Économie circulaire

©Orelie Grimaldi

L’économie circulaire est née au Danemark dans les années 1970. Elle désigne un concept économique qui prône la production de biens et services en limitant au maximum la consommation de matières premières, en recyclant les déchets et en utilisant des sources d’énergie renouvelables. Ce modèle met notamment l’accent sur de nouveaux modes de conception, de production et de consommation, le prolongement de la durée d’usage des produits, l’usage plutôt que la possession de bien, la réutilisation et le recyclage des composants.

Les bienfaits potentiels de l’économie circulaire dans le contexte du changement climatique sont évidents : moins de ressources utilisées, moins d’énergie consommée, et aussi une création de valeur économique et sociale. Selon un rapport publié en septembre dernier par le cabinet de conseil américain McKinsey, le passage à l’économie circulaire permettrait aux pays européens de réaliser 1 800 milliards d’euros d’économies et d’augmenter la croissance de sept points en 2030.

La Ville de Paris a saisi cette opportunité à bras le corps, notamment en lançant, en mars dernier et avec des collectivités partenaires, les États généraux de l’économie circulaire. Sur le terrain, les initiatives se multiplient pour mettre en œuvre l’économie circulaire, en voici trois exemples.


La Ressourcerie Créative

La Ressourcerie Créative, nouveau lieu dédié à l’économie sociale et solidaire créé avec le soutien de la Ville de Paris, a pris ses quartiers dans l’ancien hôpital Saint-Vincent-de-Paul.

Le principe en est simple : il s’agit d’un espace d’économie sociale et solidaire, où le public peut se délester de ses objets devenus inutiles, réaliser de bonnes affaires ou participer à des ateliers créatifs.

« Depuis le 1er septembre, date de l’ouverture, plus de dix tonnes de “déchets” ont pu être valorisées », se félicite Sabine Arrondelle, la coordinatrice de la Ressourcerie, qui est à l’origine du projet. « Notre volonté est de tout récupérer et de réemployer un maximum de choses. »

Dans un premier temps, tout ce qui est collecté en bon état est proposé dans la boutique : on y trouve de tout ! Pour le reste, des ateliers réparation et créatifs divers sont organisés : petit-électroménager, menuiserie et personnalisation de meubles, couture, petites décorations permettent de donner une seconde vie à de nombreux objets et matériaux.

Enfin, des partenariats avec des éco-organismes comme Valdélia et Éco-mobilier permettent de recycler les meubles non vendus ou donnés. De nombreux objets sont en effet cédés gratuitement à l’association Aurore, présente sur le site, qui fait de l’accompagnement de personnes en situation d’urgence. La proximité avec Aurore est très riche, de nombreux bénévoles de l’association sont des résidents d’Aurore. Dès le départ, nous avons souhaité adhérer au Réseau des Ressourcerie afin de bénéficier de son expérience, et Sabine Arrondelle a suivi la formation « Comment créer sa ressourcerie » proposée par le réseau.

Aujourd’hui, la Ressourcerie Créative compte quatre salariés et de nombreux bénévoles. L’accueil du public y est très chaleureux, que ce soit pour la collecte ou pour la vente. Cependant, sa situation reste précaire. La première difficulté pour ouvrir une Ressourcerie, surtout à Paris, est de trouver un lieu. La Ressourcerie Créative dispose d’un bail de trois mois, avec une promesse de reconduction jusqu’à mi-2017. Ensuite, il faudra trouver un autre endroit, à moins que la Ville de Paris ne parvienne à réserver une place à ce projet dans le futur éco-quartier.

Après le lieu, il faut trouver le financement. Le Réseau des Ressourceries prône l’autonomie financière, avec un maximum de conventions de services. Enfin, il faut avoir une réelle capacité d’autofinancement pour démarrer, car les aides sont souvent conditionnées aux dépenses réalisées.

www.laressourceriecreative.com


UpCycly

À la fin de l’année 2013, Wassim Chelfi, jeune papa, cherche à créer de la valeur environnementale et sociale en se basant sur son parcours professionnel d’informaticien.

Il fait le constat que notre environnement urbanisé manque cruellement de points végétaux, mais abonde en déchets réutilisables. Il se met alors à expérimenter différentes manières de revégétaliser la ville en utilisant les déchets comme matière première, et commence par animer des ateliers de création végétale à destination des enfants. Face à l’engouement suscité, Wassim a souhaité toucher un public plus large. Il a conçu et organisé le premier UpCycly Fest, un événement participatif où tout le monde est invité à détourner les déchets pour créer du mobilier et des structures végétales, aux « murs à pêche » de Montreuil. Cet événement a suscité un engouement important, accueillant plus de 500 personnes qui ont contribué à la création de composteurs, jardinières et autres, et a ainsi servi d’expérimentation en validant le concept et sa faisabilité. Le défi était donc, à partir de cette expérience, de créer un modèle économiquement autosuffisant, sans en renier les valeurs. Grâce à l’accompagnement du Sensecube, un accélérateur de start-ups sociales, UpCycly a défini sa mission et développé plusieurs activités en se basant sur l’expertise acquise dans le cadre de ses ateliers participatifs : l’animation d’ateliers d’aménagement d’espace, de team building et de réalisation de meubles sur mesures. Aujourd’hui, UpCycly fait face au défi de passer à l’échelle supérieure afin d’accroître son impact et de se développer dans d’autres régions.

Marc Jourdaine
www.upcycly.com


Moulinot Compost et Biogaz

Moulinot Compost et Biogaz, jeune startup spécialisée dans la collecte, le tri et la valorisation des biodéchets provenant des hôtels et restaurants, s’apprête à relever un nouveau défi : la gestion des biodéchets générés par la COP21.

Son fondateur, Stéphan Martinez, est un restaurateur engagé qui, dès 2007, s’intéresse à ces déchets constitués notamment des reliefs de repas et des déchets de préparation de cuisine, et à leur transformation en terreau par lombricompostage. En 2012, avec le soutien du Syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs, il lance une vaste opération pilote de récupération des biodéchets auprès de 80 hôtels et restaurants de la capitale. De février à novembre 2014, les camions de la société Moulinot collectent ainsi 580 tonnes de biodéchets qui sont acheminées et transformées en gaz et en chaleur dans une usine de méthanisation dans l’Essonne. Cette phase test, aujourd’hui terminée, a remporté un vif succès avec des résultats près de trois fois supérieurs à l’objectif fixé. Cette initiative a désormais vocation à être pérennisée et généralisée sur tout le territoire pour répondre à l’obligation du tri à la source des biodéchets en vue d’une valorisation organique, dès 2016, pour tous les établissements qui en produisent au moins dix tonnes par an, contre un seuil fixé à 20 tonnes actuellement.

Bien que non contraints par la règlementation, de nombreux restaurateurs ont fait le choix de valoriser leur biodéchets. « Il s’agit là d’un véritable engagement citoyen », estime Stéphan Martinez, qui déplore « le surcoût financier pour les professionnels, déjà soumis à la taxe d’enlèvement des ordures ménagères, qui paient aussi ce service de collecte ». Pour lui, la fiscalité environnementale est un véritable enjeu dans le développement de cette pratique, car le volontaire le fait à ses propres frais quand celui qui ne fait rien ne s’acquitte de rien : « C’est la prime au mauvais élève, à laquelle il faut mettre fin. »

Fabien Delory Directeur, Moulinot Compost & Biogaz 

©OECD Observer No 304, November 2015




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