L’avantage pour les villes de lutter contre la mortalité routière–et comment le faire efficacement

Shutterstock

Chaque minute, chaque jour, une personne meurt dans un accident de la circulation en ville. Entre le développement galopant de l’urbanisation et celui de la circulation automobile, la situation n’est pas près de s’arranger dans les années à venir, bien au contraire.

De nombreuses municipalités prennent conscience du prix de la dangerosité des conditions de circulation dans leurs rues, et pas seulement en termes de drames humains et de préjudice économique causés par les accidents corporels, mortels ou non. Le sentiment d’insécurité conduit les habitants à s’interdire des choses pourtant normales, comme laisser ses enfants aller à l’école à pied ou se rendre au travail à vélo.

La sécurité routière est de plus en plus considérée comme l’un des principaux facteurs contribuant à rendre une ville vivable. Elle améliore la qualité de vie des citadins, offre davantage de possibilités et d’horizons. En définitive, des rues plus sûres renforcent la liberté individuelle.

Ceci est d’ailleurs reconnu dans les Objectifs de développement durable adoptés par les Nations Unies en 2016. Les gouvernements se sont engagés (Objectif 11) à « Faire en sorte que les villes et les établissements humains soient ouverts à tous, sûrs, résilients et durables », notamment « en améliorant la sécurité routière, […] une attention particulière devant être accordée aux besoins des personnes en situation vulnérable ».

Le lien entre les différents objectifs est facile à établir : améliorer la sécurité routière rend les villes non seulement plus sûres, mais aussi plus durables puisque l’on peut les arpenter à pied ou à vélo sans craindre pour sa vie. Cela les rend aussi plus inclusives car ceux qui n’ont pas les moyens de posséder une voiture peuvent s’y déplacer sans risquer leur vie.

Mais concrètement, que peuvent faire maires et exécutifs municipaux pour promouvoir la sécurité routière dans leur ville ? La première réponse est évidente : ne pas réinventer la roue, mais s’inspirer de ce que d’autres font déjà. À travers le monde, il existe quantité de bonnes pratiques de sécurité sur les voies urbaines qui n’attendent qu’à être imitées. La deuxième réponse moins évidente est : soigner la collecte de données. Décortiquer les événements qui émaillent la circulation urbaine et la manière dont celle-ci évolue permet en effet de prendre des décisions fondées sur des faits, non sur des hypothèses.

Quand les villes apprennent les unes des autres

Ces deux réflexions sont la raison d’être de Safer City Streets, le réseau mondial sur la sécurité routière au service de villes vivables. Un peu plus de six mois après son lancement en octobre 2016, 38 villes avaient engagé une collaboration sous ses auspices, d’Astana (Kazakhstan) à Zürich en passant par New York, Mexico, Rio de Janeiro, Londres, Berlin, Melbourne, Buenos Aires, Montréal et bien d’autres encore.

Le réseau, qui a tenu sa première réunion à Paris les 20 et 21 avril 2017, est le premier espace mondial permettant aux responsables municipaux et experts en sécurité routière de confronter leurs expériences et leurs idées. Le cœur de ses activités sera l’amélioration de la collecte de données sur les accidents de la circulation survenant en milieu urbain, pour que chaque ville puisse se situer par rapport aux autres et donner une assise solide à ses décisions en matière de sécurité routière. Une méthodologie a déjà été définie pour la base de données, que de nombreuses villes ont commencé à alimenter.

Cet excellent départ s’explique en partie par le fait que Safer City Streets peut s’appuyer sur des expériences passées : il a été formé sur l’excellent modèle du Groupe sur les données internationales de sécurité routière et leur analyse (IRTAD), groupe de travail permanent du FIT sur la sécurité routière réunissant des représentants des pays et des parties prenantes nationales. Par un heureux hasard, la réunion annuelle de l’IRTAD a coïncidé avec la première réunion du réseau – durant laquelle s’est tenu en outre un atelier conjoint avec POLIS, réseau de villes et de régions européennes, sur les modalités d’une collaboration entre leurs membres à la recherche des meilleures solutions applicables à la collecte de données.

Les villes qui souhaitent en savoir davantage sur Safer City Streets sont invitées à contacter l’auteur (alexandre.santacreu@itf-oecd.org). Il faut savoir par ailleurs que l’adhésion au réseau est actuellement gratuite grâce à la générosité de la Fédération internationale de l’automobile (FIA).

Références et liens

Voir Safer City Streets : https://www.itf-oecd.org/safer-city-streets

En savoir plus sur le Groupe sur les données internationales de sécurité routière et leur analyse : https://www.itf-oecd.org/IRTAD

En savoir plus sur le réseau POLIS : https://www.polisnetwork.eu/

©L'Observateur de l'OCDE n°310 T2 2017




Données économiques

PIB +0.6% T2 2018
Échanges exp +2.7% ; imp +3.0% T4 2017
Inflation annuelle 2,9% sept 2018
Chômage 5.2% sept 2018
Mise à jour: 13 nov 2018

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • Le Secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurría, avec le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, à la 73ème session de l'Assemblée générale des Nations Unies, à New York.
  • Regarder la conférence de presse finale de la réunion ministérielle de l'OCDE 2018.
  • Coopération internationale, croissance inclusive et transformation digitale sont les thèmes clés du Forum de l’OCDE, les 29 et 30 mai, sous la bannière « Ce qui nous rapproche ». La Réunion du Conseil au niveau des Ministres se tiendra les 30 et 31 mai : présidée cette année par la France, elle explorera notamment la question du multilatéralisme.
  • Star des mathématiques, le français Cédric Villani a remis son rapport sur l’intelligence artificielle au Président Macron le 28 mars. Retour sur ce qu’il expliquait à propos des problèmes de biais d’algorithmes de l’IA à l'OCDE en octobre 2017. Cliquez ici pour regarder le vidéo.
  • Le 24 janvier, la Barbade, la République de Côte d’Ivoire, la Jamaïque, la Malaisie, le Panama et la Tunisie ont signé la Convention multilatérale BEPS, portant à 78 le nombre de signataires. Cette Convention renforce les conventions fiscales existantes et restreint les possibilités d’évasion fiscale par des entreprises multinationales.
  • Suite aux révélations des Paradise Papers, Pascal Saint-Amans, Directeur du Centre de politique et d'administration fiscales de l'OCDE, s’exprime sur France Inter. Un éclairage essentiel sur ce « scandale de la légalité », l’ampleur de l’optimisation fiscale, et le travail très concret de l’OCDE. A ne pas manquer.
  • Bien que la pauvreté relative n'ait cessé de reculer depuis trente ans, il y a beaucoup plus d'inégalités entre les riches et les moins riches. Ana Llena Nozal, OCDE, participe à la discussion sur la question (RFI).
  • Le logement abordable, un defi pour l'Europe : un article du Monde sur la hausse des inégalités liée au renchérissement de l'immobilier.
  • Les besoins en matière de logement sont souvent insatisfaits : un nombre important de personnes dans l'ensemble de l'OCDE sont sans abri et un grand nombre de ménages font face à des coûts de logement qu'ils ne peuvent pas assumer. Une nouvelle base de données a été conçue par l’OCDE pour aider les pays à évaluer l'accès à des logements abordables.

  • Jean-Christophe Dumont - Forum "Migrants, la... par liberation
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2018