Le Japon en Asie du Sud-Est

Il est essentiel, pour l’OCDE, de renforcer ses liens avec l’Asie de l’Est et du Sud-Est.

Après les accords du Plaza de 1985 et l’appréciation sensible du yen qui a suivi, l’investissement des entreprises japonaises en Asie de l’Est a explosé. À cette époque, plusieurs unités de production japonaises ont été établies en Asie du Sud-Est, notamment en Thaïlande, en Indonésie, aux Philippines et en Malaisie. Dans les années 1990 et 2000, les technologies et le savoir-faire des entreprises japonaises se sont progressivement enracinés dans la région. Ainsi, lorsqu’elle s’est installée en Asie du Sud-Est, l’industrie automobile importait ses pièces, pour ensuite s’approvisionner de plus en plus au niveau local.

Suite à la réduction graduelle des droits de douane sur les produits industriels en Asie du Sud-Est et au développement des réseaux de distribution et de communication à cette période, plusieurs pays ont commencé à fabriquer des pièces et des produits. C’est ainsi que les entreprises japonaises ont étendu la chaîne de valeur à la région entière.

Les statistiques publiées par l’OCDE sur les échanges en valeur ajoutée (ÉVA) illustrent le développement de la chaîne de valeur à l’échelon mondial et laissent entendre qu’à l’heure de la mondialisation, les accords bilatéraux de libre-échange ne suffisent plus.

À l’aube du XXIe siècle, le Japon a signé un accord de partenariat économique avec Singapour (2002), suivi par des accords bilatéraux de partenariat économique avec la Malaisie (2006), la Thaïlande (2007), l’Indonésie, le Brunei et les Philippines (2008), puis le Vietnam (2009). En 2008, l’Accord de partenariat économique entre le Japon et l’ASEAN (AJCEP) a été signé par l’ensemble des pays de l’ASEAN, mais cela ne suffit pas. La prochaine étape est la mise en place d’une zone de libre-échange intégrant la totalité de la chaîne de valeur régionale.

À cet égard, il faut promouvoir l’intégration économique en Asie de l’Est : l’ASEAN a signé des accords de libre-échange avec la Chine, la Corée et d’autres pays en plus du Japon, et envisage d’établir d’ici fin 2015 la Communauté économique de l’ASEAN. À cela s’ajoute l’Accord de libre-échange entre la Chine, le Japon et la Corée, et le Partenariat économique intégral régional (RCEP) qui comprend l’ASEAN et six autres pays. C’est une des étapes menant à une Zone de libre-échange pour la région Asie-Pacifique (FTAAP), qui aura la même ampleur que l’APEC.

Pour que ce type d’intégration économique en Asie de l’Est soit efficace et aboutisse à une croissance économique soutenue et équilibrée, il est nécessaire de renforcer la connectivité dans toute la région et d’établir une infrastructure à la fois « matérielle » et « immatérielle », tout en promouvant l’intégration économique.
L’infrastructure « matérielle » inclut, par exemple, la nécessité de remettre en état le Couloir économique Est-Ouest dans la région du Mékong et le Couloir économique Sud, et d’améliorer la distribution en modernisant les ponts. Le Japon y a contribué par le biais d’une aide financière et d’une coopération technologique. Pour ce qui est de l’infrastructure « immatérielle », il faut garder à l’esprit la cohérence internationale et réformer complétement les systèmes juridiques des pays de l’ASEAN, y compris les procédures douanières. Là aussi,
le Japon a apporté son aide, en envoyant notamment des spécialistes sur place.

En œuvrant ainsi à l’intégration économique de l’Asie de l’Est, le Japon cherche à se développer en même temps que la région. À cet égard, les ÉVA devraient apporter des indications utiles quant aux modalités d’intégration économique adaptées.

L’intégration économique devrait aider l’Asie de l’Est à s’imposer comme un pôle mondial de croissance. C’est pourquoi l’OCDE doit renforcer ses liens avec cette région, afin de jouer un rôle moteur dans la gouvernance mondiale. En tant que premier pays d’Asie de l’Est à avoir adhéré à l’OCDE, c’est bien sûr au Japon qu’il revient d’établir des passerelles entre l’OCDE et cette région. Le pays préside la Réunion du Conseil de l'OCDE au niveau des ministres de cette année, dont l’un des thèmes sera « Renforcer les liens avec l’Asie du Sud-Est ».
Le Japon devrait saisir l’excellente occasion que représente cette Réunion pour renforcer son rôle.

*Le Keidanren est une confédération d’entreprises japonaises, membre du Comité consultatif économique et industriel auprès de l’OCDE.

Voir www.keidanren.or.jp et www.biac.org

©L'Observateur de l'OCDE n° 298, T1 2014




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