L'apprentissage numérique à l'école

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L’école est le lieu où l’on apprend et où l’on forme les innovateurs de demain, mais saviez-vous que dans la plupart des pays de l’OCDE, les écoles sont moins bien équipées en technologies de l’information et de la communication (TIC) que les entreprises et les particuliers ? 

La bonne nouvelle, c’est que les outils numériques sont désormais plus courants à l’école. En 2012, les enfants de 15 ans étaient plus de neuf sur dix à utiliser des ordinateurs à l’école au moins une fois par semaine en Australie et au Danemark, de même que 57 % des élèves en moyenne dans les 29 pays membres pour lesquels on dispose de données, soit quatre points de mieux qu’en 2009.

Jusqu’à présent pourtant, l’utilisation accrue des ordinateurs à l’école s’est rarement traduite par de meilleurs résultats. Il n’existe par exemple pas d’association positive entre l’utilisation d’ordinateurs à l’école et les résultats des élèves en mathématiques, selon le Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Au Japon, en Corée, à Shanghai-Chine ou à Singapour, dont les élèves figurent en tête du classement PISA 2012, l’utilisation des ordinateurs à l’école est inférieure à la moyenne de l’OCDE.

Dès lors, quels avantages peuvent avoir les outils numériques pour l’apprentissage ? Les TIC peuvent améliorer l’enseignement de plusieurs façons. L’utilisation généralisée des TIC pour effectuer des activités quotidiennes productives et de loisirs crée une demande de compétences et connaissances particulières – et amoindrit éventuellement l’importance de certaines des compétences traditionnellement enseignées à l’école. L’école peut aussi jouer un rôle essentiel en favorisant une utilisation responsable d’internet et en sensibilisant les jeunes à de nouvelles menaces, comme le rappelle une Recommandation du Conseil de l’OCDE (sur la protection des enfants sur internet, février 2012). Enfin, même sans ajouter de nouvelles missions à l’école, les méthodes existantes peuvent être renforcées par les possibilités qu’offrent les TIC, en faisant de l’apprentissage une expérience plus riche et en encourageant l’approfondissement des connaissances.

Cependant, le rôle des enseignants est toujours aussi essentiel. Les bons professeurs obtiennent souvent de meilleurs résultats en utilisant les TIC ; quant aux mauvais, malheureusement, on ne peut pas les remplacer par des machines.

En effet, les enseignants doivent s’assurer que les conditions d’un apprentissage approfondi sont réunies, que des TIC soient utilisées ou non. De nouveaux dispositifs peuvent les aider à créer ces conditions, mais les principes d’un apprentissage efficace restent identiques, avec ou sans ordinateur : après tout, notre cerveau ne change pas, même s’il y a un écran devant nos yeux. Quelles que soient les circonstances, l’apprentissage demande du temps et de la pratique, et il est d’autant plus rapide qu’il répond aux besoins et repose sur des interactions sociales.

L’apprentissage numérique est efficace lorsque les nouveaux outils sont utilisés pour prolonger le temps d’étude et la pratique, par exemple lorsqu’on s’exerce à une langue étrangère avec un partenaire en ligne ; mais souvent, les TIC favorisent la multiplication des tâches, au détriment de l’apprentissage. Les outils numériques peuvent également aider les élèves à prendre le contrôle de la situation d’apprentissage, par exemple en individualisant le rythme des connaissances nouvelles ou en produisant un retour immédiat sur leurs résultats. En outre, les nouveaux outils peuvent favoriser le travail en collaboration, propice à l’apprentissage, en donnant la possibilité aux élèves de « s’enseigner » mutuellement de nouveaux concepts et d’échanger avec d’autres élèves et professeurs à l’étranger.

Malheureusement, le simple accès aux TIC à l’école ne suffit pas toujours à obtenir un bon usage de ces outils. Les enseignants sont rarement aidés pour les intégrer dans leurs cours. Après plusieurs décennies d’informatique à l’école, il est désormais clair que, bien que coûteux, le fait d’installer des outils numériques et de connecter toutes les écoles à internet constitue l’étape la plus facile. Pour améliorer les résultats des élèves, il est essentiel d’élaborer une stratégie concertée visant à élaborer de meilleurs supports d’apprentissage, à attirer de bons candidats vers le professorat, à encourager l’auto-apprentissage et le perfectionnement professionnel des enseignants et à améliorer l’évaluation des acquis des élèves – autant d’efforts qui requièrent des ressources importantes et une planification à long terme.

Pour autant, malgré ces difficultés, il ne fait aucun doute que les TIC sont en train de transformer l’éducation. Aujourd’hui, la culture numérique, qui inclut la capacité de comprendre et d’interagir avec les TIC au quotidien, fait officiellement partie du programme scolaire de base dans des pays comme la France et la Norvège. L’Estonie a ouvert la voie en introduisant le codage dans l’enseignement primaire et secondaire, c’est-à-dire l’écriture d’instructions machine dans un langage de programmation, et sera bientôt suivie de nombreux autres pays, comme l’Angleterre et l’Italie. L’Australie a ajouté les compétences en TIC dans les domaines à prendre en compte dans l’évaluation de la qualité de son système scolaire.

L’OCDE prend également au sérieux cette évolution : en 2015, les tests du PISA se feront entièrement sur écran, ouvrant ainsi de nouvelles possibilités d’évaluer ce que les élèves sont capables de créer et d’obtenir, pas uniquement dans des environnements virtuels, mais aussi dans le monde réel.

Références

OCDE (2014), Base de données PISA 2012, http://pisa2012.acer.edu.au/downloads.php [version du 22 juin 2014].

OCDE (2012), « The Protection of Children Online », Recommandation du Conseil de l’OCDE, OCDE, Paris, www.oecd.org/sti/ieconomy/childrenonline_with_ cover.pdf.

OCDE (2011), Base de données PISA 2009 9, http://pisa2009.acer.edu.au/downloads.php [version du 11 décembre 2011].

©L'Observateur de l'OCDE n°301, T4 2014

Pour aller plus loin:

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