Une vision pour le nucléaire

OCDE Observateur

Quel rôle l’énergie nucléaire peut-elle jouer dans la lutte contre le changement climatique ? Pour l’Agence pour l’énergie nucléaire (AEN) de l’OCDE, ce rôle est tout à fait central. 

Le monde n’est pas sur la bonne voie pour limiter la hausse des températures mondiales moyennes à 2°C. Pour respecter ce seuil, le secteur mondial de l’énergie, qui produit actuellement environ 40 % des émissions totales de carbone, devrait être quasiment décarboné en 2050.

Un document d’orientation de l’AEN explique comment l’énergie nucléaire peut contribuer à cet objectif (voir les références). Elle produit en effet 11 % de l’électricité globale, ce qui en fait la deuxième source d’énergie bas carbone après l’hydroélectricité.

L’énergie nucléaire économise presque 2 Gt d’émissions de CO2 chaque année, et a ainsi évité l’émission de plus de 60 Gt de CO2 sur la période 1970-2015, selon le document de l’AEN, qui ajoute que l’énergie nucléaire est la seule source d’électricité à grande échelle et bas carbone qui soit évolutive et transportable. De plus, d’après l’AEN, sa contribution à un développement durable sur le plan économique, social et environnemental va au-delà de la réduction des émissions de carbone : fourniture fiable et régulière d’électricité à un coût prévisible, absence d’émissions de polluants locaux et sécurité des approvisionnements, sans parler des bénéfices en termes de compétences, d’emploi et d’opportunités économiques.

L’énergie nucléaire représente aussi des défis, notamment pour le financement et la gestion de processus de construction complexes. Elle pose aussi des questions cruciales, comme la garantie de non-prolifération et la sécurité des centrales qui doivent accompagner la croissance du nucléaire, la gestion des déchets, et le fait que l’énergie nucléaire elle-même peut être vulnérable au changement climatique, bien que l’AEN soit confiante sur la résolution de ce problème. Il sera également important de sécuriser l’approvisionnement en uranium car, bien que les réserves actuelles permettent une consommation inchangée pendant un siècle, il faudra plus d’investissements futurs dans les mines.

Par ailleurs, si la fission nucléaire ne produit pas de CO2 ou d’autre gaz à effet de serre, il existe des émissions indirectes qui peuvent être attribuées au nucléaire, dans la construction par exemple, ou en provenance des combustibles fossiles utilisés dans l’extraction d’uranium. Du côté positif, l’AEN souligne que les seules émissions atmosphériques locales dues à la phase de production du cycle du combustible nucléaire sont mineures.

En bref, la contribution de l’énergie nucléaire à la lutte contre le changement climatique pourrait être plus importante que jamais : elle pourrait devenir la première source d’électricité. Cependant, comme le souligne l’AEN, aucun pays ne pourra mettre en œuvre une expansion significative du nucléaire sans un soutien politique clair et régulier de la part des pouvoirs publics.

AIE-AEN (2015), Technology Roadmap: Nuclear Energy, Paris

OCDE-AEN (2015), « Nuclear Energy: Combating Climate Change », Éditions OCDE, disponible sur http://oe.cd/1aD

Voir www.oecd-nea.org




Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016