Des premiers pas à l’âge adulte : deux décennies d’accomplissement

Ambassadeur de la Corée auprès de l’OCDE

©Marco Illuminati/OCDE

Le seuil des 20 ans marque souvent l’entrée dans l’âge adulte. Les rituels de passage qui la marquent varient selon les cultures, mais toutes s’accordent sur un point : être adulte, c’est devenir un membre mature et responsable de la société.

Cette année marque le 20e anniversaire de l’adhésion de la Corée à l’OCDE. À cette occasion, nous souhaitons confirmer notre statut de partenaire responsable et mature au sein de l’OCDE et revenir sur notre expérience de pays membre. Nous avons ainsi organisé à Paris un séminaire anniversaire, ainsi que des évènements culturels, comme des concerts ou encore la projection du film Ode to my Father, qui offre un tableau saisissant du cheminement opiniâtre du pays vers le développement.

L’arrivée à maturité de la Corée au sein de l’Organisation est le fruit de vingt ans de petits pas qui lui ont permis de faire de grands progrès face à de nombreux défis et difficultés. En 1997, peu après avoir rejoint l’OCDE, nous avons subi de plein fouet la crise financière asiatique. Le gouvernement a travaillé sans relâche à endiguer la crise et à mettre en place des réformes structurelles, en collaboration étroite avec des organisations comme l’OCDE ou le FMI. Les citoyens coréens, eux, ont participé au sauvetage du pays en donnant leur or pour rembourser la dette publique.

La Corée s’est beaucoup impliquée dans l’élaboration de l’agenda mondial, en présidant par exemple la Réunion annuelle du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres (RCM) en 2009 et en impulsant la Déclaration sur la croissance verte adoptée cette même année. En 2010, la Corée a également rejoint le Comité d’aide au développement (CAD), devenant officiellement le premier pays à passer du statut de bénéficiaire à celui de pays donneur. Depuis lors, l’aide publique au développement (APD) de la Corée a crû plus vite que celle de tous les autres pays, de par la volonté du pays de se hisser au niveau des grands donneurs traditionnels.

Ces vingt dernières années, la Corée a connu au sein de l’OCDE plusieurs réussites majeures. Son PIB par habitant, ajusté en fonction de la parité de pouvoir d’achat, a bondi de 14 428 USD à 34 502 USD, soit plus du double, et le volume des échanges a quadruplé, passant de 300 à 1 400 milliards USD, mettant en évidence une participation accrue aux chaînes de valeur mondiales. Le pays a enregistré des performances remarquables en matière de croissance économique, d’emploi, de pénétration de l’internet, d’investissements en R-D et d’éducation. Les élèves coréens de 15 ans sont d’ailleurs parmi les plus performants du monde, comme en témoignent notamment les enquêtes PISA de l’OCDE.

Depuis la crise de 2008, néanmoins, la Corée, comme beaucoup d’autres pays, a connu un ralentissement de la croissance et de la productivité, et une montée du chômage et des inégalités. Avant d’atteindre l’âge adulte, la Corée a vécu des problèmes structurels et des difficultés diverses, des crises de croissance en quelque sorte. Les indicateurs montrent que le pays est toujours confronté à de nombreux défis qui requièrent notre attention, comme des horaires de travail plus longs que dans d’autres pays, des taux élevés de suicide et d’accidents de la route, et des inégalités persistantes entre hommes et femmes.

La Corée est entrée à l’OCDE afin de se moderniser et de devenir un partenaire mondial puissant. Elle s’est beaucoup investie dans la réforme et le développement des lois, des institutions, et de son acuité économique, qui sous-tendent les politiques, l’économie et la société. La devise de l’OCDE « Des politiques meilleures pour un monde meilleur » concorde avec la stratégie du gouvernement, qui souhaite encourager l’économie créatrice, mettre à profit l’innovation, renforcer le système de protection sociale et accentuer ainsi l’inclusivité sociale. Dans ce contexte, les recommandations de l’OCDE, notamment formulées dans l’Étude économique sur la Corée et Objectif croissance, sont essentielles au Plan triennal d’innovation économique. L’Organisation offre de nombreuses réponses aux pouvoirs publics dans leur recherche d’une société meilleure. L’Indicateur du vivre mieux et la reconnaissance du bien-être comme élément essentiel des politiques publiques contribue grandement à nos efforts en faveur du bonheur des citoyens coréens.

L’OCDE, forte de ses connaissances collectives et de sa solide expérience des politiques, continue à produire des analyses, des perspectives et une aide à la formulation des politiques qui constituent une aide précieuse pour les Coréens en quête du bonheur. En tant qu’Ambassadeur de la Corée auprès de l’OCDE, je m’engage au nom de mon pays à partager avec la communauté de l’OCDE l’expérience unique qui est la nôtre et, en tant que membre adulte et responsable de la société, à participer activement aux travaux de l’OCDE et à l’élaboration de sociétés meilleures à travers le monde.

Voir http://oecd.mofa.go.kr/korean/eu/oecd/main/index.jsp et http://www.oecd.org/fr/coree/

©L'Observateur de l'OCDE octobre 2016




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