Plus de sécurité pour de meilleurs emplois

L'Observateur de l'OCDE

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La Corée affiche l’un des taux de chômage les plus bas au monde. C’est également l’un des pays développés qui consacre le moins d’argent aux programmes d’assurance chômage. À première vue, c’est logique. S’il n’y a pas de chômage, pourquoi payer d’onéreuses prestations chômage ?

Néanmoins, en mars 2018, un rapport de l’OCDE sur le régime coréen de sécurité sociale souligne que plein emploi ne signifie pas toujours emploi de qualité. Bien que la Corée compte peu de chômeurs de longue durée, les travailleurs exerçant des emplois précaires, de mauvaise qualité et mal rémunérés sont très nombreux. Faute d’avoir accès à un régime d’assurance chômage suffisamment développé, ces travailleurs sont contraints d’accepter des emplois instables au lieu de s’orienter vers des emplois de meilleure qualité.

Les travailleurs atypiques (à temps partiel, intérimaires et journaliers), les salariés de petites entreprises et les indépendants sont les plus touchés par ce cercle vicieux. Cela s’explique en partie par le fait que le régime coréen d’assurance chômage ne couvre pas certains salariés à temps partiel et microentreprises, car les travailleurs indépendants disposent d’un délai très court pour adhérer au régime, et aussi parce que les petites entreprises se dispensent souvent de souscrire à l’assurance chômage et ne sont pas sanctionnées pour autant.

Les données confirment la forte disparité de couverture entre entreprises de différentes tailles. Les grandes entreprises qui emploient plus de 300 personnes sont couvertes à près de 100 %. Ce pourcentage tombe à 40 % pour les microentreprises qui comptent moins de 5 salariés. Or, cette catégorie emploie une fraction non négligeable de la population : environ 40 % des salariés coréens y travaillent, soit le pourcentage le plus élevé de tous les pays de l’OCDE. D’un point de vue démographique, ces salariés sont majoritairement des femmes et des personnes de plus de 50 ans qui, par ailleurs, rencontrent des obstacles sociaux supplémentaires.

Les responsables publics coréens sont conscients de ces défaillances du système de prévoyance sociale. Même si les dépenses sociales en Corée sont moitié moins élevées que la moyenne de l’OCDE, le gouvernement a considérablement étendu son programme de sécurité sociale au cours des dernières décennies. Mais d’importantes lacunes perdurent. Pour que le système soit plus inclusif et plus efficace, surtout pour les travailleurs atypiques, il faudra consentir de lourds investissements supplémentaires pour mieux mettre en application les politiques de protection sociale actuelles et élargir la couverture d’assurance.

Référence

OCDE (2018), Towards Better Social and Employment Security in Korea, Connecting People with Jobs, Éditions OCDE, Paris. http://dx.doi.org/10.1787/9789264288256-en

©L'Observateur de l'OCDE, T1 2018

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