Préserver la forêt amazonienne

OCDE Observateur

©Rickey Rogers/Reuters

Saviez-vous que le Brésil possède l’une des plus riches biodiversités de la planète ? On y trouve un dixième des espèces animales et végétales connues et la plus vaste forêt tropicale du monde. 

La forêt amazonienne occupe près de la moitié du territoire et abrite plus de 600 types d’habitats terrestres et dulcicoles, des centaines de groupes indigènes et des communautés traditionnelles qui vivent par exemple de la saignée de l’hévéa. Dans les années 90 et au début des années 2000, elle s’est trouvée en proie à une déforestation massive du fait des abattages illégaux et de l’accaparement de terres, phénomènes favorisés par une croissance débridée, la rapide expansion de l’agriculture et les ambiguïtés du régime foncier. Le pays a toutefois su réduire fortement cette déforestation et abaisser du même coup son empreinte carbone de 40 % depuis 2000, comme le montre un rapport de l’OCDE.

Ainsi, le rythme de destruction de la forêt amazonienne a diminué de 75 % en dix ans, passant de 27 000 km2 par an en 2004 à environ 4 800 km2 en 2014. Le Brésil reste cependant le pays qui enregistre la déforestation moyenne la plus forte : tous les quatre ans, l’équivalent du territoire de la Slovénie disparaît. Les progrès doivent donc continuer, prévient l’OCDE dans son premier Examen environnemental du Brésil.

L’amélioration observée est due en grande partie aux efforts des pouvoirs publics et à la création massive de zones protégées – 500 000 km2 – dans le sillage du Plan d’action de 2004 pour la prévention et le contrôle de la déforestation légale en Amazonie légale et du Programme sur les zones protégées de la région.

Depuis 2004, l’Institut national de recherche spatiale surveille par satellite le couvert forestier brésilien (cinq millions km2 toutes régions confondues). Les mesures prises depuis dix ans ont surtout consisté à restreindre l’accès au crédit des propriétaires fonciers dans les communes affichant des taux élevés de déforestation, à clarifier le régime foncier pour combattre l’accaparement de terres – moyennant l’octroi de titres de propriété à des milliers d’exploitations rurales et la création de centaines de zones protégées – et à délivrer des certifications forestières.

En 2012, le Brésil a adopté un nouveau code forestier, qui oblige les exploitants ruraux à réserver une partie de leurs terres pour la conservation ou la restauration de la forêt amazonienne. Les exploitants doivent aussi enregistrer leurs terres et les périmètres réservés auprès du Cadastre rural environnemental avant mai 2016, faute de quoi ils n’auront plus accès aux crédits ruraux à partir d’octobre 2017. Le Code forestier introduit également des quotas forestiers négociables, qui peuvent être achetés par les exploitants n’ayant pas respecté leur obligation de mise en réserve avant 2008 ni rétabli par eux-mêmes le couvert arboré.

Les instruments réglementaires sont complétés par des incitations économiques. Lancé en 2007 par l’État d’Amazonas, le programme de transferts monétaires conditionnels Bolsa Floresta rémunère les familles rurales préservant les espaces forestiers qu’elles habitent. Jusqu’à présent, il a fourni des revenus à plus de 35 000 personnes et fait reculer la déforestation.

Le soutien international a aussi été crucial : depuis 2008, les donneurs internationaux peuvent investir pour prévenir la déforestation et protéger la forêt au travers du Fonds pour l’Amazonie géré par la Banque nationale de développement du Brésil. Plus de 970 millions USD ont été versés au fonds entre 2009 et 2015, principalement par la Norvège et l’Allemagne, et ont servi à soutenir plus de 70 projets.

Les acteurs privés se sont également impliqués, par exemple via le moratoire sur le soja de 2006. Sous la pression de la société civile, 47 entreprises mondiales, dont McDonald’s et Walmart, ont décidé de cesser d’acheter du soja cultivé sur des terres forestières défrichées en Amazonie brésilienne. En conséquence, le taux d’expansion des cultures de soja gagnées sur la forêt amazonienne est passé de 30 % en 2004 à environ 1 % en 2014.

Les approches intégrées de ce type, associant pouvoirs publics et entreprises, ont freiné la déforestation : les zones protégées couvrent aujourd’hui 17 % du territoire brésilien et représentaient seulement 5 % des superficies amazoniennes déboisées entre 2008 et 2012.

L’OCDE encourage le tourisme respectueux de l’environnement dans les zones protégées. Elle recommande en outre au Brésil de continuer à mettre pleinement en œuvre le Code forestier et de le compléter par des programmes favorisant des moyens de subsistance plus attrayants pour décourager le déboisement illicite.

Neïla Bachene


OCDE (2015), OECD Environmental Performance Reviews: Brazil 2015, Éditions OCDE, http://dx.doi.org/10.1787/9789264240094-en.

©L'Observateur de l'OCDE n° 304, novembre 2015




Données économiques

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Échanges exp +1.4% ; imp +1.7% T1 2017
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Mise à jour: 14 nov 2017

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