L’autonomisation économique des femmes pour une société plus productive et inclusive

Présidente du Chili

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Cette année, la Réunion du Conseil au niveau des ministres (RCM), que préside le Chili, est consacrée à la productivité. Les ministres débattront de ce que les États, les entreprises et les individus peuvent faire pour améliorer la productivité afin de soutenir une croissance inclusive. Leurs avis seront sans aucun doute nourris par les discussions publiques du Forum de l’OCDE, qui précède la RCM. Le renforcement de la productivité devrait servir à accélérer la croissance et à la rendre plus intelligente, tout en réduisant les inégalités et en permettant à chacun de prendre part au système productif. L’objectif final est d’améliorer le bien-être de nos citoyens, et de leur donner les moyens de répondre aux exigences du marché du travail et de réaliser pleinement leur potentiel. C’est l’un des grands défis de notre époque, à l’heure où le capital intellectuel s’impose comme l’un des principaux moteurs de la croissance et du bien-être.

L’OCDE a montré que la productivité avait commencé à fléchir bien avant la crise de 2008, cette dernière ayant aggravé la situation. Ce ralentissement est paradoxal au vu des progrès technologiques considérables enregistrés récemment, et de l’espoir que ces innovations soient porteuses d’une vitalité économique retrouvée. Puisque nous faisons tous face aux mêmes défis, nous gagnerions à opter pour une solution coordonnée et collective. Si la productivité a baissé, les inégalités de revenus se sont, elles, creusées. Selon l’OCDE, le décile inférieur de la distribution des revenus gagnait environ sept fois moins que le décile supérieur dans les années 1980, contre presque dix fois moins en 2013. Ces inégalités touchent aussi le patrimoine et le bien-être. Le défi consiste donc à adopter des politiques publiques qui garantissent l’égalité des chances, même aux populations les plus modestes.

Nous devons adopter une approche globale pour stimuler la productivité tout en luttant contre les inégalités. L’action publique doit avoir pour objectif d’améliorer la qualité de l’enseignement, ainsi que l’accès à l’éducation et aux nouvelles technologies. Elle doit en outre fournir les outils nécessaires pour tirer parti de l’économie numérique et des innovations à venir.

Les pouvoirs publics doivent stimuler l’innovation en incitant à investir dans la R-D, et ce, en facilitant la diffusion des technologies. Pour réduire l’écart entre les entreprises à la pointe de la technologie et celles qui sont à la traîne, il faut mieux coordonner les politiques publiques à tous les niveaux. Il est essentiel de mieux harmoniser les politiques locales et nationales, mais également d’encourager une meilleure coopération entre les universités, les entreprises et les gouvernements. Cette collaboration est capitale si l’on veut accroître la productivité. C’est dans cet esprit que le Chili a déclaré 2016 « Année de la productivité » et que nous travaillons depuis deux ans sur un programme ambitieux visant à doper l’investissement et à offrir une réglementation solide, des infrastructures adaptées et des règles du jeu équitables pour les nouveaux entrants et les entreprises en place. Nous sommes résolus à redynamiser l’économie et à diversifier notre structure productive pour renforcer l’innovation et l’inclusion au Chili.

La parité et l’autonomisation des femmes sont au cœur de nos efforts. L’égalité hommes-femmes sera capitale pour réaliser progressivement tous les objectifs du nouveau Programme de développement durable, en plus d’être étroitement liée au thème de la RCM, « Productivité et croissance inclusive ».

La vie des filles et des femmes a radicalement changé ces 50 dernières années. Elles sont plus alphabétisées aujourd’hui qu’elles ne l’ont jamais été. Dans les pays de l’OCDE, les femmes (40 %) sont plus nombreuses que les hommes (30 %) à obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur, et elles représentent plus de 40 % de la population active mondiale. Toutefois, si cette évolution a été très rapide, elle ne s’est pas faite sans difficulté. Les disparités entre hommes et femmes se sont estompées en matière de taux de scolarisation, d’espérance de vie et de taux d’activité. À l’inverse, les progrès ont été lents, voire inexistants, dans beaucoup d’autres domaines, notamment les salaires, la contribution aux tâches ménagères, les droits de propriété et la représentation dans les sphères publique et privée.

Une plus grande égalité hommes-femmes peut stimuler la croissance économique, renforcer la productivité, améliorer les résultats en matière de développement pour les générations futures, et rendre les institutions plus représentatives. Le gaspillage des compétences des femmes coûte très cher : on estime que le niveau actuel d’inégalités entre les sexes entraîne une perte atteignant 12 000 milliards de dollars, soit 16 % du revenu mondial. Selon une étude de l’OCDE, la parité en termes de taux d’activité dans les pays de l’OCDE pourrait gonfler le PIB mondial de 12 % au cours des 20 prochaines années.

Les pays pourraient largement bénéficier, en termes de croissance économique et de bien-être, d’une hausse du taux d’activité des femmes. Encore faut-il faire les choses correctement : les femmes doivent être pleinement intégrées à la population active, sans subir d’écarts de salaires discriminatoires ni être cantonnées contre leur gré à des emplois à temps partiel, précaires, peu rémunérés et peu productifs.

L’autonomisation des femmes sur le plan économique est une responsabilité partagée. Il faut que tous les pays, les organisations internationales et les parties prenantes participent. Nous avons besoin de politiques publiques sur mesure pour relever ce défi à l’échelle nationale, mais aussi de l’aide de la communauté internationale en complément de nos efforts et, plus généralement, pour nous prodiguer des conseils éclairés sur l’action à mener, fondés sur des données de meilleure qualité, des évaluations d’impact et des bonnes pratiques. L’OCDE a un rôle particulier à jouer à cet égard, en apportant une expertise de premier ordre sur les politiques publiques avisées et les normes les plus élevées, et en encourageant une « course vers l’excellence » en quête de politiques meilleures.

www.gob.cl/en

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