Corée : des politiques d’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle pour une croissance durable

Ministre de l'Égalité hommes-femmes et de la Famille République de Corée

De toutes les ressources mises à la dispositions de l’humanité, quelle est la plus sous-utilisée ? Les femmes, assurément !

Nous devons puiser pleinement dans le potentiel offert par les femmes pour assurer le développement durable et pallier la diminution constante de la population d’âge actif dans le monde de l’après-2015.

Tirer parti de la main-d’œuvre féminine est essentiel pour le développement durable. D’après l’OCDE, si le taux d’activité des femmes en Corée atteignait en 2030 celui des hommes de 2010, la population active totale augmenterait de 10 points de pourcentage. De plus, des données provenant des pays développés font état d’une corrélation étroite entre taux d’emploi, taux de fécondité et produit intérieur brut (PIB) par habitant. Depuis sa prise de fonction en 2013, Madame Park Geun-hye, première femme présidente de la Corée, s’emploie à promouvoir une société dans laquelle l’avancement professionnel des femmes ne connaît aucun obstacle social ou culturel.

En se fixant comme objectif un taux d’emploi de 70 % d’ici 2017, le gouvernement coréen place l’emploi au sommet de son plan d’action à l’appui d’une croissance économique durable et stable. La feuille de route du gouvernement, dont l’objectif est de porter le taux d’emploi des femmes de 54,9 % actuellement à 61,9 % d’ici 2017, et de créer ainsi plus de 1,65 million d’emplois pour les femmes, insiste sur la nécessité d’optimiser le recours à la main-d’œuvre féminine, l’un des principaux moteurs de la croissance nationale.

Afin de développer la participation des femmes et d’augmenter leur taux d’emploi, les quatre R —recrutement, retenir, retour et représentation — doivent être harmonisés, au sein d’un environnement social favorable à leur carrière tout au long de leur vie. Les processus de recrutement doivent être équitables ; la main-d’œuvre féminine doit être retenue par des mesures contre les interruptions de carrière ; le retour à l’emploi des femmes qui ont quitté le marché du travail doit être facilité par des mesures appropriées ; et la représentation des femmes doit être améliorée en favorisant leur accès à des postes de direction.

Le gouvernement Park est parvenu à abaisser les obstacles à l’entrée des femmes sur le marché du travail. La prochaine étape sera axée sur le renforcement des mesures visant à aider les femmes à poursuivre et développer leur carrière et des dispositifs de retour à l’emploi, l’objectif ultime étant de favoriser l’accès des femmes aux postes de direction.

Les hommes, aussi bien que les femmes, doivent à cette fin pouvoir concilier vie privée et vie professionnelle. Le gouvernement soutient cette approche, et s’emploie à trouver des moyens concrets pour aider les travailleurs à tirer pleinement parti des politiques et des prestations déjà en vigueur dans ce domaine.

Ainsi, le gouvernement a mis en place un programme de certification des entreprises les plus favorables à la famille, qui permettent à leurs employés de concilier vie professionnelle et vie familiale en leur accordant des congés ou en prévoyant des modalités de travail flexibles. Les entreprises et organisations certifiées bénéficient de divers avantages, tels que des taux d’intérêt avantageux pour les prêts bancaires. Depuis le lancement du programme en 2008, le nombre des entreprises certifiées a fortement augmenté, passant de 14 à 956 au premier trimestre 2015. Le gouvernement continuera à encourager davantage d’organisations, en particulier les administrations locales et les petites et moyennes entreprises, à adopter des pratiques favorables à la famille, et à soutenir les entreprises certifiées afin qu’elles continuent à donner l’exemple.

Afin de faciliter davantage l’adoption de pratiques favorables à la famille, deux campagnes – la Journée de la famille et le Mois des pères – ont été lancées. La Journée de la famille (mercredi) vise à encourager les Coréens à quitter leur entreprise à l’heure au moins une fois par semaine afin de passer du temps avec leur famille. Les derniers mercredis de chaque mois sont dédiés à la culture, et permettent aux familles de bénéficier de remises et d’entrées gratuites dans des théâtres, spectacles et expositions.

Lancé en octobre 2014, le Mois des pères incite les hommes à prendre leur congé parental : au lieu de percevoir, comme auparavant, uniquement 40 % de leur salaire normal au cours du premier mois de congé, ils en reçoivent désormais l’intégralité. Le gouvernement verse également des subventions à l’embauche pour permettre aux entreprises de remplacer les personnes en congé parental.

Afin d’accroître l’efficacité des programmes permettant de concilier vie professionnelle et vie privée, le premier Centre pour mères et pères actifs a ouvert en avril 2015. Pour une famille bi-active, il est très difficile de trouver le temps de se renseigner sur les divers programmes (cours de formation, conseils, autres services familiaux) mis en œuvre par le gouvernement pour aider les familles. Ce nouveau centre est ouvert le week-end et en soirée afin d’optimiser son intérêt pour le public.

Par ailleurs, les Centres pour le retour à l’emploi des femmes fournissent des services complets : conseils personnalisés, formations, stages, services de liaison pour l’emploi et de gestion de carrière. Ces centres ont fortement contribué à aider les femmes à reprendre une activité, en particulier après un congé maternité. Avec 10 centres supplémentaires prévus cette année, 150 centres au total seront bientôt en place pour aider les femmes à réintégrer la population active.

Les centres évoluent constamment pour aider le gouvernement à atteindre son objectif de créer des emplois plus nombreux et de meilleure qualité. Certains sont spécialisés et travaillent uniquement avec les employés du secteur de l’agriculture, de la pêche ou de diverses professions, ou exclusivement avec les femmes trentenaires, qui représentent plus de la moitié de la totalité des femmes en rupture de carrière, afin de renforcer leurs compétences et faciliter leur retour à l’emploi.

Dans le secteur public, le gouvernement joue également un rôle moteur en favorisant la représentation des femmes et en brisant le plafond de verre. Les quotas ont été relevés afin de porter la participation des femmes aux commissions gouvernementales à 40 % et de faire passer la proportion des femmes aux postes de direction dans l’administration centrale à 15 % d’ici 2017. Des efforts supplémentaires sont en cours pour promouvoir l’accès des femmes aux postes de direction via l’Académie des femmes prometteuses et la Base de données nationale des femmes professionnelles.

Les vastes initiatives menées par le gouvernement se sont traduites par une augmentation constante du taux de participation des femmes, qui est passé de 49,4 % de la main-d’œuvre en 2010 à 51,3 % en 2014. La participation des femmes d’âge très actif (de 30 à 40 ans) est en outre sur une courbe ascendante, et est passée de 55,3 % en 2010 à 58,4 % en 2014.

Nous partageons tous l’idéal d’une société redynamisée et d’une compétitivité stimulée par le plein emploi des femmes et l’amélioration de l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ce n’est que lorsque tous les membres de la société, indépendamment de leur sexe ou leur secteur, leur culture ou leur croyance, seront libérés des stéréotypes et de la discrimination que nous pourrons surmonter les faibles taux de natalité et l’atonie de notre croissance, et ouvrir la voie au développement durable.

J’espère que la détermination des lecteurs de L’Annuel de l’OCDE permettra de créer un monde où règne l’égalité entre les sexes.

*La Corée assure la vice-présidence de la Réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres de 2015

OCDE (2012), Inégalités hommes-femmes : Il est temps d’agir, Éditions OCDE, Paris

Voir http://english.mogef.go.kr/index.jsp

©L'Annuel de l'OCDE 2015




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