Une aide fragile

Les pays en développement forment un vaste groupe. En haut de l’échelle, de grandes puissances émergentes telles que le Brésil et la Chine. En bas, un ensemble pauvre appelé États fragiles, comme l’Afghanistan et la Somalie. Ces États manquent de moyens pour assurer des fonctions fondamentales de gouvernance ou établir des relations constructives avec la société. Ils abritent la moitié des enfants privés d’accès à l’école primaire dans le monde et la moitié de ceux qui meurent avant leur cinquième anniversaire. Les dix prochaines années, ces pays, sources d’instabilité avec des conséquences régionales voire internationales, seront les principaux champs de bataille dans la guerre contre la pauvreté mondiale.

Fragile States, Resource Flows and Trends fait le point sur l’évolution du concept de fragilité, analyse les flux financiers vers et dans les États fragiles entre 2000 et 2010, et décèle les tendances et les questions susceptibles d’influer sur la fragilité dans les prochaines années.

D’ici 2015, les États fragiles regrouperont la moitié des citoyens du monde vivant avec moins de 1,25 dollar par jour. Depuis les années 1990, de puissants facteurs affectent les causes et les manifestations de la fragilité, notamment l’aspiration à la démocratie, les nouvelles technologies, les mutations démographiques et le changement climatique. Ces cinq dernières années ont été particulièrement agitées, notamment avec la crise alimentaire, énergétique et financière de 2008 et le Printemps arabe (toujours en cours).

Ces événements ont influencé le débat international sur la nature, la pertinence et les conséquences de la fragilité. Il ressort clairement que les apports d’aide nécessaires sont souvent plus instables pour les États fragiles que pour les autres. En effet, ces dix dernières années, chaque État fragile a au moins connu une crise en lien avec ces apports – une variation de plus de 15 % de l’aide publique au développement par habitant. Gérer l’aide est un autre problème. Les « chouchous » des donneurs tels que le Kenya et même l’Afghanistan, qui reçoivent de gros apports de la part de plusieurs donneurs, peuvent rencontrer des difficultés à coordonner l’utilisation des fonds. À l’inverse, des pays comme la République du Congo ou l’Iraq dépendent d’un seul donneur pour plus de la moitié de leur aide. Or, compter sur trop peu de pays peut rendre les bénéficiaires particulièrement vulnérables aux changements de politiques chez les donneurs.

Voir OCDE (2013), Fragile States: Resource Flows and Trends, Éditions OCDE, ISBN: 9789264190399

Voir aussi www.oecd.org/fr/developpement/incaf

©L'Observateur de l'OCDE n° 295, T2 2013




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