Troubles émergents

©REUTERS/Ueslei Marcelino

Considéré jusqu’à présent comme un modèle en termes de réduction de la pauvreté et des inégalités, le Brésil a récemment affronté la colère de centaines de milliers de protestataires de tous horizons, en révolte contre l’inflation et exigeant un meilleur accès aux soins de santé, à l’éducation et aux autres services publics. Les explications de Horacio Levy, analyste à l’OCDE.

Le Brésil a accompli des progrès impressionnants dans la réduction de la pauvreté et des inégalités. Toutefois, en dépit de résultats prometteurs, il reste beaucoup à faire. Les manifestations montrent qu’il faut se garder de tout triomphalisme. Le Brésil demeure un pays où sévit l’inégalité et où la grande majorité de la population n’a pas accès à des services publics de qualité acceptable, en particulier dans la santé, l’éducation et les transports. Le malaise résultant des dépenses engagées par le gouvernement pour la Coupe du monde de football 2014 et la hausse du prix des tickets de transport est le signe d’une forte demande pour une meilleure utilisation des deniers publics, axée sur les besoins de la population.

Pour la classe moyenne émergente, l’enjeu consiste à améliorer l’accès à des services publics de meilleure qualité. Malgré un pouvoir d’achat en hausse, il lui est difficile (sinon impossible) d’accéder aux établissements scolaires et aux hôpitaux (publics et privés) fréquentés par l’élite. Ayant accédé au statut de classe moyenne, cette population estime qu’elle peut légitimement exiger l’accès à des services de qualité.

Depuis peu, le gouvernement brésilien consacre plus de ressources à ces domaines. Les dépenses d’éducation et de santé, en proportion du PIB, ont augmenté ces dix dernières années, passant respectivement de 3,9 % à 5,6 % et de 3 à 4 %, selon les estimations de la Banque mondiale. Toutefois, la qualité des services demeure insuffisante. Des ressources supplémentaires et une meilleure gestion sont nécessaires pour réduire les inefficiences et la corruption.

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• Ces dernières années, le Brésil a progressé en matière de qualité de vie de ses citoyens, la satisfaction à l’égard de la vie des Brésiliens étant généralement supérieure à la moyenne de l’OCDE, d’après l’indicateur du vivre mieux de l’OCDE pour le Brésil, www.oecdbetterlifeindex.org/fr/countries/bresil-fr.

• Le dynamisme économique a aidé quelque 30 millions de Brésiliens à accéder à la classe moyenne ces 10 dernières années, le PIB national n’ayant cessé d’augmenter en dépit de la crise internationale. Cesar Cunha Campos, Directeur exécutif de la Fondation FVG, analyse les raisons de l’optimisme brésilien dans « Au Brésil, des vies meilleures », L’Observateur de l’OCDE n° 290-291, T1-T2 2012, www.observateurocde.org.

• Les jeunes de la classe moyenne urbaine se révoltent au Brésil, en Turquie et dans d’autres pays à forte croissance. Les manifestations peuvent initialement déstabiliser les gouvernements mais pourraient, à terme, renforcer la démocratie, estime Helmut Reisen, ancien directeur de la recherche au Centre de développement de l’OCDE, dans l’article « Emerging middle-class blues » disponible sur www.OECDInsight.org.

Cet article est paru pour la première fois sur www.oecd.org  en juin 2013.

©L'Observateur de l'OCDE n° 295, T2 2013




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