, ont vu leur acidité diminuer du fait de la réduction des émissions de dioxyde de soufre et d’autres polluants en Europe. Depuis le premier examen environnemental réalisé par l’OCDE en 1996, la Suède a réussi à améliorer davantage encore ses capacités de traitement des eaux usées urbaines, qui étaient déjà très développées. Elle a ainsi respecté la date butoir de 2000 fixée par la directive de l’Union européenne (UE) sur les eaux urbaines résiduaires pour le traitement secondaire de ces dernières, et elle a atteint l’objectif global de réduction de 50 % des rejets de phosphore. Les eaux de Stockholm ont retrouvé leur propreté et peuvent de nouveau accueillir les pêcheurs, et même les baigneurs.Cependant, comme l’indique l’Examen environnemental, ses ambitieux objectifs, tels qu’une meilleure qualité des eaux souterraines, un environnement marin équilibré ou un littoral sain (celui de la Suède compte 2 700 km), ainsi que de nombreuses directives européennes, sont encore loin d’être atteints. Il faudrait par exemple réduire davantage la concentration de nitrates.La Suède, par exemple, est toujours responsable de 21 % des rejets d’azote d’origine terrestre dans la mer Baltique (Kattegat compris). L’ industrie des pâtes et papiers rejette des polluants tels que des dioxines, qui demeurent problématiques et dont la présence entraîne de nécessaires restrictions à la consommation des poissons marins comme des poissons d’eau douce. Par ailleurs, les mines abandonnées constituent à long terme des sources importantes de contamination des lacs du pays par les métaux lourds. Il apparaît aussi qu’en raison de la surpêche, les populations de cabillauds et de harengs de la Baltique sont tombées à des niveaux dangereusement bas.L’ Examen environnemental de la Suède constate que le pays a adopté des objectifs de qualité très en pointe et renforcé sa législation dans le domaine de l’environnement. Ces efforts doivent cependant être étayés par une action internationale, faute de quoi l’afflux de polluants organiques persistants en provenance d’autres pays risque de se poursuivre, tandis que les effets du changement climatique pourraient bien changer en eau le célèbre palais de glace. Voir les Examens environnementaux du Canada et de l’Espagne publiés récemment.© L’Observateur de l’OCDE, N°244, Septembre 2004


Données économiques

PIB +0.5% T2 2019
Échanges exp -1.9% ; imp -0.9% T2 2019
Inflation annuelle 1.6% septembre 2019
Chômage 5.1% août 2019
Mise à jour: 6 novembre 2019

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