Résultats du PISA 2015 : peut mieux faire sur les inégalités

Cliquer pour agrandir

Quel pays est le plus performant en compréhension de l’écrit et en sciences ? Les jeunes élèves possèdent-ils les compétences du XXIe siècle nécessaires pour affronter les enjeux de demain ? Le Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA), qui évalue les compétences et les connaissances des élèves de 15 ans en sciences, en compréhension de l’écrit et en mathématiques, tente de répondre à ces questions.

L’enquête de 2015 a porté sur quelque 540 000 élèves dans 72 pays et économies, et a principalement mis l’accent sur les sciences, dont l’importance dans l’économie actuelle est de plus en plus grande. Le PISA est bien plus qu’un classement : son but n’est pas d’encourager la compétition mais de dégager les nombreux facteurs sociaux, économiques et culturels qui déterminent les résultats scolaires, afin d’améliorer les systèmes éducatifs.

Si les dépenses par élève dans l’enseignement primaire et secondaire ont augmenté de presque 20 % depuis 2006 dans les pays de l’OCDE, seuls 12 des 72 pays et économies évalués par PISA ont vu leurs résultats en sciences progresser sur cette période. Parmi eux figurent des systèmes éducatifs très performants, comme Singapour et Macao (Chine), et d’autres peu performants, comme le Pérou et la Colombie.

Singapour arrive en tête cette fois, avec un élève sur quatre obtenant des résultats très élevés en sciences, contre un sur dix dans l’OCDE. La deuxième place revient au Japon, premier pays de l’OCDE, la troisième à l’Estonie, la Finlande arrivant en cinquième position derrière le Taipei chinois, et le Canada au septième rang après Macao (Chine) et juste devant le Viet Nam.

L’enquête PISA 2015 de l’OCDE était axée sur les performances et les attitudes des élèves en sciences. Comme l’écrivait sur son blog Andreas Schleicher, Directeur de l’éducation et des compétences à l’OCDE, les blogs n’existaient pas il y a encore 20 ans, pas plus que les innombrables gadgets, médicaments, fibres et autres outils qui nous sont devenus indispensables. Les sciences et technologies sont donc essentielles à notre futur, même pour les situations ordinaires. Il ne faut évidemment être pas être savant pour vivre au XXIe siècle, mais il est essentiel de comprendre certains principes de base, comme l’importance des expérimentations pour créer un ensemble de connaissances scientifiques, afin de prendre des décisions éclairées sur les questions urgentes (ou simplement choisir le déjeuner « le plus sain »). 

En bref, l’enquête PISA 2015 souligne que, dans un contexte de flux d’informations massifs et d’évolution numérique rapide, chacun doit au moins être capable de réfléchir de façon scientifique, c’est-à-dire de comparer des données pour parvenir à une conclusion ou de comprendre que la vérité scientifique peut évoluer, au fil des nouvelles découvertes et à mesure que les individus acquièrent une meilleure compréhension des forces de la nature, et des capacités et limites technologiques.

Par rapport aux enquêtes précédentes, l’écart entre filles et garçons en sciences a tendance à être moins prononcé qu’en compréhension de l’écrit et en mathématiques mais, dans 33 pays et économies, la part des meilleurs élèves en sciences est en moyenne plus élevée chez les garçons. La Finlande est le seul pays où les filles sont plus susceptibles d’obtenir de meilleurs résultats. La perception qu’ont les filles et les garçons de leurs propres capacités en sciences est particulièrement contrastée en Allemagne, au Danemark, en France, en Islande et en Suède.

En Australie, en Finlande, en Grèce, en Hongrie, en Nouvelle-Zélande, en République slovaque et en République tchèque, la part des élèves très performants a diminué tandis que celle des élèves médiocres a augmenté.

Le creusement des inégalités reste problématique dans les pays développés : si le Canada, le Danemark, l’Estonie, Hong Kong (Chine) et Macao (Chine) atteignent des niveaux élevés d’équité concernant les résultats scolaires, et si l’équité a progressé aux États-Unis, les élèves défavorisés sont toujours trois fois plus susceptibles d’être mauvais à l’école que les plus aisés. Quant aux élèves issus de l’immigration, ils sont plus de deux fois plus susceptibles d’être en difficulté que les autres. En France et en République tchèque, l’impact du statut socio-économique sur les performances est particulièrement marqué.

D’un autre côté, l’investissement dans l’éducation permet d’améliorer les retombées sociales. Comme l’écrit Gabriela Ramos, Directrice du Cabinet de l’OCDE et Sherpa G20, concilier enseignement d’excellence et réussite scolaire pour tous est l’un des meilleurs moyens de remédier aux causes profondes des inégalités sociales. En France, par exemple, le nombre d’élèves très performants est supérieur à la moyenne OCDE, de même que la part des élèves de 15 ans en difficulté en sciences. En fait, les élèves les plus défavorisés ont trois fois moins de chances de réussir que les élèves favorisés. La sectorisation est un facteur déterminant, et Mme Ramos recommande de poursuivre et de renforcer les réformes en cours, afin que la réussite scolaire des élèves ne dépende plus de leur adresse. 

La France n’est pas un cas unique, et l’enquête PISA 2015 souligne le défi que représente, pour tous les pays – y compris pour certains des plus riches –, l’objectif de développement durable des Nations Unies à l’horizon 2030 d’« assurer une éducation inclusive et équitable de qualité et promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous ». Selon le rapport, les pays performants partagent certaines orientations : des attentes élevées pour tous les élèves, une grande attention accordée à la qualité de l’enseignement, l’affectation de ressources aux élèves et aux établissements en difficulté, et la volonté d’appliquer des stratégies cohérentes à long terme.

Pour plus d’informations sur l’enquête PISA, contacter Andreas Schleicher à l’OCDE

Pour plus d’informations sur l’enquête PISA 2015, y compris des données et vidéos relatives aux différents pays, voir www.oecd.org/pisa

Schleicher, Andreas (2016), « Today’s the day »

Ramos, Gabriela (2016), « France : les leçons de l'enquête PISA 2015 »

©L'Observateur de l'OCDE n°308 T4 2016




Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • Bien que la pauvreté relative n'ait cessé de reculer depuis trente ans, il y a beaucoup plus d'inégalités entre les riches et les moins riches. Ana Llena Nozal, OCDE, participe à la discussion sur la question (RFI).
  • Le logement abordable, un defi pour l'Europe : un article du Monde sur la hausse des inégalités liée au renchérissement de l'immobilier.
  • Les besoins en matière de logement sont souvent insatisfaits : un nombre important de personnes dans l'ensemble de l'OCDE sont sans abri et un grand nombre de ménages font face à des coûts de logement qu'ils ne peuvent pas assumer. Une nouvelle base de données a été conçue par l’OCDE pour aider les pays à évaluer l'accès à des logements abordables.

  • Jean-Christophe Dumont - Forum "Migrants, la... par liberation
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2017