L'Irlande sur le chemin de la reprise

Le Premier ministre irlandais, Enda Kenny ©Eric Piermont/AFP

Après trois années de sacrifices, de dur labeur et de réformes difficiles, l’Irlande s’est libérée des profondeurs de la crise financière pour devenir l’une des économies européennes les plus florissantes  et l’un des pays les plus accueillants pour les entreprises. 

L’économie irlandaise crée actuellement près d’un millier d’emplois chaque semaine, les exportations nationales atteignent des records, et plus de 1 200 entreprises ont choisi l’Irlande comme siège stratégique de leurs activités en Europe.

L’Irlande était l’un des pays européens les plus affectés par la crise. Après quasiment deux décennies de croissance économique, l’effondrement du secteur bancaire et du marché du logement irlandais, ainsi que le déclenchement de la crise dans la zone euro, ont conduit le pays à s’engager dans un programme d’aide financière auprès de l’Union européenne et du Fonds monétaire international, pour un montant total de près de 85 milliards EUR.

Ayant durement ressenti les dommages sociaux et financiers profonds provoqués par la crise mondiale, le gouvernement irlandais s’est concentré sur un objectif prioritaire clair : redresser le pays. Des décisions difficiles ont dû être prises dans le cadre des efforts déployés pour stabiliser l’économie et rétablir le secteur bancaire, tout en assainissant les finances publiques. L’Irlande est le premier pays à être sorti, le 15 décembre 2013, du programme de renflouement de la Troïka.

Ce jour historique a marqué le rétablissement de la souveraineté économique de l’Irlande, et grâce à des réformes progressives, nous n’avons cessé de nous renforcer. Le chômage est tombé à 10,7 % en 2014, alors qu’il culminait à 15,1 % en 2012. Nous nous sommes tournés à nouveau, avec succès, vers les marchés obligataires, sur lesquels nous avons levé près de 8 milliards EUR de fonds cette année, à des taux historiquement bas, et toutes les grandes agences d’évaluation financière ont relevé notre note dans la catégorie investissement au niveau que nous connaissions avant la crise. Les Perspectives économiques de l’OCDE prévoient une croissance supérieure à 3 % en 2015 et 2016 en Irlande, confirmant la présence d’une reprise large et vigoureuse.

Mais nous n’avons pas fini, et ce n’est pas le moment de verser dans l’autosatisfaction, compte tenu des nombreux défis qui attendent la communauté internationale. Si nous avons accompli d’importants progrès, nous ne pouvons pour autant sous-estimer les sacrifices consentis par les Irlandais pour préserver l’avenir économique de leur pays, et nous avons l’obligation de veiller à ce que les bénéfices de la reprise soient partagés par l’ensemble de la société irlandaise.

Lorsque les dirigeants mondiaux se réuniront à Davos en janvier 2015 à l’occasion du Forum économique mondial, certains représenteront des pays dont l’activité économique a reculé ou stagné depuis sept ans. En outre, l’extrême faiblesse de la croissance dans la plus grande partie de l’UE pose des problèmes économiques, politiques et sociaux. Si nous espérons tous que le pire est désormais passé, de lourdes incertitudes demeurent alors que nous entrons dans un nouvel environnement économique et financier, irrémédiablement altéré par la crise et représentant des risques et des difficultés pour cette fragile reprise. Seule une compréhension commune de ce « Nouveau contexte mondial » (thème du Forum de Davos) économique, social et politique permettra aux dirigeants de définir des mesures efficaces pour soutenir une croissance économique durable et équitable.

Une prise de décision éclairée s’appuiera toujours sur les meilleurs conseils disponibles, et c’est à juste titre que l’Irlande nourrit la plus haute considération pour les avis indépendants de l’OCDE. Depuis sa création en 1961, l’Organisation a joué un rôle important dans le développement économique et social de l’Irlande, lui apportant son expertise en matière de réformes structurelles et de formulation de nouvelles politiques sociales et du marché du travail. L’OCDE a récemment aidé le gouvernement irlandais à mettre en place son dispositif de garantie pour la jeunesse et à réexaminer le Plan d’action national pour l’emploi, qui ont directement contribué à la création de 61 000 emplois pour la seule année 2013 et devraient se traduire par de nouvelles embellies en 2014 et 2015.

L’Irlande collabore actuellement avec l’OCDE à un examen de sa stratégie nationale d’innovation, à des travaux sur l’accès des PME au financement et à un renforcement de ses politiques régionales. Par ailleurs, nous participons activement au projet de l’OCDE sur l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices (BEPS), et l’Irlande a pris des mesures concrètes pour combler les failles exploitées par des multinationales à des fins d’évasion fiscale. Un pays seul ne peut cependant mettre fin à la planification fiscale agressive ; c’est pourquoi une coopération internationale plus étroite, fondée sur l’expertise de l’OCDE, est nécessaire pour s’attaquer correctement à ce problème.

Je voudrais également saluer les travaux menés par le Centre de développement et le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE. Le développement et l’aide humanitaire sont des domaines d’action prioritaires pour le gouvernement irlandais, et les examens par les pairs de l’OCDE du programme d’Irish Aid sont cruciaux pour en assurer l’efficacité et en identifier les domaines à améliorer. Dans son récent rapport, le CAD a fait l’éloge du programme irlandais d’aide, signalant que le pays restait à la pointe de la lutte contre la faim, la pauvreté, et de l’aide à la survie et à l’essor des populations les plus pauvres de la planète.

L’Irlande poursuivra la mise en œuvre de son plan de relance économique afin de rétablir le plein emploi et de conserver son avantage concurrentiel en tant que l’un des pays les plus propices à l’investissement. Bien que notre économie enregistre l’une des croissances les plus rapides d’Europe, nous devons achever le déploiement de nouvelles réformes de façon à assurer les meilleures conditions pour améliorer encore l’activité économique et la création d’emplois, tout en garantissant la qualité des services publics et l’équité sociale. Nous avons considérablement avancé au cours des trois dernières années, et notre tâche n’est pas achevée. Mais le message est clair : l’Irlande est résolument engagée sur la voie de la reprise.

Voir www.taoiseach.gov.ie/eng

© L’Observateur de l’OCDE n°301, T4 2014

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