La transformation numérique, ou la métamorphose d’une chenille en papillon

© OECD

La transformation numérique n’est certes pas nouvelle, mais le rythme des évolutions s’accélère et nos sociétés ultraconnectées génèrent des volumes considérables de données de toutes sortes.

Ces flots de données transforment la création de valeur, les processus décisionnels et la production, tout comme l’invention de nouveaux matériaux ou des moteurs à combustion a jadis révolutionné les économies et les sociétés.

La transformation à l’œuvre offre d’innombrables possibilités d’améliorer le bien-être, dans des domaines aussi variés que les soins de santé, l’éducation et l’environnement. Le smartphone peut ainsi utiliser l’IA afin de détecter d’éventuels problèmes de santé, ou la reconnaissance vocale pour proposer une traduction à la volée. Des robots équipés de caméras peuvent inspecter l’intérieur des oléoducs à la recherche de fissures et empêcher par là même des dégâts environnementaux.

Pourtant, ces avantages s’accompagnent de nouvelles difficultés. La transformation numérique suscite des inquiétudes quant à la polarisation des emplois et l’inadéquation des compétences, aux violations de la vie privée et de la sécurité, au pouvoir de marché grandissant des entreprises de pointe, ou encore à la fraude et la planification fiscale agressive. Elle pose également des problèmes d’inclusion et d’égalité : plus de 4 ménages ruraux sur 10 n’ont pas accès à une connexion à très haut débit et seulement 11 % des entreprises effectuent des analyses des données massives.

Les effets positifs et négatifs de la transformation mettent les décideurs au défi d’évaluer les coûts et les avantages des différentes possibilités d’action publique. Interdire le covoiturage parce que cela contrevient aux règles d’exercice de la profession de conducteur de taxi peut en effet compliquer la tâche des travailleurs pauvres qui y ont recours pour se rendre sur leur lieu de travail. De même, une limitation excessive de l’accès aux données au titre de la confidentialité peut priver la recherche sur la démence de précieuses informations. D’un autre côté, un trop grand laxisme peut favoriser une concentration du pouvoir, voire ébranler les institutions démocratiques.

Si, sur le plan national, ces problématiques n’épargnent quasiment aucun aspect des politiques, elles dépassent également le cadre des frontières, notamment pour ce qui est des échanges numériques. À tel point qu’elles figurent désormais en bonne place parmi les priorités des institutions de l’ONU – dont l’UIT et l’UNESCO –, ainsi que d’autres instances internationales, telles le G20, le G7, l’UE, l’APEC, sans oublier l’OCDE.

En 2016, les ministres réunis à Cancún ont reconnu la nécessité d’une approche cohérente multipartite de la transformation numérique et lancé le projet de l’OCDE « Vers le numérique ». Les travaux, qui ont débuté en 2017, mobilisent 10 Directions de l’OCDE et plus de 14 comités d’orientation.

Dès l’origine, le but était de parvenir à des solutions centrées sur l’humain, en faisant des technologies numériques un vecteur d’autonomisation et non pas d’asservissement ou d’appauvrissement.

Cet effort, nourri par les meilleures évaluations, analyses et réflexions stratégiques, a abouti à l’élaboration d’un outil unique en son genre à l’intention des gouvernements : le Cadre d’action intégré du projet de l’OCDE « Vers le numérique ».

C’est la première fois qu’une approche globale de la transformation numérique est formulée. […]

Nous voulons réduire les fractures numériques entre les individus et entre les entreprises. Nous voulons donner aux individus les moyens de réussir dans un monde du travail irrigué par le numérique, en rapide évolution. Nous voulons renforcer la confiance et élargir l’accès aux données pour stimuler l’innovation. Enfin, nous voulons bâtir la nouvelle génération de données et d’indicateurs qui nous aideront à surveiller et façonner la transformation numérique. Il s’agit là d’un projet certes ambitieux, mais, avec votre concours, l’OCDE peut faire des miracles.

Pour réussir la transformation numérique, il convient de préparer les individus et les pouvoirs publics à mettre les technologies numériques au service du développement humain. George Westerman, chercheur au MIT, l’affirme : « Si elle est bien réalisée, la transformation numérique s’apparente à la métamorphose d’une chenille en papillon. Dans le cas contraire, vous vous retrouvez juste avec une chenille très rapide ». L’OCDE est prête à vous accompagner dans votre propre métamorphose.

----

Pour en savoir plus sur le projet « Vers le numérique », rendez-vous sur : https://www.oecd.org/going-digital/.

D’après le discours liminaire du Secrétaire général lors du Sommet de l’OCDE sur la transformation numérique : Les promesses de la transformation numérique, le 11 mars 2019. La version originale complète est consultable à l’adresse : https://oe.cd/2Eq.

©observateurocde.org, Août 2019

à lire aussi sur: transformation numérique



Données économiques

PIB +0.6% T1 2019
Échanges exp +0.4% ; imp -1.2% T1 2019
Inflation annuelle 2.3% mar 2019
Chômage 5.3% mar 2019
Mise à jour: 28 mai 2019

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • "D’ordinaire, il faut des livres ou des discours pour changer notre regard. Cette fois, c’est un site Internet qui vient révolutionner notre vision de l’Afrique urbaine. Lancé jeudi 22 novembre dans le cadre du huitième sommet Africités, à Marrackech, Africapolis.org arrive comme un outil majeur pour comprendre la ville africaine de 2018 et anticiper celle de 2050." Lisez l'entretien du journal "Le Monde" avec Laurent Bossard, Directeur du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest de l’OCDE, ici.
  • Le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, avec le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, à la 73ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies, à New York.
  • Regarder la conférence de presse finale de la réunion ministérielle de l'OCDE 2018.
  • Coopération internationale, croissance inclusive et transformation digitale sont les thèmes clés du Forum de l’OCDE, les 29 et 30 mai, sous la bannière « Ce qui nous rapproche ». La Réunion du Conseil au niveau des Ministres se tiendra les 30 et 31 mai : présidée cette année par la France, elle explorera notamment la question du multilatéralisme.
  • Star des mathématiques, le français Cédric Villani a remis son rapport sur l’intelligence artificielle au Président Macron le 28 mars. Retour sur ce qu’il expliquait à propos des problèmes de biais d’algorithmes de l’IA à l'OCDE en octobre 2017. Cliquez ici pour regarder le vidéo.
  • Le 24 janvier, la Barbade, la République de Côte d’Ivoire, la Jamaïque, la Malaisie, le Panama et la Tunisie ont signé la Convention multilatérale BEPS, portant à 78 le nombre de signataires. Cette Convention renforce les conventions fiscales existantes et restreint les possibilités d’évasion fiscale par des entreprises multinationales.
  • Suite aux révélations des Paradise Papers, Pascal Saint-Amans, Directeur du Centre de politique et d'administration fiscales de l'OCDE, s’exprime sur France Inter. Un éclairage essentiel sur ce « scandale de la légalité », l’ampleur de l’optimisation fiscale, et le travail très concret de l’OCDE. A ne pas manquer.
  • Bien que la pauvreté relative n'ait cessé de reculer depuis trente ans, il y a beaucoup plus d'inégalités entre les riches et les moins riches. Ana Llena Nozal, OCDE, participe à la discussion sur la question (RFI).
  • Le logement abordable, un defi pour l'Europe : un article du Monde sur la hausse des inégalités liée au renchérissement de l'immobilier.
  • Les besoins en matière de logement sont souvent insatisfaits : un nombre important de personnes dans l'ensemble de l'OCDE sont sans abri et un grand nombre de ménages font face à des coûts de logement qu'ils ne peuvent pas assumer. Une nouvelle base de données a été conçue par l’OCDE pour aider les pays à évaluer l'accès à des logements abordables.

  • Jean-Christophe Dumont - Forum "Migrants, la... par liberation
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2019