L’économie numérique en période de perturbations

Ministre de l’Économie du Mexique et président de la Réunion ministérielle de l’OCDE sur l’économie numérique

©Droits réservés

Le Mexique a accueilli, du 21 au 23 juin, la Réunion ministérielle de l’OCDE sur l’économie numérique. La première ministérielle consacrée à ce thème (on parlait alors de « commerce électronique ») a eu lieu au Canada en 1998, et la deuxième en Corée en 2008. Le Mexique est donc l’hôte de la troisième réunion du genre, et le premier pays d’Amérique latine à l’organiser et à la piloter. C’est pour nous une importante responsabilité, ainsi qu’une occasion de montrer au monde la profonde transformation engagée par notre secteur des télécommunications depuis deux ans.

L’utilisation des technologies de l’information et des communications (TIC) favorisant la productivité dans de nombreuses industries stratégiques, nous avons retenu comme thème cette année « Innovation, croissance et prospérité sociale », un triple objectif qu’il ne serait guère possible d’atteindre sans la dynamique des technologies numériques. À partir de cet axe, nous avons défini quatre sujets de débat pour promouvoir l’avancement de l’économie numérique : (1) ouverture de l’internet et innovation ; (2) la confiance dans l’économie numérique ; (3) construire la connectivité mondiale ; et (4) emplois et compétences dans l’économie numérique.

S’agissant du premier sujet – ouverture de l’internet et innovation –, il est essentiel que les gouvernements s’emploient à préserver le caractère ouvert et l’accessibilité de l’internet, pour que chacun puisse y échanger de l’information, construire et relier des réseaux, sans restrictions ou permission des autorités, comme c’est le cas aujourd’hui. Cette circulation de données est importante pour le commerce, l’innovation, l’entrepreneuriat, la croissance et la prospérité sociale. Il est donc primordial de promouvoir le caractère ouvert, distribué et interconnecté de l’internet, et la coopération entre les diverses parties prenantes sera primordiale à cet égard.

En ce qui concerne la question de la confiance dans l’économie numérique, nous avons beaucoup progressé : il y a 18 ans, lors de la ministérielle qui s’est tenue au Canada, l’un des principaux objectifs était de promouvoir l’utilisation du commerce électronique ; aujourd’hui, dans les pays les plus avancés en ce domaine, par exemple aux États-Unis, 90 % des internautes effectuent des transactions bancaires en ligne et 80 %, des achats. Malgré ces progrès, une méfiance persiste dans certaines régions à l’égard des transactions électroniques, et nous devons mettre en place les mécanismes qui garantiront la sécurité des données des usagers.

Le rapide développement de la connectivité ces dix dernières années nous a permis de passer de l’« internet des gens » à l’ère numérique de l’« internet des objets », et l’on compte aujourd’hui davantage d’appareils connectés que de personnes connectées. Cette tendance va se maintenir : on estime qu’il y aura, en 2022, 14 milliards d’appareils domestiques connectés dans les pays de l’OCDE. Cette évolution implique des avancées technologiques considérables, mais présente également des défis pour les pouvoirs publics, qui devront  faciliter ces avancées tout en renforçant la protection de la vie privée des usagers.

L’économie numérique et l’internet des objets sont en train de révolutionner non seulement nos modes de consommation, mais aussi nos modalités de travail, créant des besoins nouveaux sur le marché du travail. Selon l’OCDE, 65 % des enfants d’aujourd’hui occuperont un emploi qui n’a pas été encore inventé. Autrement dit, les connaissances et compétences requises pour entrer sur le marché du travail seront très différentes de celles que procure le modèle éducatif actuel. Voilà pourquoi le quatrième chantier auquel  nous devons nous atteler consiste à élaborer de nouvelles approches de l’éducation, et des formations et compétences plus souples, afin de permettre aux étudiants de s’intégrer à des environnements à forte composante technologique.

La période actuelle, caractérisée par un progrès technologique rapide, est le prélude à une nouvelle ère de perturbations, dans laquelle les nouvelles technologies transforment en permanence nos modalités d’interaction, de consommation et de travail. Les résultats que nous obtiendrons dans les quatre domaines clés mentionnés constitueront donc les bases qui nous permettront d’aller plus loin.

En période de perturbations, les pouvoirs publics, de concert avec toutes les parties prenantes, doivent s’employer à inventer des stratégies et à promouvoir des efforts systématiques pour faciliter la transition, pour nos économies, mais surtout pour le capital humain, vers une croissance innovante et fondée sur le savoir. La tenue de la Réunion ministérielle de l’OCDE sur l’économie numérique au Mexique marque une étape importante en ce sens pour notre pays. Nous allons donc concentrer tous nos efforts pour faire en sorte que la Déclaration ministérielle de Cancún se traduise en un programme d’action qui, dans un esprit de collaboration, permettra de promouvoir la croissance et la prospérité pour tous.

Voir www.gob.mx/se/

Lire la Déclaration ministérielle de Cancún sur l’économie numérique : www.oecd.org/fr/sti/ieconomie/Declaration-ministerielle-de-Cancun.pdf

©L'Observateur de l'OCDE n°307 T3 2016




Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016