Les entreprises et le G20 : La dynamique de réforme doit être une priorité

2014 BIAC

Le BIAC conseille l’OCDE depuis plus de 50 ans sur les actions susceptibles de permettre une croissance tirée par le secteur privé, et intervient activement dans le processus du B8 et du B20 depuis sa création.

Cette année, nous avons participé aux groupes de travail thématiques du B20 australien, notamment sur les échanges et le capital humain, ainsi qu’au groupe transversal sur la lutte contre la corruption. Pour nous, le G20 est un important espace d’échange sur la gouvernance économique mondiale, et l’OCDE, un chef de file pour de nombreux projets du G20. Le BIAC, aux côtés du B20, adhère pleinement à la mission mondiale de l’OCDE et à la priorité donnée à la croissance par le G20.

La reprise économique mondiale, après la crise économique et financière, reste hésitante et fragile, souvent faute de réformes structurelles sur les marchés des produits et du travail. Alors que les pays du G20 cherchent comment accroître leur PIB collectif de 2 % d’ici à 2018, les réformes structurelles sont plus cruciales que jamais.

Le public estime parfois qu’il y a un hiatus entre les discours et les actes du G20. Les milieux d’affaires savent qu’il faut du temps pour que les actions engagées se concrétisent et portent leurs fruits. La réforme doit cependant être une priorité  pour les gouvernements s’ils veulent placer leurs économies sur une trajectoire de croissance durable. D’après une récente étude du BIAC menée auprès d’organisations professionnelles membres, les entreprises des pays du G20 et au-delà jugent que les réformes structurelles et l’allégement d’une charge réglementaire grandissante sont nécessaires, ainsi que les mesures de lutte contre le protectionnisme pesant sur les échanges et les investissements, notamment par la promotion de la coopération internationale en matière de réglementation.

Les réformes des marchés du travail et de l’emploi sont tout aussi cruciales pour la croissance et l’amélioration de la productivité. Selon une autre étude, produite conjointement par le BIAC et l’Organisation internationale des employeurs (OIE), la concrétisation des engagements pris au sujet du marché du travail lors de la réunion des ministres du Travail du G20 à Moscou en 2013 reste insuffisante. Fait particulièrement préoccupant, l’action publique dans plusieurs pays limite les différentes formes de travail au lieu de les promouvoir. En septembre 2014, Phil O’Reilly, Président du BIAC, s’est adressé aux ministres du Travail du G20 à Melbourne en soulignant l’importance de stratégies pour l’emploi inclusives et flexibles, notamment de dispositifs pour améliorer les compétences de la population active et de mesures de promotion de l’égalité hommes-femmes.

Lors du sommet australien du B20 en juillet, les participants ont finalisé les grandes recommandations à l’intention de la présidence australienne du G20, mettant l’accent sur les réformes à l’appui du capital humain et des compétences, des échanges et de l’investissement, des infrastructures et de la lutte contre la corruption. Ces recommandations ont également été adressées au Premier ministre Tony Abbott. Le BIAC collabore désormais avec le B20 australien pour s’assurer que les gouvernements accordent une vraie attention à ces recommandations. Représentant la communauté d’affaires internationale, le BIAC continue de participer pleinement aux consultations sur le Plan d’action sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert des bénéfices (BEPS), projet crucial pour le G20 et l’OCDE, qui devrait s’achever durant la présidence turque du G20 en 2015. Il devrait notamment permettre une amélioration du cadre fiscal international afin qu’il n’entrave pas mais encourage les échanges et investissements internationaux, et à une Norme commune de déclaration fonctionnelle, déterminante pour l’homogénéité internationale des régimes fiscaux. Le BIAC se félicite que l’OCDE et les pouvoirs publics reconnaissent la nécessité de régimes efficients, efficaces et administrables pour appliquer cette norme.

Les organisations membres et observatrices issues des pays de l’OCDE et du G20 ont confié au BIAC un vaste mandat, et il peut partager son expertise dans bien des domaines actuellement examinés par le G20. Nous restons convaincus que l’OCDE est idéalement placée pour conseiller le G20 sur l’efficience des marchés, la compétitivité, l’investissement et la croissance durable, et que les engagements sur la croissance pris par le G20 en Australie ne se concrétiseront que si les recommandations du B20 sont prises en considération. Aujourd’hui, nous attendons beaucoup de la présidence turque du G20 et du B20, et nous ne doutons pas que l’investissement figurera parmi les priorités. Lors du Sommet du B20 de Sydney, nous avons souligné que la continuité et la cohérence dans le processus du G20 étaient essentielles. Soutenu par ses membres, le BIAC est prêt à apporter une contribution équilibrée et ciblée au B20 en Turquie et à appuyer les travaux de l’OCDE pour des politiques meilleures, des entreprises meilleures et une vie meilleure.

Références

BIAC (2014), Economic Policy Survey 2014: Structural Reforms and Implementation

OCDE (2014), Réformes économiques 2014 : Objectif croissance, rapport intermédiaire, Éditions OCDE, Paris, http://dx.doi.org/10.1787/growth-2014-fr

© L'Observateur de l'OCDE n°300, T3 2014




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