Des politiques familiales face aux enjeux démographiques

Ministre d'État, ministère des Capacités humaines, Hongrie

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En Hongrie, les jeunes souhaitent avoir plus d’enfants, mais les préoccupations liées au logement et à la conciliation travail-vie privée semblent les freiner dans leurs projets. Le gouvernement a donc pris une série de mesures essentielles pour aider les familles à réaliser leurs rêves et pour faire face au vieillissement rapide de la population.

La Hongrie compte actuellement dix millions d’habitants, un chiffre facile à retenir mais qui risque d’évoluer d’ici quelques décennies. Le pays connaît en effet un déclin démographique, qui s’est traduit ces 35 dernières années par une diminution de 850 000 habitants. La population mondiale devrait augmenter au cours des 35 prochaines années, mais la Hongrie ne sera pas concernée. C’est également vrai pour la grande majorité des pays européens, qui se caractérisent par un faible taux de natalité. Non seulement les pays développés enregistrent des taux de fécondité bas, mais ils font aussi face, à long terme, au vieillissement de leur population. En Hongrie, le nombre de personnes âgées était identique en 2006 à celui des enfants, et le ratio va encore se dégrader durant les prochaines décennies. Selon nos projections, les conséquences seront pires en Hongrie que dans la moyenne des pays de l’UE ou de l’OCDE. Le vieillissement a un impact négatif sur les régimes de retraite, les soins de santé, les dépenses sociales, le marché du travail et la croissance économique.

Depuis 2010, notre double défi consiste à trouver une solution à long terme au déclin démographique et, dans le même temps, à sortir de la crise économique, sociale et politique. Ces dernières années, les conditions macroéconomiques nationales se sont considérablement améliorées sous l’effet de la politique économique du gouvernement. Une politique budgétaire stricte, l’amélioration de la situation financière des ménages, les réformes structurelles et une politique monétaire accommodante ont en effet contribué à l’obtention d’un taux de croissance supérieur à la moyenne de l’UE, à la diminution de l’endettement et au recul du chômage.

La qualité compte autant que la quantité. Le développement se fonde sur un système éducatif solide et compétitif, d’excellents systèmes de protection sociale, et l’intensification de l’activité et de la productivité du marché du travail. Conformément à la politique de développement inclusif de l’OCDE, nous avons pris une série de mesures actives et passives du marché du travail, parmi lesquelles un vaste programme de travaux publics, des réductions d’impôts et des avantages pour les employeurs, et des formations spécialisées. Par conséquent, la Hongrie affiche son taux d’emploi le plus élevé depuis 20 ans, avec une évolution plus marquée des taux d’activité et de non-activité que dans les moyennes de l’UE ou de l’OCDE.

Malgré la tendance négative, la Hongrie possède une grande ressource intérieure pour relever son défi démographique. Si le taux de fécondité moyen est de seulement 1,44, les jeunes Hongrois déclarent vouloir fonder des familles plus nombreuses ; ils envisagent d’avoir en moyenne deux enfants au moins. Les principaux obstacles à la réalisation de leurs projets sont l’absence d’un partenaire stable, les problèmes de logement, les charges financières et les plans de carrière des femmes. Ces cinq dernières années, le gouvernement a pris diverses mesures favorables aux familles dans plusieurs domaines, notamment via la fiscalité, l’accès facilité aux logements, des aides et services financiers, l’amélioration de la situation du marché du travail, et un accompagnement pour concilier travail et vie privée.

Les parents peuvent bénéficier de trois années de congé parental rémunéré, tandis que, grâce à de nouvelles incitations financières, les mères sont encouragées à revenir plus tôt sur le marché du travail. Le système de prestations familiales, auquel la plupart des familles a accès, signifie que les parents actifs d’au moins trois enfants avec un revenu moyen sont exonérés de l’impôt sur le revenu. Les structures d’accueil des jeunes enfants se multiplient, offrant des services gratuits ou peu coûteux, y compris quatre repas quotidiens gratuits pour les enfants.

Le gouvernement a aussi récemment adopté un programme de logements, qui prévoit un avantage pécuniaire non remboursable pouvant atteindre 33 000 EUR environ par famille. Le montant maximal est accessible aux couples qui sont prêts à élever, ou qui élèvent déjà, trois enfants, et qui décident d’acheter ou de construire un bien neuf.

La crise démographique ne peut se résoudre qu’à long terme. Mais des signes positifs apparaissent déjà, ce qui renforce notre volonté d’élaborer des politiques en faveur des familles. Les taux de fécondité et l’emploi féminin sont au plus haut depuis 20 ans. Nous restons en dessous de la moyenne de l’OCDE, mais sommes convaincus que la solution durable aux enjeux démographiques réside dans les politiques natalistes et familiales.

En tant que ministre déléguée chargée de la Famille et de la Jeunesse, mais aussi en tant qu’heureuse mère de trois enfants, je suis particulièrement résolue à créer un environnement favorable à la vie de famille en Hongrie.

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