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Les dépenses de santé aux États-Unis

Mark Pearson, Chef de la division de la Santé, direction de l'Emploi, du Travail et des Affaires sociales de l'OCDE

En 2007, les États-Unis ont consacré 16 % de leur PIB aux dépenses de santé. Cette part, de loin la plus élevée des pays de l’OCDE, est supérieure de plus de sept points de pourcentage à la moyenne de l’OCDE (8,9 %). Même la France, la Suisse et l’Allemagne, pays qui consacrent la plus forte proportion du PIB à la santé après les États-Unis, connaissent un écart de plus de cinq points de pourcentage avec ceux-ci : respectivement 11 %, 10,8 % et 10,4 %.

Toutefois, la quasi-totalité des pays de l’OCDE, à l’exception des États-Unis ainsi que du Mexique et de la Turquie, pays à revenu intermédiaire, assurent une couverture maladie à leurs citoyens. En 2007, les dépenses de santé américaines se sont élevées à 7 290 dollars par habitant, soit environ 2,5 fois plus que la moyenne de l’OCDE, à un peu moins de 3 000 dollars (corrigé des différences de niveaux de prix entre les pays). La Norvège et la Suisse ont dépensé autour de 4 500 dollars par habitant. Les Américains dépensent plus du double des pays européens relativement riches comme la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Le vieillissement de la population ne saurait expliquer le niveau des dépenses de santé américaines. De nombreux pays européens, de même que le Japon, vieillissent beaucoup plus vite que les États-Unis. De même, les Américains ne sont pas plus susceptibles de tomber malades que les Européens ou les Japonais, même si les taux très élevés de surpoids et d’obésité coûtent déjà très cher et continueront à faire grimper les dépenses de santé dans les prochaines décennies. Depuis 1980, il y a beaucoup moins de fumeurs aux États-Unis que dans la plupart des pays de l’OCDE. Cela devrait contribuer à améliorer la santé des Américains.

Les dépenses de santé recouvrent :

• Les dépenses relatives aux patients hospitalisés, plus élevées aux États-Unis que dans les autres pays de l’OCDE, mais moins que ce que les écarts de PIB ne laisseraient présager.

• Les dépenses en soins ambulatoires, dont les États-Unis détiennent aussi le record dans la zone OCDE. Elles y sont plus de trois fois supérieures à celles de la France, de l’Allemagne et du Japon, et augmentent très rapidement. Elles augmentent rapidement dans d’autres pays également, mais à partir d’un niveau plus faible.

• Les coûts administratifs, élevés aux États- Unis.

• Les dépenses pharmaceutiques, qui sont plus importantes aux États-Unis que dans tout autre pays, mais représentent une plus petite part du total des dépenses de santé qu’ailleurs.

• Les dépenses en soins de longue durée, un peu plus élevées que dans d’autres pays, mais proportionnellement moins importantes qu’ailleurs.

La différence principale entre les États-Unis et les autres pays de l’OCDE se situe au niveau des interventions ambulatoires non urgentes. Elles représentent un quart de l’augmentation des dépenses de santé des États-Unis entre 2003 et 2006, contre 4 % au Canada. Elles constituent une innovation importante dans l’offre de soins et sont souvent préférées par les patients à une hospitalisation, lorsqu’ils ont le choix. Les généralistes américains sont généralement mieux payés que dans les autres pays (25 000 à 40 000 dollars de plus qu’au Royaume- Uni, en Allemagne et au Canada, et 60 000 dollars de plus qu’en France, bien que ces données datent de 2003-2005). L’écart est encore plus marqué pour les spécialistes. Les niveaux de revenu reflètent à la fois les tarifs pratiqués et le volume d’activité : les médecins étant souvent rémunérés à l’acte, les revenus plus élevés des médecins américains peuvent s’expliquer à la fois par des niveaux de rémunération et d’activité plus élevés que dans les autres pays. Au final, il semble néanmoins qu’une partie au moins des taux élevés de rémunération s’explique davantage par des tarifs élevés que par le volume d’activité.

Parmi les soins ambulatoires dont les coûts ont rapidement augmenté ces dernières années aux États-Unis figurent les tests diagnostiques, tels que l’imagerie par résonance magnétique (IRM) ou la tomodensitométrie (TDM). Des milliards de dollars sont aujourd’hui dépensés chaque année pour la réalisation de ces tests aux États-Unis.

Certaines études ont cherché à évaluer les avantages médicaux procurés par l’augmentation considérable du nombre d’examens par IRM et par TDM aux États- Unis, sans parvenir à des résultats probants.



Ce texte est un extrait de la communication écrite soumise par Mark Pearson à la Commission spéciale du Sénat des États-Unis sur le vieillissement, en septembre 2009. La communication intégrale de 2 500 mots est consultable sur le site de l’OCDE (www.oecd.org/sante) et sur www.observateurocde.org/sante  



©L'Observateur de l'OCDE N° 276-277 décembre 2009-janvier 2010




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