Présidence australienne du G20 : Des bénéfices partagés

Heather Smith, Sherpa de l’Australie pour le G20 ©G20 Australie

À chaque présidence du G20 ses propres défis. Il faut bien entendu faire face aux conditions économiques mondiales, mais aussi poursuivre les efforts engagés et ne pas manquer les occasions de faire avancer les réformes lorsqu’un consensus est possible entre les membres.

En prenant la présidence, l’Australie savait que le G20 se trouvait à un moment charnière. Pour qu’il demeure le premier forum international de coopération économique, nous devions obtenir des résultats concrets, les afficher clairement et faire en sorte que ses membres s’engagent à prendre des mesures efficaces pour l’économie mondiale.

Notre ambition à Brisbane est d’amener les dirigeants à aborder les problématiques incontournables pour atteindre une croissance réelle et durable. Mais chaque minute nous est comptée. C’est pourquoi l’Australie a prévu un ordre du jour serré poursuivant plusieurs objectifs : promouvoir une accélération de la croissance et une amélioration de l’emploi, notamment en stimulant les investissements et les échanges ; accroître la résilience de l’économie mondiale pour qu’elle résiste mieux aux aléas qui menacent sa stabilité ; et veiller à ce que les institutions mondiales dans le monde répondent aux exigences de notre siècle.

Sans être en situation de crise, nous restons confrontés à des perspectives économiques difficiles à l’échelle planétaire : le Fonds monétaire international et l’OCDE ont révisé leurs prévisions mondiales pour 2014 et 2015, et l’Organisation mondiale du commerce a récemment revu ses attentes concernant les échanges internationaux à la baisse.

Malgré cela, un long chemin a été parcouru cette année. Les membres du G20 ont défini plus de 900 nouvelles mesures pour atteindre leur objectif de rehausser le PIB de plus de 2 % sur les quatre prochaines années. Un grand pas a été fait pour combler le déficit d’investissement dans les infrastructures lorsqu’a été approuvée l’Initiative mondiale pour les infrastructures, un programme de travail pluriannuel visant à mobiliser des investissements de meilleure qualité dans ce domaine à l’échelle mondiale.

Grâce aux travaux de l’OCDE, nous savons que les échanges mondiaux sont en pleine mutation et que nos politiques doivent s’adapter pour nous permettre de tirer le meilleur parti possible de l’émergence des chaînes de valeur mondiales. De nombreuses réformes du G20 contribueront à réduire le coût des échanges pour les entreprises et à rationaliser les procédures douanières, ce qui allégera les lourdeurs réglementaires et améliorera l’efficience des services.

Notre action en faveur de la présence des femmes dans la population active recueille une large adhésion puisque les ministres du Travail et de l’Emploi du G20 invitent les dirigeants de ces économies à s’efforcer de réduire de 25 % l’écart entre le taux d’activité des hommes et celui des femmes d’ici à 2025 dans leur pays. Ainsi, plus de 100 millions de femmes pourraient rejoindre la population active, rendant la croissance plus solide et plus solidaire.

Sur le front de la fiscalité, en étroite collaboration avec l’OCDE et en consultation avec les pays en développement, le G20 a obtenu des avancées notables vers un meilleur respect des obligations fiscales des personnes physiques et morales. Nous avons pris des mesures pour assurer la transparence, l’intégrité et l’équité du système fiscal international, notamment en approuvant une Norme commune d’échange automatique de renseignements entre les autorités fiscales nationales.

Des défis nous attendent dans l’avenir. Certaines questions resteront délicates à régler sur le plan national pour les membres. C’est là que la volonté politique des dirigeants et l’adhésion de leurs administrés sont essentielles. Par la voix de l’Australie, le forum a donc interrogé partenaires sociaux, société civile, chefs de file de la jeunesse et leaders d’opinion, qui ont apporté de précieuses contributions.

Nous nous sommes également entretenus avec des pays non membres, et notamment des pays en développement, sur l’importance et la pertinence que peuvent avoir les travaux du G20 pour eux. Actuellement, la croissance mondiale est avant tout tirée par les économies en développement et émergentes. C’est pourquoi le G20 s’engage pour une croissance solide, durable et équilibrée, à laquelle les pays en développement peuvent contribuer et dont ils peuvent bénéficier.

Nous devons rendre des comptes sur les engagements pris en 2014 et nous ferons le nécessaire pour assurer une mise en œuvre transparente des mesures prévues par chaque membre du G20 dans sa stratégie de croissance. Nous sommes conscients que le G20 ne restera le premier forum économique mondial que s’il emporte l’adhésion des citoyens de tous pays, car il œuvre in fine dans l’intérêt de tous à travers la planète.

Le monde entier attend du Sommet de Brisbane qu’il change réellement le cours des choses. Le Sommet unira tous nos efforts. Les dirigeants adopteront le Plan d’action de Brisbane, fixant ainsi nos stratégies de croissance et les mesures à mettre en œuvre pour atteindre notre objectif en la matière.

L’Australie a mené une action concertée pour que le G20 ait un impact à long terme sur les défis économiques mondiaux en rehaussant la croissance et en créant des emplois de qualité. Nous nous sommes efforcés de nouer des relations de confiance entre les groupes et entre les individus, car c’est là le terreau d’une coopération fructueuse. Nous espérons avoir ainsi amélioré l’efficacité du G20 et passer à la Turquie les rênes d’un forum dont la préoccupation première est d’agir concrètement sur les problématiques essentielles.

Ce fut un honneur pour l’Australie d’accueillir le G20 en 2014. Convaincus de l’importance de ce forum, nous avons fait notre possible pour que le Sommet de Brisbane produise des résultats concrets. Son issue rendra compte des efforts déployés par l’ensemble des membres, invités et partenaires du G20 qui ont œuvré à nos côtés pour atteindre nos objectifs communs dans un véritable esprit de coopération. Les travaux des organisations internationales, en particulier de l’OCDE, ont été essentiels pour nous aider à comprendre les problèmes auxquels nous sommes confrontés et évaluer nos progrès. Je les remercie de leur précieux concours à l’action du G20.

Je suis honorée d’avoir été Sherpa pour le G20 durant la présidence de l’Australie, et je suis convaincue que nous pourrons nous enorgueillir de réelles avancées à l’issue du Sommet. Je souhaite adresser mes remerciements à tous ceux qui ont participé à la présidence australienne du G20 pour avoir montré au monde ce que nous pouvions faire pour agir sur des problématiques qui concernent l’humanité tout entière.

www.g20.org/about_g20/sherpa_dr_heather_smith

© L’Observateur de l’OCDE n°300, T3 2014




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