Les chiffres de l’opinion

Courrier des lecteurs

Vous avez raison d’affirmer que de nombreux acteurs, à commencer par les gouvernements des pays de l’OCDE, sont convaincus de l’intérêt des données chiffrées (« Statistiques et réalité », n° 245, novembre 2004).

Récemment, l’un de ces pays (pas le mien) a rappelé que son économie avait progressé, au cours des dix dernières années, deux fois plus vite que chez la plupart de ses concurrents, progression accompagnée d’une amélioration du niveau de vie.Or, dans le même temps, le citoyen moyen, qui ne se soucie guère de ces chiffres, subit l’allongement des listes d’attente pour accéder aux soins de santé, la saturation des réseaux de transport, la pollution et le coût exorbitant des logements, notamment s’agissant d’une première acquisition. Certes, ce pays a réalisé des avancées économiques remarquables, et beaucoup ont bénéficié de la prospérité. Alors pourquoi prendre au sérieux les autres indicateurs du bien-être, fondés sur l’expérience quotidienne, si les statistiques indiquent que tout va bien ? La réponse est simple : parce que ce ne sont pas les statistiques qui votent, mais les gens. Charlotte Pourley
Bruxelles, Belgique



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