Erreurs de projections

©Brendan McDermid/Reuters

Quand la pire crise depuis plus de 50 ans a frappé les pays de l’OCDE en 2008, les citoyens ont légitimement demandé pourquoi ils n’avaient pas été prévenus. En effet, le monde de l’information ne manque pas d’économistes, d’opérateurs de marché internationaux et d’experts scrutant les marchés, et des organisations internationales comme l’OCDE ou le FMI sont chargées de ce que l’on appelle la surveillance économique. Pourtant, comme l’ancien économiste en chef de l’OCDE Klaus Schmidt-Hebbel l’a écrit dans L’Observateur de l’OCDE (n° 270-271, décembre 2008-janvier 2009), la faillite de Lehman Brothers a pris les économistes et les opérateurs totalement au dépourvu. Pourquoi n’ont-ils rien vu venir ?

Soyons justes : certains experts, notamment à l’OCDE, avaient averti des dangers de la bulle immobilière et du risque de propagation de la crise à d’autres catégories d’actifs. Mais l’OCDE s’était finalement ralliée au consensus : la situation n’était pas aussi grave qu’elle en avait l’air.

Ce document de travail propose une analyse des projections de croissance du PIB et de l’inflation établies par l’OCDE depuis le début de la crise financière mondiale, en se demandant ce qui a mal tourné et quels enseignements en tirer. Les auteurs constatent que les projections de l’OCDE ont à plusieurs reprises surestimé la croissance et n’ont anticipé ni l’ampleur du ralentissement ni l’atonie de la reprise, des erreurs commises par de nombreux autres prévisionnistes, soulignent-ils. Parallèlement, l’inflation a été généralement plus forte que prévu. L’analyse des erreurs relatives à la croissance indique que les projections de l’OCDE pendant les années de crise étaient plus élevées dans les pays ouverts aux échanges internationaux et accueillant de nombreuses banques étrangères. L’hypothèse répétée que la crise de la zone euro se stabiliserait ou s’atténuerait a été responsable des projections de reprise trop optimistes, avec une croissance plus faible que prévu en Europe où les écarts des rendements obligataires étaient plus amples que ce qui était anticipé. Selon les auteurs, des erreurs comparables ont été commises lors du premier choc pétrolier des années 1970. L’OCDE et d’autres organisations internationales ont cependant cherché à améliorer leurs techniques et procédures prévisionnelles, en faisant notamment plus attention aux évolutions à court terme, aux interdépendances internationales et aux marchés de capitaux.

Pain, N. et al. (2014), « OECD Forecasts During and After the Financial Crisis: A Post Mortem », document de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE n° 1107, Éditions OCDE.


Voir www.oecd-ilibrary.org/economics/?site=fr

©L'Observateur de l'OCDE n° 298, T1 2014






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