Table ronde sur l'agriculture

Handewi Purwati Saliem Handewi Purwati Saliem

L’agriculture est confrontée à un avenir complexe : la population mondiale augmente, les pressions sur les ressources naturelles s’accentuent, alors que les questions environnementales comme le réchauffement climatique prennent une grande place.

Dans cette Table ronde de l’Observateur de l’OCDE, nous avons posé à divers experts et parties prenantes la question suivante :

Quelles innovations ou politiques nouvelles sont nécessaires pour assurer une croissance durable de la productivité dans les secteurs agricole et alimentaire ?


Alexander BrewsterCarmel CahillAshok GulatiHandewi Purwati SaliemPhil HoganThomas Kirchberg


Planter pour faire fleurir des entreprises innovantes

Alexander Brewster, exploitant agricole et boursier Nuffield 2016*

Sous sa forme actuelle, la politique agricole commune de l’UE (PAC) récompense l’absence d’innovation technique, protège le producteur primaire des lois du marché, et empêche toute véritable reconfiguration foncière ou toute transmission anticipée d’exploitation. Ce protectionnisme doit être abandonné pour permettre le développement d’entreprises innovantes et durables. La taille des exploitations va probablement augmenter, mais ce surcroît d’efficacité est nécessaire pour maintenir la compétitivité de la production alimentaire européenne.

Que faire concrètement ? Planter ! Toute terre improductive doit servir à optimiser le captage du carbone tout en assurant la stabilité écologique. Un soutien de base doit être accordé à l’agriculture, cette réforme des paiements étant axée sur la qualité de l’eau et sur le captage et la gestion du carbone. Les économies dégagées par la réforme du budget de la PAC doivent être réorientées vers la recherche agricole sur le progrès et l’efficacité génétiques en biologie animale et végétale. Actuellement, la plupart des grands investissements agricoles sont réalisés par des sociétés privées, soucieuses de conquérir des parts de marchés dans une surenchère à la baisse en terme d’agriculture durable.

Le modèle coopératif comme voie d’accès au marché doit être davantage développé pour réduire l’exposition du producteur primaire au marché des produits. Dans le passé, la coopération agricole a contribué à normaliser la production et à en accroître la valeur à la sortie de l’exploitation. Aujourd’hui, un nouveau modèle permettrait d’ajouter une valeur environnementale à la valeur marchande. Par exemple, une taxe carbone, montant ajouté au coût de production en fonction des émissions par kilo produit à l’hectare, pourrait favoriser la production locale, l’objectif prioritaire étant de réduire le kilométrage alimentaire mondial.

L’investissement doit aller en priorité aux acteurs, via l’enseignement général ou la création de groupements stratégiques proposant des approches durables au sein d’établissements de formation agroalimentaire. Le défi que constitue une population mondiale de 11 milliards d’individus en 2100 donne à réfléchir. Il faut encourager et récompenser l’innovation durable. Le développement de l’agriculture est un processus long, il faut donc dès maintenant œuvrer à instaurer une croissance durable de la productivité.

*Le Nuffield Farming Scholarships Trust soutient financièrement les exploitants agricoles, ainsi que les acteurs des industries connexes et de la collectivité rurale, dans le but de donner naissance à des leaders et innovateurs du secteur agricole. 

Voir www.nuffieldscholar.org et www.nuffieldfrance.fr


Pour un changement de paradigme au profit d’une stratégie à long terme

Carmel Cahill, Directrice adjointe de la Direction des échanges et de l’agriculture de l’OCDE

Les subventions à la production et aux intrants mis en place par les pays depuis de nombreuses années risquent d’exacerber les problèmes actuels de l’agriculture. Dans les 49 pays dont les politiques sont régulièrement évaluées et suivies par l’OCDE, 67 % de l’aide aux producteurs provient du soutien direct des prix, et des subventions à la production et aux intrants. Seule une part négligeable est investie dans des mesures visant expressément la croissance durable de la productivité. Un changement radical de politiques s’impose pour permettre aux exploitants de saisir les opportunités qu’offrent la croissance démographique et l’augmentation des revenus, et de relever les défis de la raréfaction des ressources et du changement climatique.

Que faire concrètement ? Premièrement, il faut procéder à des examens approfondis des systèmes d’innovation, en se demandant notamment si la coordination entre les différents secteurs et acteurs est suffisante pour favoriser une croissance durable de la productivité.

Deuxièmement, il faut s’assurer que tous les acteurs de la filière agroalimentaire, de l’exploitant au détaillant, sont informés et disposent des connaissances et de la formation nécessaires pour adopter des pratiques durables. Il importe de déterminer le juste prix des ressources naturelles rares.

Troisièmement, dans un monde où abondent les risques liés au marché, au climat et aux ressources, il faut élaborer des systèmes de gestion des risques qui définissent clairement les rôles et responsabilités des exploitants, des marchés et des pouvoirs publics. Il faut veiller à ne pas rejeter les initiatives privées émanant du marché et à ne pas occulter la nécessité de l’adaptation en assurant l’inassurable. Enfin, il faut développer des entreprises agricoles et alimentaires fortes et compétitives en facilitant les ajustements structurels nécessaires et créant un environnement économique porteur, notamment dans les zones rurales. Cela exige notamment un bon fonctionnement des marchés, du financement, de la logistique et du cadre réglementaire.

Pour réaliser ces objectifs, il est impératif de changer de paradigme en abandonnant les mesures de soutien à court terme du marché et des revenus, souvent source de signaux pervers et d’effets contre-productifs, au profit d’une stratégie à long terme, à l'appui d'un secteur plus compétitif, résilient, attentif au marché et surtout plus durable. Consacrer les faibles ressources publiques disponibles à ces objectifs sera beaucoup plus rentable pour tous.

www.oecd.org/fr/agriculture


Subventions : endiguer les pertes

Ashok Gulati, Professeur titulaire de la Chaire d’agriculture Infosys à l’Indian Council for Research on International Economic Relations (ICREIR)

Depuis 12 ans, la population mondiale a augmenté de près d’un milliard, soit une hausse historique sur une si courte période. Mi-2015, sur les 7,35 milliards d’habitants de la planète, 60 % vivaient en Asie, la Chine et l’Inde totalisant 2,7 milliards d’individus, soit 37 % de la population mondiale. D’après les projections 2015 des Nations Unies, l’Inde devrait dépasser la Chine et compter 1,4 milliard d’habitants en 2022, et 1,7 milliard en 2050.

La croissance globale du PIB de l’Inde devrait approcher 7 % par an durant la prochaine décennie et, avec la baisse du taux de croissance démographique, le revenu par habitant devrait augmenter de 5,5 à 6 % par an. Aujourd’hui, un ménage indien moyen consacre environ 45 % de ses dépenses à l’alimentation, mais, avec la hausse du revenu, la pression alimentaire est appelée à devenir très forte. Confrontée à des ressources limitées en terres (2 % des terres mondiales) et en eau (moins de 4 % des disponibilités mondiales) ainsi qu’à l’accélération des événements météorologiques extrêmes liés au changement climatique, l’Inde sera tenue de se procurer de manière efficace et durable davantage d’aliments, humains et animaux, et de fibres.

La réponse potentielle à ces défis croissants réside dans l’innovation ainsi que dans les politiques, les technologies, les institutions et les produits. Une réforme majeure de la politique agroalimentaire indienne est donc indispensable. Dans le budget de l’Union 2016-17, les subventions à l’alimentation et aux engrais absorbent plus de 30 milliards de dollars et sont à l’origine de plus de 16 milliards de dollars de pertes. Des inefficiences massives minent le système public de distribution de produits alimentaires fortement subventionnés, dont les pertes dépassent 40 %. Il en va de même pour les engrais, notamment l’urée qui fait l’objet d’une surconsommation et d’un détournement à des fins non agricoles, voire vers des pays voisins. Une politique innovante, abandonnant le soutien des prix des aliments et des engrais au profit du soutien direct des revenus (transferts monétaires) grâce au numéro d’identification unique (Aadhaar), peut enrayer ces pertes et faire épargner au gouvernement au moins 7 à 8 milliards de dollars par an. Ces gains peuvent être investis dans l’amélioration de la gestion de l’eau, de façon que chaque goutte d’eau utilisée serve à accroître la productivité et, ainsi, nourrir l’Inde dans le respect de la durabilité.

Voir http://icrier.org


Vers des systèmes de connaissances agricoles

Handewi Purwati Saliem, Directrice, Indonesian Center for Agriculture Socio Economic and Policy Studies (ICASEP)

Le secteur agroalimentaire est confronté à divers défis émergents : augmentation et variations de la demande alimentaire, appelant des réponses appropriées du système de production ; limitation des ressources naturelles (terres, eau, énergie) exigeant d’accroître en priorité la productivité ; et incertitudes liées au changement climatique, pesant sur la productivité agricole et nécessitant des actions complexes et contraignantes. Ces défis sont plus marqués dans les pays en développement, où le secteur agricole est majoritairement composé de petites exploitations.

Pour relever ces défis, les gouvernements devraient se concentrer sur les innovations et politiques suivantes : (i) accroître l’investissement dans les infrastructures rurales et agricoles afin de promouvoir un environnement économique porteur, une meilleure efficacité et une baisse des coûts logistiques ; (ii) créer des systèmes de connaissances agricoles permettant de développer des innovations pour l’ensemble de la filière d’approvisionnement ; (iii) favoriser un régime commercial plus ouvert, bénéficiant aux petites exploitations et assurant aux consommateurs un accès fiable à l’alimentation ; (iv) développer la résilience, notamment pour permettre aux exploitations de réagir aux chocs en les dotant d’outils de gestion des risques comme l’assurance récolte ; (v) renforcer la capacité des petites exploitations d’accéder aux nouvelles technologies et aux opportunités de marché ; (vi) encourager les pouvoirs publics à réduire les dépenses consacrées aux subventions et à l’aide directe au profit des services d’intérêt général comme les infrastructures et la recherche-développement ; et (vii) encourager les petites exploitations à passer d’une agriculture de subsistance à une agriculture commerciale rentable.

En outre, il y a des actions stratégiques à mener aux niveaux régional et mondial. Il faut notamment faire progresser les négociations commerciales multilatérales sur les questions en suspens, comme préconisé par la Conférence ministérielle de Nairobi de l’Organisation mondiale du commerce. Celles-ci prévoient l’augmentation de l’investissement et des engagements des organismes donneurs et des mécènes internationaux dans la recherche-développement agricole internationale, notamment au sein du CGIAR (partenariat mondial, www.cgiar.org). Il faut également favoriser la cohérence et la coordination internationales des politiques, de façon à créer un environnement réglementaire prévisible pour le secteur privé. Enfin, il faut renforcer la collaboration régionale et internationale entre pays et organisations, notamment en matière de partage des connaissances et de renforcement des capacités.

Voir http://pse.litbang.pertanian.go.id/eng/


L’adoption des innovations et la collaboration, enjeux de l’agriculture

Phil Hogan, Commissaire européen à l’agriculture et au développement rural

L’accord de Paris sur le climat adopté lors de la COP21 a rappelé la nécessité pour l’agriculture de devenir plus efficace et respectueuse du climat. Mais nous savons également qu’il va falloir accroître et améliorer notre production alimentaire pour nourrir une population mondiale toujours plus nombreuse. Or, nous n’y parviendrons qu’en assurant une articulation intelligente des mesures, qui libère le potentiel de recherche, d’innovation et de collaboration du secteur.

À cet égard, l’UE est un acteur mondial de premier plan. Nous donnons massivement la priorité à l’innovation, car nous savons que l’agriculture doit devenir plus intelligente, plus économe en ressources et plus propre. Il s’agit d’accroître les rendements tout en respectant les normes de sécurité et en assurant la durabilité. Comme je dis souvent, nous devons apprendre à produire plus en consommant moins.

Notre enjeu est de déterminer les politiques à mettre en œuvre. Si nous accordons aux exploitants et aux entreprises agroalimentaires le soutien dont ils ont besoin, ils réussiront. Les exploitants ne cessent jamais d’innover. Chaque génération apporte de nouvelles améliorations technologiques et organisationnelles.

L’agriculture intelligente et numérique est très prometteuse en termes de durabilité, productivité et compétitivité. Nous avons vu apparaître des solutions susceptibles d’améliorer l’efficacité d’utilisation des ressources, la santé animale, l’empreinte carbone et la place des exploitants dans la filière d’approvisionnement.

Mais il s’agit désormais d’obtenir une adhésion plus large de la communauté agricole. Il ne suffit pas d’élaborer des solutions innovantes : il faut encourager leur adoption à une échelle suffisante.

Clé de l’innovation, la collaboration est particulièrement utile pour développer les opportunités liées à l’agriculture numérique, dont les technologies doivent être adaptées aux besoins des usagers. Or, celle-ci exige de donner aux exploitants et aux dirigeants agroalimentaires les outils et la confiance nécessaires pour établir des liens avec de nouveaux partenaires dans le secteur des technologies de l’information et du numérique. Nous avons besoin de dispositifs qui fédèrent acteurs de l’agroalimentaire et des technologies de l’information, chercheurs et investisseurs. Des opportunités communes pourront alors être définies, des collaborations essentielles pourront être instaurées, et nos objectifs pourront commencer à se concrétiser.

Une agriculture intelligente et innovante est porteuse de nombreuses promesses pour un secteur plus durable, productif et compétitif. C’est en travaillant ensemble que nous mettrons en œuvre ces changements indispensables.

Voir http://ec.europa.eu/agriculture/index_fr.htm


Un cadre stable au service de l’innovation et de l’investissement

Thomas Kirchberg, membre du Comité de direction de Südzucker AG, et Vice-président du Comité sur l’alimentation et l’agriculture du BIAC*

Face à l’augmentation de la demande mondiale de produits agricoles et alimentaires, les opportunités de croissance du secteur agroalimentaire s’annoncent sans précédent. Répondre durablement à cette demande de manière durable constitue donc un défi gigantesque, compte tenu des limites en nouvelles terres productives et du changement climatique. Pour le relever, une coopération plus étroite doit s’instaurer entre tous les acteurs – États, scientifiques, donneurs, société civile et secteur privé – par exemple, via des partenariats public-privé de recherche, des initiatives conjointes de renforcement de la biodiversité, ou un engagement du secteur agroalimentaire en faveur de l’aide au développement.

La croissance durable de la productivité implique d'accéder aux méthodes et technologies modernes de production : protection intégrée des cultures, nouvelles variétés à haut rendement et résistantes au stress, agriculture de précision, analytique des mégadonnées, et systèmes d’irrigation avancés. Celles-ci réduisent la nécessité de terres supplémentaires, ce qui contribue à la conservation des ressources naturelles, et assurent aux entreprises agroalimentaires la sécurité d’approvisionnement.

Dans ce contexte, le rôle de la politique agricole est d’offrir un cadre stable pour l’innovation et l’investissement, afin de favoriser une augmentation durable de la productivité. Elle doit en particulier appuyer la recherche agricole, les transferts de connaissances aux exploitants et leurs investissements dans les nouvelles technologies. Actuellement, les innovations mettent souvent trop longtemps à arriver sur le terrain, et les besoins concrets des exploitants ne sont pas suffisamment portés à la connaissance de la communauté scientifique.

Seule une agriculture rentable attirera la nouvelle génération et assurera l’approvisionnement futur en produits agricoles. Les nouvelles obligations et normes doivent donc être élaborées en tenant compte de la compétitivité des producteurs nationaux dans le contexte mondial. Une simplification des formalités administratives allégerait considérablement la tâche des exploitants et entreprises. En temps de crise, des dispositifs de protection efficaces sont indispensables.

*Le BIAC est le Comité consultatif économique et industriel auprès de l'OCDE, voir www.biac.org

©L'Observateur de l'OCDE avril 2016

Voir www.oecd.org/fr/agriculture/ministerielle/




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