Un nouveau chapitre pour les infrastructures en Amérique latine

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En Amérique latine comme ailleurs, des infrastructures durables sont essentielles pour améliorer la qualité de vie et soutenir la croissance économique. Elles déterminent notre compétitivité sur la scène commerciale mondiale et notre capacité à faire croître nos économies. Dans nos villes, qui abritent 80 % de la population de la région, les infrastructures contribuent à réduire la pauvreté en améliorant l’accès aux services de base, mais aussi aux connaissances et aux possibilités d’emploi. 

Ce que l’on sait moins, c’est que les infrastructures durables ont aussi un impact pérenne sur la résilience au climat. Chaque année, les catastrophes naturelles coûtent 2 milliards USD à l’Amérique latine, sans compter les pertes en vies humaines : dans mon pays, la Colombie, des coulées de boues provoquées par la pluie ont coûté la vie à plus de 250 personnes en avril 2017. Plus que jamais, des infrastructures de qualité sont essentielles pour que nos habitations soient plus sûres et résistent mieux aux chocs environnementaux.

Les infrastructures étant longues à construire, les décisions prises aujourd’hui peuvent avoir un impact décisif sur le climat de demain. Selon un nouveau rapport de l’OCDE (Investing in Climate, Investing in Growth), les dix prochaines années seront déterminantes, au niveau mondial, pour placer les investissements dans les infrastructures sur une trajectoire plus durable. Sans cela, les catastrophes naturelles telles que celles qui ont frappé la Colombie et le Pérou en 2017 pourraient se multiplier. Des accords internationaux de premier plan (l’Accord de Paris sur le climat, le Programme de développement durable des Nations Unies et le Nouveau programme pour les villes) sont entrés en vigueur en 2016. Ils témoignent de la nécessité de fixer une nouvelle orientation pour des infrastructures moins dépendantes du carbone et plus résistantes au changement climatique. 

Comment concrétiser les engagements pris dans le cadre de ces accords ? Outre des contraintes budgétaires, l’Amérique latine se heurte à la difficulté de faire collaborer les pouvoirs publics et les investisseurs privés et publics pour financer la prochaine génération d’infrastructures appelées à remplacer les actuelles, vétustes et polluantes.

À cet égard, les contributions déterminées au niveau national (CDN), c’est-à-dire les plans climat proposés par les pays lors de la signature de l’Accord de Paris, constituent un point de départ essentiel. Ces plans nationaux contiennent des mesures d’atténuation et des propositions sur les moyens que les pays comptent déployer pour s’adapter au changement climatique. Ces CDN, qui seront revues, actualisées et améliorées tous les cinq ans, sont déterminantes pour renforcer les signaux adressés au secteur privé sur la nécessité d’investir dans des infrastructures peu polluantes et résilientes.

Comme l’indique le rapport de l’OCDE, les banques de développement multinationales et nationales ont un rôle à jouer dans la mise en œuvre de ces plans. Par exemple, la BID a lancé un guichet unique, NDC Invest, destiné à aider les pays à intégrer les CDN dans leur planification  nationale, à constituer des portefeuilles de projets acceptables par les banques et durables, à soutenir de nouveaux modèles économiques et financiers, et à réduire les risques d’investissement liés à ces projets. Notre objectif est d’aider les pays à tenir leurs engagements, et nous avons déjà commencé à travailler dans ce sens avec le Brésil, le Chili, le Guatemala et le Mexique.

Les Objectifs de développement durable offrent aussi des incitations à mener des actions intégrées et à promouvoir des infrastructures durables. À la BID, nous privilégions des solutions complètes et transversales (santé, habitat, transport, biodiversité et climat), associant les secteurs public et privé. Ainsi, dans le cadre du projet Serra do Mar, au Brésil, des zones protégées ont été créées et aménagées (logement, transport, services d’éducation et de santé) à l’intention des communautés locales, réduisant la vulnérabilité des populations face aux diverses catastrophes naturelles potentielles.

Aux côtés d’autres banques multilatérales de développement, nous nous employons à mobiliser des investissement privés au service de solutions d’infrastructures durables, notamment des projets de transports urbains et d’énergies renouvelables, étant entendu que les deniers publics ne suffiront pas pour opérer la transformation nécessaire à la mise en œuvre dans les délais impartis de ces accords déterminants. Pour parvenir à mobiliser des capitaux privés, il faudra faire un usage judicieux des financements concessionnels afin de réduire les risques tout au long du cycle du projet : planification en amont, montage du projet, construction, exploitation.

Pour réussir, les BMD, les pouvoirs publics, le secteur privé et la société civile doivent travailler main dans la main pour bâtir des infrastructures bas carbone et résilientes au changement climatique dans un monde plus durable. Et c’est maintenant qu’il faut agir.

Pour en savoir plus, voir http://oe.cd/g20climate.

Références et liens

OCDE (2017), Investing in Climate, Investing in Growth, Éditions OCDE, Paris.

http://dx.doi.org/10.1787/9789264273528-en

Page internet du projet « Investing in Climate, Investing in Growth » http://www.oecd.org/fr/environnement/cc/g20-climat/

Nouveau programme pour les villes : principaux engagements http://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/habitat3/

©L'Observateur de l'OCDE n°310 T2 2017

à lire aussi sur: Amérique latine, Infrastructure



Données économiques

PIB +0.6% T4 2017
Échanges exp +2.7% ; imp +3.0% T4 2017
Inflation annuelle 2,6% mai 2018
Chômage 5.4% mar 2018
Mise à jour: 06 juillet 2018

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