Égalité femmes-hommes : le compte n’y est pas encore

Les pays de l’OCDE et les principales économies émergentes ont progressé dans la réduction des disparités femmes-hommes, mais beaucoup reste encore à faire, et la route vers l’égalité sera longue. Tel est le constat de la dernière évaluation de la parité dans l’éducation, l’emploi, l’entrepreneuriat et la vie publique, présentée dans le rapport Atteindre l’égalité femmes-hommes : Un combat difficile, publié le 4 octobre 2017. 

Ce rapport, qui fait suite à la Recommandation de 2013 de l’OCDE sur l’égalité hommes-femmes en matière d’éducation, d’emploi et d’entrepreneuriat et à la Recommandation de 2015 de l’OCDE sur l’égalité hommes-femmes dans la vie publique, met en lumière d’importantes disparités et formule des recommandations d’actions à entreprendre pour y remédier.

Si les politiques évoluent dans le bon sens, on est encore loin du but. De fait, des disparités demeurent dans toutes les sphères de la vie sociale et économique, et dans tous les pays. Certes, dans la zone OCDE, les jeunes femmes étudient désormais plus longtemps que les jeunes hommes, mais leurs résultats restent inférieurs et elles sont moins susceptibles d’étudier dans les domaines plus lucratifs des sciences, des technologies, de l’ingénierie et des mathématiques (STIM). Si le taux d’activité des femmes s’est rapproché de celui des hommes au cours des dernières décennies dans tous les pays de l’OCDE, elles continuent d’être moins susceptibles d’occuper un emploi rémunéré. Et lorsque c’est le cas, elles sont souvent plus nombreuses à travailler à temps partiel, ont moins de chances d’accéder à des postes de direction et tendent à percevoir une rémunération moindre. Le salaire médian des femmes est en effet inférieur de près de 15 % en moyenne à celui de leurs homologues masculins dans la zone OCDE. Elles sont en outre sous-représentées en politique, puisqu’elles occupent en moyenne moins d’un tiers des sièges dans les chambres basses des parlements nationaux des pays de l’OCDE.

Restons toutefois optimistes. En réalité, de nombreux pays affichent des progrès dans trois domaines : la promotion du congé parental pour les pères, la question de l’écart salarial entre les hommes et les femmes, et la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Prenons le congé paternité et le congé parental des pères. La prise en charge non rémunérée des enfants par les pères s’avère essentielle pour répartir équitablement les tâches familiales et permettre aux mères de travailler et progresser sur le plan professionnel. De nombreux pays l’ont compris et ont instauré un congé paternité rémunéré au moment de la naissance d’un enfant. C’est ainsi qu’en 2013, l’Irlande, l’Italie, la République tchèque et la Turquie ont institué un tel congé obligatoire. D’autres, dont l’Allemagne, la Corée, le Japon, la Norvège et la Suède, réservent une partie du congé parental exclusivement aux pères.

Qu’en est-il des écarts salariaux ? La rémunération des femmes reste inférieure à celle de leurs homologues masculins dans tous les pays de l’OCDE. Depuis 2013, deux tiers environ des pays de l’OCDE ont adopté de nouvelles mesures en faveur de l’égalité salariale. Elles vont de la transparence salariale à l’obligation pour les entreprises de réaliser des analyses de l’écart salarial femmes-hommes, mais aussi de communiquer ces informations aux salariés, aux auditeurs ou au public. Depuis 2013, des dispositifs de transparence salariale ont été mis en place ou proposés en Allemagne, en Australie, au Japon, en Lituanie, au Royaume-Uni, en Suède et en Suisse. D’autres pays testent de nouvelles stratégies comme des outils en ligne de calcul de l’écart salarial et l’octroi de certifications aux entreprises adoptant de bonnes pratiques. La création récente de la Coalition internationale pour l’égalité salariale (EPIC), pilotée par l’Organisation internationale du travail (OIT), l’OCDE et ONU Femmes, devrait également encourager les pays à œuvrer dans ce sens.

Au-delà de ces problématiques phares de rémunération et de présence parentale, les pays de l’OCDE et les adhérents aux Recommandations sur l’égalité hommes-femmes considèrent la prévention et l’éradication des violences faites aux femmes comme la priorité absolue en matière de parité (voir le graphique). L’Autriche, la Corée, le Costa Rica, la France, l’Islande, Israël, le Mexique, le Portugal et la Slovénie ont adopté des lois contre le harcèlement ou durci les dispositions existantes. Des campagnes de sensibilisation au harcèlement sexuel et à ses diverses manifestations ont par ailleurs été lancées en Belgique, en Corée, au Danemark, en Estonie, en Grèce, en Israël, en Lituanie, aux Pays-Bas et au Portugal. L’Australie, le Mexique et la Suède ont été plus loin encore, en adoptant des approches nationales interministérielles pour sanctionner et prévenir la violence à l’égard des femmes.

L’égalité des sexes demeure un objectif lointain. De toute évidence, les gouvernements doivent s’atteler d’urgence à réformer et renforcer les mesures en faveur de la parité femmes-hommes. Comme le montre le rapport de l’OCDE, seul un engagement sans faille permettra de remporter ce difficile combat.

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Références et liens

OCDE (2017), Atteindre l’égalité femmes-hommes : Un combat difficile, Éditions OCDE, Paris,
http://dx.doi.org/10.1787/9789264203426-fr.

OCDE (2016), Recommandation de 2015 du Conseil de l’OCDE sur l’égalité hommes-femmes dans la vie publique, Éditions OCDE, Paris,
http://dx.doi.org/10.1787/9789264252875-fr.

OCDE (2017), Recommandation de 2013 du Conseil de l’OCDE sur l’égalité hommes-femmes en matière d’éducation, d’emploi et d’entrepreneuriat, Éditions OCDE, Paris,
http://dx.doi.org/10.1787/9789264279407-fr.

©L'Observateur de l'OCDE n°311 T3 2017




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