La tolérance en crise

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L’immigration a fait l’objet de débats houleux durant les élections européennes de mai 2014. Les économistes se demandent maintenant si le sentiment anti-immigration peut être imputé à des facteurs aussi bien budgétaires que sociaux. 

Bien que les travaux de l’OCDE suggèrent que les immigrés représentent un bénéfice net pour leur pays d’accueil (voir « Immigration : balayer une idée reçue », L’Observateur de l’OCDE, n°295, T2 2013), les pays de l’OCDE sont devenus un peu moins tolérants envers les immigrés durant la crise de 2007-2012, avec une dégradation plus nette dans les pays les plus touchés par la récession. Prenons l’exemple de la Grèce : avant la crise, environ 67 % des Grecs considéraient qu’il faisait bon vivre dans leur région pour les immigrés. En 2012, ils n’étaient plus que 26 %. Au Mexique, la tolérance perçue, qui était de 68 %, a baissé de 15 points. Cependant, elle a augmenté en Slovénie et en Autriche, malgré les problèmes budgétaires. Remarquons aussi qu’elle a progressé de deux points au Royaume-Uni, malgré les tensions politiques croissants autour du rôle de l’UE dans la régulation des flux migratoires.

Dans les pays émergents, la variation des niveaux de tolérance est encore plus marquée. Alors qu’on observe un net recul en Inde, Russie et Afrique du Sud, la Chine a connu la plus forte hausse enregistrée dans les 41 pays membres et non membres de l’OCDE considérés, avec une augmentation de 16,5 points du nombre de Chinois considérant qu’il fait bon vivre dans leur région pour les immigrés.

Voir www.oecd.org/fr/migrations

©L'Observateur de l'OCDE, n°299, T2 2014




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