Le critère de la productivité

Une productivité au-dessus de la moyenne, mais qui pourrait être meilleure. Productivité mesurée par le PIB par heure travaillée, total, en USD, 2018 ou dernière. année pour laquelle on dispose de données OCDE

La Finlande est peut-être la première de la classe en matière d’éducation, mais elle brille beaucoup moins lorsqu’on parle de productivité, même si la production par heure travaillée y est supérieure de 15 % à la moyenne de l’OCDE. En fait, la croissance de la productivité a reculé depuis la crise financière survenue il y a dix ans.

La croissance relativement timide de la productivité globale résulte en partie d’un déclin observé dans le secteur manufacturier, en particulier parmi les entreprises à forte croissance dites « gazelles » fabriquant du matériel informatique et des équipements de communication. S’ajoute à cela le fait que dans le secteur des services, qui est en expansion, la productivité est généralement plus faible que dans le secteur manufacturier.

Au-delà des mutations structurelles de l’économie, l’essoufflement de la croissance de la productivité dans certains secteurs a également contribué à l’anémie de la productivité globale, dont témoignent les résultats décevants affichés même par les entreprises finlandaises parmi les plus performantes. On observe une baisse de la productivité dans les administrations publiques, dans l’éducation, dans les services sociaux et de santé, même si la prudence est de mise dans l’interprétation de ces données en raison de problèmes de mesure. Par ailleurs, la hausse récente du taux d’emploi, certes bénéfique, est essentiellement imputable à des recrutements sur des postes peu qualifiés. La Finlande a désormais une productivité inférieure à celle des autres pays nordiques.

Selon l’Étude économique 2018 de la Finlande, les réformes conduites récemment ou programmées pourraient restaurer la compétitivité et rehausser la productivité.

La transformation numérique de l’économie ouvre aussi de nouvelles perspectives, même si l’on peut craindre que la hausse de la productivité soit encore plus concentrée dans un petit nombre d’entreprises (peut-être plus petites) très performantes. Cela étant, le maintien d’un niveau élevé d’investissement dans la R-D pourrait également stimuler l’innovation qui, si elle se diffuse, peut doper la croissance de la productivité en lui donnant une assise plus large.

Cette banque de données fait partie d’une série d’articles consacrés à la célébration du 50e anniversaire de l’adhésion de la Finlande à l’OCDE : www.oecdobserver.org/finland50oecd

©observateurocde.org, Août 2019

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