L’aide pour le commerce, ça marche !

Secrétaire général de l’OCDE

Le commerce international est un levier indispensable du développement. Mais ses coûts élevés empêchent les pays en développement de tirer pleinement profit des possibilités de développement, de croissance et de création d’emploi qu’offre le marché mondial.

Les économies enclavées, périphériques ou de taille réduite sont marginalisées par des coûts liés non pas à leurs capacités mais à la géographie : les producteurs des pays à faible revenu, souvent compétitifs à la sortie de l’usine ou de l’exploitation agricole, sont évincés du marché international en raison de coûts trop élevés, dus à la pesanteur des procédures douanières, à l’insuffisance des infrastructures, au manque de financement et à la complexité des normes.

C’est précisément pour cela que nous avons lancé l’Initiative Aide pour le commerce : aider les pays en développement à renforcer leurs capacités du côté de l’offre et à surmonter les obstacles qui les empêchent de se connecter aux marchés mondiaux.

Bonne nouvelle : nous progressons. Depuis le lancement de l’Initiative il y a dix ans, les donneurs ont versé 264,5 milliards USD pour financer des programmes d’aide pour le commerce, les engagements annuels s’établissant actuellement à 55 milliards USD. Les autres apports publics s’élèvent à 190 milliards USD, et le soutien aux échanges Sud-Sud contribue aussi à faire baisser les coûts pour les pays en développement.

Au-delà des chiffres, l’enjeu porte sur la création d’emplois, l’augmentation des investissements nationaux et internationaux et, en définitive, la recherche d’une vie meilleure pour tous les hommes et les femmes dans le monde. L’OCDE a constaté qu’un dollar consacré à l’aide pour le commerce générait huit dollars en échanges supplémentaires pour l’ensemble des pays en développement, et 20 dollars pour les pays à faible revenu. Des retours sur investissement impressionnants !

N’oublions pas que cette aide ne se substitue pas à la libéralisation du marché, mais la complète. C’est pourquoi les 161 membres de l’OMC se sont de nouveau engagés à ouvrir le commerce international aux pays en développement en adoptant l’accord de Bali il y a deux ans.

L’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC doit permettre de réduire les coûts commerciaux et d’accroître la participation dans les chaînes de valeur mondiales. La facilitation des échanges est peut-être la réforme la mieux à même d’influer sur les décisions d’approvisionnement à l’étranger.

L’OCDE a calculé que l’Accord pourra faire baisser les coûts des échanges mondiaux de 17,5 %. Pour les pays qui vont plus loin, les bénéfices sont encore plus grands : ainsi, les pays qui appliqueront l’Accord dans son intégralité pourront enregistrer une baisse des coûts de 4 points de pourcentage de plus que ceux qui n’en appliqueront que les conditions minimales. 

En outre, les efforts des donneurs sont essentiels pour aider les pays à appliquer l’Accord. Ceux qui adressent des rapports à l’OCDE ont déjà versé environ 1,9 milliard USD à l’appui de la facilitation des échanges depuis 2005. Les engagements annuels s’élèvent actuellement à 668 millions USD, soit huit fois plus qu’en 2005. Selon l’étude OCDE-OMC, ce n’est qu’un début !

L’OCDE a aussi élaboré pour 152 pays des indicateurs de facilitation des échanges qui peuvent être utiles à la mise en œuvre de l’Accord. Ceux-ci permettent aux pays de suivre et de comparer leurs performances, de définir les domaines d’action prioritaires et de cibler leurs efforts en matière d’assistance technique et de renforcement des capacités.

Enfin, je tiens à rappeler que nous devons unir nos forces à celles du secteur privé pour faire baisser les coûts des échanges. Le secteur privé peut nous aider à mettre en évidence les coûts qui créent le plus de distorsions et nous indiquer comment les réduire, mais aussi nous conseiller sur la bonne utilisation des instruments de financement du développement que proposent de nombreux prestataires. […]

L’OCDE s’engage à agir de concert avec les pouvoirs publics, les organisations internationales et le secteur privé au profit du développement. Je suis convaincu que la réduction des coûts commerciaux par la facilitation des échanges et l’aide pour le commerce doit être l’un des piliers des efforts internationaux accomplis au titre des Objectifs de développement durable. Nous progressons, alors continuons dans cette voie ! […]

Extrait du discours prononcé à l’occasion du lancement du rapport conjoint OCDE/OMC, Panorama de l'aide pour le commerce : Réduire les coûts du commerce pour une croissance durable et inclusive, 30 juin 2015. Voir http://oe.cd/12A.

www.observateurocde.org/angelgurria

©L'Observateur de l'OCDE n°303, Septembre 2015




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