Table ronde : L’Irlande au défi de l’innovation

L’Irlande a résolument tourné le dos à la crise pour devenir l’une des économies les plus dynamiques de l’OCDE. Grâce notamment au flot continu des investissements étrangers, elle a conforté sa position de plaque tournante européenne dans les domaines de l’informatique, de la finance, des produits pharmaceutiques, de l’ingénierie, et bien d’autres encore. Si elle a été des décennies durant une destination mondiale de choix pour les investissements à forte valeur ajoutée, son système d’innovation accuse néanmoins un retard vis-à-vis d’autres pays de l’OCDE de taille comparable. Combler ce retard lui permettrait d’améliorer ses perspectives à long terme, mais comment y parvenir?

Pour cette Table ronde de l’Observateur, nous avons posé cette question à d’éminentes personnalités aux points de vue très différents :

Que feriez-vous pour promouvoir l’innovation en Irlande ? Quelles politiques souhaiteriez-vous voir appliquer ?

Enterprise Ireland

Apprécier et récompenser le travail des innovateurs

Julie Sinnamon, Directrice générale, Enterprise Ireland

Pour Enterprise Ireland (EI), « qui dit innovation dit entreprises ». Il est évident que les entreprises qui innovent obtiennent de meilleurs résultats, se développent plus rapidement et affichent une longévité supérieure. L’innovation forme l’un des quatre piliers de notre stratégie en faveur de l’activité économique.

Pour exploiter le potentiel économique de l’innovation, les entreprises ont besoin d’un soutien protéiforme. Toutes les interventions doivent être fondées sur le marché et, l’essentiel de nos clients étant des PME, faire sens pour toutes les entreprises, quel que soit leur stade de développement.

Nos interventions directes de promotion de l’innovation vont du soutien financier en faveur de la R & D interne et de la définition de processus métiers aux formations à la gestion de l’innovation. L’omniprésence de l’innovation et la multiplicité des interventions imposent l’observation de règles strictes et l’examen de nos programmes à intervalles réguliers pour garantir une utilisation optimale de l’argent public. La norme sur la gestion de l’innovation adoptée récemment par le Comité européen de normalisation aidera nos entreprises clientes à évaluer et gérer leurs innovations tout en posant un cadre clair qui permettra de progresser.

Il est important que les entreprises sachent aller chercher l’innovation à l’extérieur ; cette ouverture est un excellent indicateur de leur propension à innover. La recherche financée sur fonds publics a beaucoup à apporter : elle ouvre la voie à des découvertes majeures et donne accès à un réseau mondial d’innovateurs. EI soutient, notamment financièrement, la commercialisation de la recherche (pour pallier la frilosité des investisseurs) ainsi que la collaboration interentreprises à visée commerciale. Cette aide doit, elle aussi, être à l’écoute du marché, reposer sur des pratiques commerciales et s’inscrire dans un environnement aussi proche que possible des conditions réelles du secteur privé.

Le facteur humain étant déterminant dans le succès de l’innovation, les chercheurs des laboratoires publics qui font de l’innovation méritent reconnaissance et récompense ; un effort reste de mise sur ce point. On soulignera la contribution notable de chercheurs qui ne sont pas de nationalité irlandaise, mais originaires pour beaucoup de pays hors Espace économique européen. La course mondiale aux « talents » doit nous inciter à faire davantage pour que ces chercheurs puissent, s’ils le désirent, avoir la possibilité de contribuer à l’essor économique de l’Irlande une fois leurs travaux achevés.

Voir www.enterprise-ireland.com


NERI

Un plan en dix points

Tom McDonnell, Nevin Economic Research Institute, Dublin, Irlande*

La capacité d’innovation d’une économie dépend, notamment, du niveau d’instruction et de compétence de la population, de politiques publiques favorisant la recherche-développement (R & D) et de la qualité des marchés financiers. À cet égard, l’État joue un rôle crucial.

L’innovation et la R & D sont des déterminants essentiels de la compétitivité internationale, des gains de productivité et de la croissance. En 2012, la dépense intérieure brute de R & D de l’Irlande représentait 1,6 % du PIB, contre 2,4 % dans l’OCDE et 2,8 % aux États-Unis. Selon l’OCDE, les dépenses publiques de R & D et de l’enseignement supérieur combinées ont été inférieures à 0,8 % du PIB en 2012, contre 1,1 % dans l’UE et 1,2 % aux États-Unis.

Un plan en dix points pourrait donc s’articuler comme suit :

  1. Augmenter les dépenses de l’État et de l’enseignement supérieur dans la recherche fondamentale et appliquée, en visant 1 % du PIB.
  2. Inciter (financièrement) les étudiants à s’orienter vers les filières STIM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques).
  3. Créer une banque publique d’investissement pour offrir aux entreprises innovantes davantage de financements abordables, notamment des capitaux d’amorçage pour les start-up à fort potentiel.
  4. Réformer le droit des faillites pour éviter de pénaliser excessivement l’échec et la prise de risques.
  5. Combler les lacunes du marché dans la fourniture d’accès haut débit.
  6. Augmenter le budget de l’enseignement préscolaire (en ciblant prioritairement les ménages défavorisés).
  7. Réformer le système des brevets, qui avantage les entreprises en place au détriment des nouveaux entrants, et écourter la durée de protection par brevet dans le secteur des TIC.
  8. Accorder des aides aux PME pour l’adoption de nouvelles technologies.
  9. Promouvoir les relations horizontales entre l’État, les établissements d’enseignement supérieur et les entreprises.
  10. Maintenir les prestations (garde d’enfants, allocations familiales, aide au logement) et les soins de santé à des niveaux suffisants pour prévenir la pauvreté infantile, extrêmement préjudiciable à la formation de capital humain.

Son ratio recettes/PIB étant plutôt faible comparativement à l’UE, l’Irlande a une certaine marge pour financer ces mesures par une augmentation de ses recettes.

Contacter Tom.McDonnell@NERInstitute

* Le Nevin Research Institute est soutenu par plusieurs syndicats affiliés au Congrès irlandais des syndicats (ICTU) ; voir www.nerinstitute.net


Amneal Pharmaceuticals

Recherche : scientifiques formés localement

Chirag Patel et Chintu Patel, PDG, Amneal Pharmaceuticals

Notre site de Cashel, qui sera dédié à la recherche et au développement (R & D) et à la production d’aérosols-doseurs et d’inhalateurs de poudre sèche, entrera bientôt en activité. Nous y travaillerons également au développement et à la production de médicaments biosimilaires – des produits biologiques approuvés, analogues aux médicaments biologiques de référence en termes de sécurité et d’efficacité. Ces médicaments hautement spécialisés, destinés au traitement de pathologies potentiellement mortelles comme le cancer, l’asthme et la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), seront distribués dans toute l’Europe et aux États-Unis.

Les essais réalisés en continu sur les ingrédients, les formes d’administration, la formulation et la stabilité des médicaments garantiront un processus de constante innovation. Hautement perfectionnée, la chaîne de production de ces médicaments sera équipée de systèmes d’automatisation et de contrôle qualité de pointe. Nous sommes sans cesse en quête de nouvelles avancées technologiques pour améliorer le vécu des patients et œuvrons à ce que tous, dans le monde, aient les moyens d’acheter des médicaments sûrs et efficaces, qui leur permettront de vivre en bonne santé.

Si notre succès en Irlande repose sur un climat propice à l’investissement, le recrutement de scientifiques, d’ingénieurs et d’experts en R & D compte pour beaucoup. Nous prévoyons l’embauche de 250 à 300 personnes, et une part importante de nos effectifs sera composée de personnes qualifiées capables de développer et fabriquer des médicaments de haute qualité.

À l’avenir, nous entendons travailler avec le monde de la recherche et les universités pour trouver les talents dont notre entreprise a besoin. Toutefois, les pouvoirs publics doivent s’investir pour faire émerger des talents formés localement, tout particulièrement dans les sciences, la technologie et l’ingénierie, et donner davantage d’importance à ces filières dans le système éducatif afin de développer un vivier de travailleurs qualifiés dans ces disciplines. Pour garantir notre succès à long terme et favoriser l’innovation dans nos activités irlandaises, il est crucial que nous disposions d’une large réserve de talents aux compétences diverses.

Les pouvoirs publics devraient également inscrire au nombre de leurs priorités la création et l’entretien d’infrastructures essentielles fiables, qui permettraient aux fabricants comme nous d’assurer de manière fluide la réception des matières premières, ainsi que la distribution et l’expédition des produits finis à travers l’Europe et aux États-Unis.

Voir http://amneal.com


Microsoft Irlande

L’Irlande pourrait être une pionnière du cloud

Cathríona Hallahan, Directrice générale, Microsoft Irlande

En 2015, Microsoft fête ses 30 ans en Irlande. Pendant toutes ces années, notre entreprise a considérablement grandi et évolué, passant de la vente de logiciels à celle de dispositifs et de services, et embrasse désormais un monde axé sur le cloud et le mobile d’abord.

Avec 1 200 personnes travaillant au développement des logiciels, à la R & D, à la conception technique, à la vente, au marketing et au traitement des données, notre site irlandais est le seul emplacement, en dehors de notre siège à Redmond, qui concentre tous les aspects de notre activité.

Notre capacité à faire progresser l’innovation doit beaucoup à l’environnement de travail privilégié que nous nous sommes construit, flexible et pluriel, avec un accent mis sur la collaboration. Près de 50 nationalités sont représentées à Microsoft Irlande aujourd’hui, une diversité qui reflète celle de nos clients dans le pays et à travers le monde.

Nous allons prochainement investir dans un nouveau campus qui hébergera la totalité de l’équipe irlandaise. Cela confortera notre position de leader et nous permettra de continuer à innover en réinventant les procédés productifs et commerciaux, en construisant une plateforme cloud intelligente et en créant une informatique plus personnalisée pour nos clients.

Pour faire en sorte que la nouvelle génération irlandaise soit plus créative encore que les précédentes, Microsoft est devenu partenaire officiel de la Fondation CoderDojo (CoderDojo Foundation), qui initie les enfants à la technologie et à la programmation.

Par ailleurs, nous collaborons étroitement avec la communauté start-up en Irlande. Grâce au programme Microsoft BizSpark, lancé en 2008, nous avons déjà apporté notre soutien à 2 000 start-up irlandaises.

Enfin, nous nous appliquons à résoudre l’un des gros problèmes européens : le chômage des jeunes. En réponse à la crise, mais aussi à la demande de personnel de notre réseau de partenaires, nous nous sommes associés à FIT* pour élaborer une initiative baptisée Youth2Work. Grâce à un financement initial de 3 millions EUR par Microsoft, le programme devrait concerner 10 000 jeunes à travers la formation.

Nous sommes très favorables aux efforts des pouvoirs publics visant à promouvoir l’usage du cloud. L’Irlande possède un formidable potentiel pour s’imposer comme une pionnière des services liés au cloud, dans le secteur privé mais aussi, et surtout, dans les services aux citoyens. Nous fondons de grands espoirs dans l’Irlande et son avenir, et nous sommes enthousiastes à l’idée de poursuivre nos relations avec ce pays.

Voir www.microsoft.ie

*Plus d’information sur FIT (Fastrack to IT), voir http://fit.ie/


Centre de sciences comportementales de Stirling

Innover pour vivre mieux

Liam Delaney, professeur d’économie et directeur du Centre de sciences comportementales, Université de Stirling*

En Irlande, le nombre croissant de travaux publiés sur les sciences comportementales représente un potentiel d’innovation crucial qu’il faut exploiter. La création de la Behavioural Insights Team au Royaume-Uni et d’autres initiatives similaires dans le monde, ainsi qu’un intérêt soutenu pour les applications pratiques des sciences comportementales, sont une source d’innovation précieuse.

Les politiques publiques en Irlande devraient être de plus en plus inspirées par des idées provenant d’un large éventail de disciplines, comme la psychologie et l’économie comportementale, éprouvées plus intelligemment et adaptées plus rapidement. Ces initiatives devraient être guidées par des équipes transverses plus performantes, capables d’élaborer et d’évaluer des politiques en s’appuyant sur les travaux publiés et l’expérience internationale. Cela faciliterait la conception d’une large palette de programmes d’action innovants, de l’élaboration de la réglementation financière fondée sur la manière dont les gens prennent réellement leurs décisions dans ce domaine à la création de services de santé propres à réduire les gaspillages occasionnés par un grand nombre de biais comportementaux.

La constitution d’un noyau dur de fonctionnaires travaillant en collaboration avec des universitaires, des praticiens et d’autres parties prenantes pour élaborer de telles politiques constituerait une étape cruciale.

L’innovation consiste non seulement à fonder les politiques publiques sur ces principes mais aussi à repenser leur objectif final. Bien qu’extrêmement utile, le PIB ne permet pas d’évaluer correctement le bien-être global d’une société. Il est essentiel de concevoir des indicateurs qui reposent sur davantage de critères, et l’Indicateur du vivre mieux de l’OCDE en est un très bon exemple.

Pour que ces mesures apportent une réelle impulsion à l’innovation en Irlande, il faut les intégrer au processus démocratique et faire en sorte que les pouvoirs publics soient tenus de rendre des comptes à leurs électeurs dans les domaines qu’elles visent. Cela nécessitera des grandes concertations dans toute la société. En mettant l’accent à la fois sur des politiques publiques conçues grâce aux sciences comportementales, mues par l’éthique et évaluées intelligemment, et sur une évaluation plus vaste du bien-être, l’Irlande pourrait mettre en œuvre un large éventail de politiques publiques innovantes indispensables au bien-être de la population.

http://www.stir.ac.uk/management/research/behavioural-science-centre/

*Voir http://rms.stir.ac.uk. Le professeur Delaney a également enseigné à l’University College Dublin.

Voir également www.oecdbetterlifeindex.org/fr


The Stone Twins

Éduquer, mais pas n’importe comment

Garech Stone, The Stone Twins, Cabinet de conseil en stratégie de marque, Pays-Bas

Pour promouvoir l’innovation en Irlande, il n’est pas nécessaire de créer une autre ONG quasi-autonome, de prolonger les crédits d’impôt ou d’afficher un slogan marketing nébuleux tel que « l’innovation vient naturellement ». Si le gouvernement irlandais veut vraiment encourager l’innovation, il doit repenser les principes fondamentaux régissant l’enseignement primaire et secondaire. Réformer l’éducation pour adopter une approche plus globale est le seul moyen d’élaborer un vrai programme d’action en faveur de l’innovation.

Le modèle d’enseignement actuel repose en général sur l’apprentissage par cœur de listes et de textes, et s’achève par des examens et des notes. Il donne la priorité aux aptitudes scolaires, valorisant les langues, les sciences et les mathématiques au détriment des arts et des sciences humaines. Ce programme restrictif, principalement orienté vers l’entrée à l’université, produit toutefois trop de clones, à savoir des enfants qui recrachent des masses d’informations sans aucun esprit critique. Le conformisme tue l’innovation.

En outre, le système éducatif enferme les enfants quand ils sont trop jeunes en les forçant à se spécialiser, et encourage continuellement la compétition et la poursuite d’objectifs individuels. Tout cela étouffe l’innovation.

La vraie innovation, celle qui constitue une force économique puissante et un moteur de prospérité, résulte d’une culture de la remise en question et du partage des connaissances. L’innovation nécessite un réseau fluide et ouvert.

Aux Pays-Bas, mon petit garçon va dans une école vrije, ou Waldorf, dont l’approche éducative repose sur l’anthroposophie, une philosophie fondée par Rudolf Steiner. Ce type de scolarité vise à développer le potentiel unique de chaque enfant, tout en respectant les talents et mérites des autres. Les écoles Steiner-Waldorf encouragent la créativité et prônent les trois « I » : imagination, inspiration et intuition. La plupart des élèves en sortent équilibrés, intelligents et, surtout, curieux de tout. À l’inverse des écoles publiques, ce modèle éducatif semble créer un environnement propice aux idées originales et donc à l’innovation. Les innovateurs de demain sont, après tout, ceux qui auront appris à penser par eux-mêmes.

Voir www.StoneTwins.com

©L'Observateur de l'OCDE n°305, T1 2016




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