Vivre et vieillir en Amérique : une nouvelle vision

PDG, AARP

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Je suis montée pour la première fois sur la scène de la manifestation nationale Ideas@50+ réservée aux membres de l’AARP en septembre 2014, à San Diego, pour prononcer un discours d’ouverture enjoignant les 8 000 personnes présentes à penser l’âge autrement. Depuis lors, les réactions affluent. Il s’avère que c’est le message qu’attendaient les personnes de 50 ans et plus. Des personnes de tout le pays, ayant tout style de vie, me font part de leurs expériences et me disent que, s’ils sont sûrs de ne pas vouloir vieillir comme leurs parents, ils ne savent pas bien ce qu’ils doivent faire à ce sujet. Ils veulent changer les discours qui se tiennent dans notre société, et dans certains cas, engager eux-mêmes le débat. Ils veulent, lorsqu’ils vieillissent, pouvoir choisir entre davantage de modes de vie. Ils veulent des solutions nouvelles et meilleures, qui les aident à vieillir en toute indépendance, avec dignité et avec un but. Ils sont prêts à tracer une nouvelle voie. Moi aussi.

J’ai écrit ce livre pour proposer cette nouvelle voie aux personnes de 50 ans et plus, et créer, pour toutes les générations, une nouvelle vision de ce que signifie vivre et vieillir en Amérique. Je ne peux pas davantage m’identifier à l’expérience de mes parents de la vieillesse que mes enfants ne peuvent s’identifier à la mienne. C’est autre chose. Parfois, lorsque je franchis certaines étapes dans ma vie – un anniversaire, le départ de mes enfants pour l’université, leur remise de diplôme – j’essaie de me souvenir de la façon dont mes parents ont franchi ces mêmes étapes. Que faisait ma mère à 57 ans ? Que faisaient mes parents lorsque j’ai eu mon diplôme universitaire ? Comment percevaient-ils leur vie à tel ou tel moment ? Cet exercice peut véritablement vous ouvrir les yeux ; il m’a fait réaliser combien les choses ont changé entre leur génération et la mienne.

La manière dont nous vieillissons aujourd’hui est radicalement différente de ce qu’elle était il y a une génération, ou même une décennie. Certes, nous vivons plus vieux et en meilleure santé, mais cela ne s’arrête pas là. Nous n’avons pas juste ajouté quelques années en fin de vie, nous avons rallongé l’âge mûr et, au fond, créé une nouvelle phase de la vie qui ouvre un monde de possibilités quant à la manière de vivre et de vieillir. Et nous commençons à peine à percevoir toute la variété et l’ampleur de ces possibilités.

Pourtant, dans la plupart des conversations concernant le vieillissement, celui-ci est encore perçu comme un problème à résoudre. C’est un postulat absolument et fondamentalement erroné, et des millions de personnes le prouvent quotidiennement. Il ne s’agit pas de chercher comment éviter une crise, il s’agit de savoir comment tirer avantage des opportunités qui s’offrent à nous afin de prospérer, en tant qu’individus et en tant que nation.

Nos cultures, institutions, soutiens sociaux et infrastructures ne sont pas à la hauteur des progrès enregistrés dans la manière dont nous vieillissons induits par la science, la technologie et l’innovation. C’est bien de cela qu’il s’agit. Il faut nous débarrasser des croyances et stéréotypes obsolètes concernant le vieillissement et créer de nouvelles solutions, afin d’être plus nombreux à pouvoir choisir comment nous voulons vieillir. Cela implique de remplacer des modèles anciens qui ne fonctionnent pas par de nouvelles solutions, et mettre à jour celles-ci pour qu’elles continuent de fonctionner à l’avenir. C’est là tout l’objet du changement de perspective sur l’âge.

Les quatre libertés du vieillissement

Le 6 janvier 1941, à la veille de l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, le Président Franklin Delano Roosevelt plaidait pour la fin des politiques isolationnistes issues de la Première Guerre mondiale, et proposait une nouvelle idéologie reposant sur quatre libertés : libertés de parole, de culte, de vivre à l’abri du besoin, de vivre à l’abri de la peur. De la même manière que les Quatre Libertés de Roosevelt ont inspiré une prise de conscience de l’Amérique sur ce que subissait le monde et lui ont permis de passer à l’action, j’ai identifié les Quatre Libertés du vieillissement, qui définiront une nouvelle vision de la vie et du vieillissement en Amérique, et nous inspireront pour penser l’âge autrement, transformant cette vision en réalité.

Liberté de choisir comment et où l’on souhaite vivre lorsqu’on vieillit. Il n’existe pas de solution unique. Qui veut suivre la voie classique de la retraite devrait pouvoir le faire. Qui souhaite une vie active, engagée, devrait en avoir la possibilité. Le tout, c’est d’avoir les cartes en main pour pouvoir choisir comment vivre et vieillir.

Liberté de gagner un revenu. Le modèle de retraite avec lequel nous avons grandi repose, pour une grande partie, sur le fait d’être libéré du travail. Aujourd’hui, une partie essentielle de l’âge mûr prolongé repose sur la liberté de travailler. Beaucoup d’entre nous veulent ou doivent continuer à gagner leur vie, et cherchent des moyens de contribuer à la société à travers leur travail. Il faut pour cela réinventer le travail et lever des obstacles sociaux et institutionnels.

Liberté d’apprendre. Si nous voulons rester actifs, impliqués et productifs durant notre âge mûr prolongé et au-delà, nous devons continuer d’apprendre. Mais soyons honnêtes, les occasions d’apprendre se tarissent avec l’âge. Dans de nombreux cas, elles sont tout simplement inexistantes. En bouleversant la perception du vieillissement, nous ferons tomber les barrières et créeront de nouvelles opportunités d’apprentissage pour les personnes âgées.

Liberté de chercher le bonheur en découvrant et en réalisant son objectif. Il s’agit véritablement du cœur du sujet. L’allongement de la vie nous donne une occasion extraordinaire de devenir la personne que nous avons toujours voulu être. Mais si nous voulons réussir à accomplir les Quatre Libertés du vieillissement, nous devons travailler ensemble à créer une société où nous avons accès aux soins, à l’information et aux services dont nous avons besoin pour vivre en meilleure santé, en toute indépendance et avec dignité ; où nous disposons des ressources financières et des opportunités correspondant à l’allongement de nos vies et où nous sommes perçus comme un atout indispensable et stimulant pour la société.

La conquête de ces libertés commence par chacun d’entre nous. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être spectateurs et d’attendre que quelqu’un les conquière pour nous ; nous devons le faire pour nous-mêmes. Il est temps de prendre la parole, de dire ce en quoi nous croyons et ce que nous pouvons faire. Ainsi, dans les conversations avec votre famille et vos amis, quelles croyances allez-vous remettre en question ? Nous devons changer à la fois la culture et l’infrastructure du vieillissement – les systèmes, programmes, produits et services auxquels nous sommes chaque jour confrontés. Dans votre vie et dans votre travail, quelles solutions allez-vous initier ? Dans tout ce que vous faites, réfléchissez aux nouvelles possibilités que vous pouvez créer pour vous-même et pour les autres. Qu’allez-vous faire pour changer le vieillissement ?

Ce texte est un extrait, remanié pour L’Annuel de l’OCDE 2016,du livre à paraître de Jo Ann Jenkins (2016), Disrupt Aging: A Bold New Path to Living Your Best Life at Every Age, publié par PublicAffairs.

Voir www.aarp.org 

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