L’Australie et le G20 : Des engagements aux résultats

2014 Joe Hockey

Ces dernières années ont apporté leur lot d’épreuves. Lorsque l’Australie a pris la présidence du G20, voici bientôt un an, l’économie mondiale se remettait encore de l’une des plus graves crises de l’ère moderne.

Dans ce contexte, nous avons orienté la présidence australienne du G20 vers la mise en place de mesures concrètes pour soutenir la croissance et l’emploi. Nous avons également choisi d’accroître la résilience de l’économie mondiale en instaurant un système financier plus robuste, plus sûr, et en renforçant la transparence et l’équité du système fiscal international.

Le rétablissement de la croissance dans le monde appelle néanmoins des efforts partagés, et nous avons retenu, en février à Sydney, l’objectif ambitieux de 2 % de croissance supplémentaires du PIB mondial d’ici à 2018. Nos stratégies de croissance audacieuses permettront des investissements de meilleure qualité et des réformes structurelles dans les domaines clés de l’emploi, des échanges et de la concurrence.

En septembre, les membres du G20 avaient déjà défini plus de 900 mesures qui permettraient d’obtenir 1,8 % de croissance supplémentaire. Nous avons ainsi parcouru 90 % du chemin vers notre objectif, mais beaucoup reste à faire pour atteindre l’objectif de 2 %.

Nos engagements resteront toutefois inutiles à défaut de résultats tangibles. En conséquence, nous assurerons un suivi de la mise en place des mesures et conduirons des examens par les pairs, suivant une approche de responsabilité mutuelle des pays membres. L’OCDE, le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres organisations internationales apporteront une contribution précieuse à cet égard.

La relance des investissements dans les infrastructures est centrale pour nos stratégies de croissance. Je suis donc très heureux que le G20 ait approuvé une Initiative mondiale pour les infrastructures, qui prévoit des engagements individuels des pays afin d’établir un climat national favorable aux investissements, et des actions conjointes pour que les projets d’infrastructures deviennent une catégorie d’actifs en tant que telle, pour améliorer la planification et la préparation des projets et réduire l’asymétrie de l’information. Une Plateforme mondiale pour les infrastructures soutiendra cette grande initiative pluriannuelle.

Le secteur privé, les banques de développement et les organisations internationales ont souligné que ce mécanisme est essentiel pour répondre aux enjeux actuels en matière d’infrastructures.

Concernant la résilience, également à l’ordre du jour, nous avons déjà adopté la plupart des mesures destinées à corriger les vulnérabilités révélées par la crise financière. Conformément à nos grands engagements, nous avons agi pour renforcer la résilience des établissements financiers, résoudre la question des établissements d’importance systémique, contenir les risques liés au système bancaire parallèle et accroître la transparence des marchés dérivés. Le système financier international est aujourd’hui plus solide, offrant un atout supplémentaire à la croissance. Nous nous consacrerons désormais à mettre en œuvre nos engagements et à contrôler les risques nouveaux et émergents.

La fiscalité n’est pas en reste, grâce à notre programme mondial très ambitieux de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales. L’OCDE a d’ailleurs joué un rôle essentiel dans la mise en place de ce programme.

Nous avons nettement avancé sur sept des 15 actions du plan G20/OCDE de lutte contre l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS). Ce plan d’action biennal permettra de préserver les assiettes fiscales des États, mais aussi de faire entrer la réglementation fiscale dans le XXIe siècle et nous assurer qu’elle reste en phase avec les mutations des modèles économiques des entreprises multinationales.

Nous avons en outre approuvé la Norme commune d’échange automatique de renseignements à des fins fiscales, qui permettra aux autorités fiscales de disposer des informations nécessaires pour identifier et confondre les fraudeurs. Lors de notre réunion à Cairns, nous avons résolu d’appliquer rapidement cette norme et appelons les centres financiers à en faire autant.

Nous poursuivrons également notre travail auprès des pays en développement pour veiller à ce qu’ils bénéficient également de ces initiatives fiscales.

Cette année, nous avons indéniablement accompli de grands progrès pour relever les défis communs auxquels nous sommes confrontés.

L’Australie, bien que comblée par 23 années de croissance ininterrompue, doit elle aussi répondre à des défis considérables tandis qu’elle entreprend une mutation économique majeure. En effet, sa croissance, jusqu’ici tirée par les investissements dans le secteur des ressources naturelles, se redéploie progressivement autour de nouveaux moteurs de l’activité dans des secteurs non liés aux ressources.

Durant cette mutation, nous avons veillé à soutenir activement la croissance interne, par des mesures favorisant la viabilité budgétaire, renforçant la confiance des entreprises et créant un environnement propice à l’investissement et à la compétitivité.

Nous recueillons les premiers fruits de ce travail, puisque des données récentes soulignent une accélération de la croissance, mais il convient de continuer sur notre lancée. L’Australie et la communauté internationale doivent poursuivre leurs efforts pour replacer la croissance mondiale sur une trajectoire durable : c’est l’objectif majeur du programme de travail du G20.

Ce fut un honneur pour l’Australie d’assurer la présidence du G20 en 2014, et pour moi-même en tant que co-président des réunions des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20. Nos premiers résultats sont très encourageants. Nous devons donc maintenir cette dynamique et mener à bien les réformes : c’est le combat qui nous anime, car notre réussite transformera la vie de nos concitoyens.

Références

www.G20.org www.treasury.gov.au

www.oecd.org/australia

© L’Observateur de l’OCDE n°300, T3 2014

Lire aussi :

Pourquoi la réforme est la solution

Emploi, chômage et action publique




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