Leçon de développement rural

Alors que la plupart des toits de chaume ont été remplacés par des tuiles, plus modernes, pendant le Mouvement du nouveau village (Saemaul Undong) des années 1970, certains de ceux qui étaient en bon état ont été préservés, comme dans le village de Yangdong, qui fait maintenant partie du Patrimoine mondial recensé par l’Unesco. ©Robert Harding/Alamy Stock Photo

Les villes sont à la mode aujourd’hui parmi les décideurs car partout dans le monde, les pays estiment que les zones urbaines sont des pôles d’innovation et de croissance. Qu’en est-il des campagnes ? Le développement économique tiré par un exode rural ininterrompu, l’augmentation du niveau de vie et les possibilités qui s’offrent dans les zones urbaines, sans parler de l’industrialisation, contribuent à aggraver les disparités entre zones rurales et urbaines. L’expérience de la Corée montre qu’une croissance durable et socialement inclusive exige l’intégration des zones rurales dans la réussite économique. La transition rapide de la Corée, pays essentiellement agricole et bénéficiaire de l’aide alimentaire, devenu l’une des économies les plus dynamiques de l’OCDE, a été rendue possible par une transformation structurelle associant zones urbaines et rurales.

Les autorités coréennes ont mis en œuvre une stratégie de développement rural solide et bien coordonnée, fondée sur plusieurs axes. Premièrement, la réforme agraire de 1948 a permis de redistribuer les terres aux cultivateurs. Elle a eu pour effet de promouvoir l’intégration sociale en créant un nouveau type d’entreprises familiales indépendantes. En 1970, le Président Park Chung-hee a lancé le Saemaul Undong (« Mouvement du nouveau village ») pour moderniser les zones rurales et réduire les disparités croissantes avec les centres urbains à industrialisation rapide, en s’appuyant sur la participation des citoyens et sur l’effort des communautés, soutenu par le gouvernement. Dévouement, auto-assistance et coopération ont été essentiels pour encourager les populations rurales à participer au processus de développement.

Initialement, il s’agissait d’améliorer les conditions de vie, par exemple remplacer le chaume des toits par des tuiles. Puis les projets ont porté sur les systèmes d’irrigation, les ponts ou les routes. Le Saemaul Undong a été essentiel dans l’augmentation des revenus dans les zones rurales, et a servi de mécanisme régulateur pendant la rapide et fructueuse transformation structurelle du pays. L’objectif n’était pas d’infléchir les tendances économiques des zones urbaines, mais de les mettre au service du développement des zones rurales en redistribuant la richesse, en stimulant la productivité agricole et en fournissant infrastructures et services.

Aujourd’hui, la Corée partage avec d’autres pays l’expérience du Saemaul Undong, plan d’action fondé sur l’investissement dans l’éducation et le capital social, l’instauration d’institutions solides pour les zones rurales, la coordination de la gouvernance dans l’ensemble des secteurs, l’adoption d’approches ascendantes et descendantes, un enchaînement des politiques propre à améliorer l’efficacité, et le suivi des progrès tout au long du processus.

L’approche de la Corée souligne l’importance de la planification stratégique dans les zones rurales, notamment la redistribution entre zones urbaines et rurales et l’investissement, pour promouvoir un développement inclusif à l’échelle nationale. La leçon est simple : réduire les disparités entre zones urbaines et rurales signifie intégrer les populations rurales dans le développement national. Cela profite aux populations rurales et urbaines, et renforce également la cohésion sociale et politique. Les décideurs des pays de l’OCDE, où les disparités entre zones rurales et urbaines s’aggravent, pourraient tirer profit de cet enseignement.

OCDE (2016), A New Rural Development Paradigm for the 21st Century : A Toolkit for Developing Countries, Éditions OCDE

©L'Observateur de l'OCDE octobre 2016




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