La philanthropie peut exclure

L’ère numérique a beau prôner l’inclusion, elle finit souvent par exclure (« Philanthropie, transactions numériques et inclusion financière », no 301, T4 2014). C’est le cas notamment des paiements électroniques pour les ménages pauvres des pays en développement. Réserver l’accès à certains services financiers à une partie de la population pourrait élargir le fossé entre les riches et les pauvres, y compris au sein des pays développés, qui comptent en 2015 un milliard de personnes vivant dans l’extrême pauvreté. Dans un système à deux vitesses pour les ménages pauvres, les exclus des services financiers sont les plus vulnérables face à des règles du jeu inégales. Les « inclus » bénéficient, quant à eux, d’un meilleur accès à la santé et à l’éducation sur le long terme, ce qui creuse davantage l’écart.

L’inclusion financière suppose de gérer des échéanciers de remboursement, des versements d’intérêts et des amortissements d’emprunts. Les fondations caritatives qui soutiennent ces services sont-elles sûres que les personnes auxquelles elles s’adressent maîtrisent ces notions financières ? Pour l’instant, les États ont tiré leur épingle du jeu, les règlements informatisés leur permettant de réduire de 75 % leurs dépenses de fonctionnement. Ces économies financeront-elles la mise en place des infrastructures onéreuses et des compétences techniques nécessaires pour développer le paiement numérique pour tous, ou seront-elles détournées de tout programme destiné aux plus démunis ?

Si l’inclusion financière, numérique ou traditionnelle, est vouée à évoluer au rythme du progrès, ses défenseurs doivent s’assurer qu’elle n’aggrave pas les problèmes d’exclusion.

Claire MacDonald, Paris, France

©L'Observateur de l'OCDE n°302, Avril 2015




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