Le Japon et l 'OCDE : célébrer 50 années de progrès

Nous célébrons cette année le cinquantenaire de l’adhésion du Japon à l’OCDE. Le Japon a été le premier pays asiatique à rejoindre notre Organisation le 28 avril 1964, marquant ainsi une étape très importante.

Rejoindre l’OCDE a aussi permis au Japon de retrouver sa place parmi les économies les plus développées du monde, une fois achevée la reconstruction d’après-guerre. Après sa création en 1961, l’OCDE est restée une communauté « atlantique » pendant trois ans, rassemblant l’Europe et l’Amérique du Nord. Avec l’adhésion du Japon, l’OCDE a fait ses premiers pas en tant qu’organisation d’envergure mondiale. Le Japon a enrichi notre horizon de perspectives et d’expériences politiques inédites, et nous a ancrés à l’une des régions les plus dynamiques au monde.

L’adhésion du Japon à l’OCDE s’est faite pendant une période de croissance sans précédent pour le pays, avec presque 10 % de croissance annuelle pendant la majeure partie des années 1960.

Les années 1970 et 1980 ont aussi été marquées par de forts taux de croissance, portés par des innovations majeures dans l’ingénierie, l’automobile et l’électronique. Preuve de ce que l’ingéniosité et la quête de l’excellence dans l’éducation et dans d’autres domaines pouvaient accomplir, le « miracle japonais » allait inspirer toute une génération d’économistes, d’universitaires et de responsables politiques dans les pays membres de l’OCDE. Puis, dans les années 1990, la croissance a sensiblement ralenti suite à l’éclatement d’une bulle spéculative. Les deux décennies suivantes ont été marquées par de sérieuses difficultés : déflation, mécontentement social, niveaux d’endettement public sans précédent. Le Japon a également dû affronter une concurrence accrue sur les marchés d’exportation, à mesure que les économies asiatiques s’ouvraient et consolidaient leur position au sein de l’économie mondiale.

Ce demi-siècle d’adhésion à l’OCDE a vu de nombreuses évolutions positives au Japon, aujourd’hui troisième économie mondiale et deuxième des pays de l’OCDE. Le pays participe activement aux travaux de l’OCDE et a porté avec succès de nombreuses initiatives dans des domaines tels que l’innovation, les compétences, les échanges, l’aide au développement et la gestion des risques. Le Japon joue actuellement un rôle de premier plan dans les relations de l’OCDE avec l’Asie du Sud-Est. Aujourd’hui, les perspectives économiques du Japon se sont nettement améliorées, tout comme la confiance des entreprises et le moral de l’opinion. La stratégie de revitalisation économique du Premier ministre Shinzo Abe (les « trois flèches ») repose sur une politique monétaire audacieuse, une politique budgétaire souple et des mesures ciblées pour relancer la compétitivité par des réformes structurelles, autant d’initiatives qu’il faut saluer. Comme l’explique ce numéro spécial de L’Observateur de l’OCDE, la reprise économique peut être durable si la dette publique est maîtrisée et si les réformes structurelles associées sont activement poursuivies, notamment dans les domaines de la concurrence, du marché du travail et de l’égalité hommes-femmes. De telles mesures sont cruciales pour rétablir la croissance à long terme et relever d’urgents défis sociaux.

Le Japon doit poursuivre ses efforts pour ouvrir son économie et s’intégrer pleinement aux chaînes de valeur mondiales, par le commerce et l’investissement internationaux, mais aussi en cultivant l’innovation et la créativité, caractéristiques de son essor dans la seconde moitié du XXe siècle. Le Japon peut jouer un rôle plus important dans les réseaux d’innovation mondiaux en s’appuyant sur son savoir-faire reconnu dans l’électronique, la robotique, les lentilles optiques, et dans d’autres secteurs particulièrement dynamiques de son économie.

Dans ce numéro, nous rendons aussi hommage à la richesse artistique et architecturale japonaise, qui rayonne bien au-delà de ses frontières. Nous soulignons également la résilience du pays et sa capacité inépuisable à encaisser des chocs économiques et des catastrophes naturelles, et à prospérer.

Le Grand séisme de l’Est du Japon en 2011 en a été la preuve. Ce séisme, le plus puissant que le pays ait jamais connu, a coûté des dizaines de milliers de vies et détruit des régions entières. L’OCDE a épaulé le Japon lors de cette immense tragédie, en le conseillant pendant la reconstruction et en l’aidant à surmonter les difficultés sociales et économiques qui ont suivi.

Cette catastrophe nous rappelle à quel point le peuple japonais est résilient : selon le proverbe, « Après la pluie, la terre sèche toujours » ( ). Au sortir de cette tragédie, le Japon construit une société plus forte et plus résiliente.

C’est pourquoi nous sommes heureux que le Japon préside la Réunion du Conseil au niveau des ministres de 2014 (Paris, 6-7 mai), dont le thème est bien choisi : « Des économies résilientes et des sociétés inclusives : donner à chacun les moyens de l’emploi et de la croissance ». Le Japon nous a prouvé qu’il était non seulement possible de se remettre de catastrophes naturelles extrêmement éprouvantes et de graves difficultés économiques, mais aussi d’en ressortir plus fort. Ces événements nous enseignent également comment l’économie mondiale peut « rebondir » et sortir de la crise la plus grave de notre époque.

Depuis un demi-siècle, le Japon est un exemple pour tous les pays de l’OCDE, et il continue à tirer profit de sa participation aux activités de l’Organisation. Cet échange d’idées et d’expériences est la voie

du progrès. Le cinquantenaire du Japon est un événement pour nous tous. Je vous invite donc à participer aux activités et aux événements de la Semaine de l’OCDE 2014.

www.observateurocde.org/angelgurria

www.ocde.org/secretairegeneral

Voir aussi : www.oecd.org/japon

©L'Observateur de l'OCDE n° 298, T1 2014




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