Le renouveau économique du Japon

Shinzo Abe, Premier ministre du Japon

Shinzo Abe, Premier ministre du Japon

L’année  1964,  il  y  a  exactement  50  ans,  a  été  marquée  par deux événements symbolisant l’achèvement de la période de redressement du Japon après la Seconde Guerre mondiale. L’un était – pour la première fois en Asie – la tenue des Jeux olympiques et paralympiques à Tokyo, l’autre l’adhésion à l’OCDE du Japon, premier pays d’Asie à en devenir membre. Le titre d’un quotidien,

« Le Japon entre enfin dans la cour des grands », montrait à quel point l’adhésion à l’OCDE était emblématique de l’accession du Japon au statut de pays développé.

Pendant une vingtaine d’années, le Japon a souffert de la déflation. Les « trois flèches » que j’ai lancées – politique monétaire agressive, politique budgétaire  souple et stratégie  de croissance favorable à l’investissement privé – ont toutefois permis de redresser l’économie.

La croissance annuelle du PIB au quatrième trimestre 2013 était de 2,6 %. Le ratio offres d’emploi/demandeurs d’emploi, qui avait chuté à 0,42, est remonté à 1,05 en février, soit le plus haut niveau atteint en six ans et demi. Les salaires ont également atteint leur plus haut niveau en dix ans. Le Japon est en train de surmonter la déflation.

L’élément clé de la revitalisation de l’économie japonaise est, comme l’OCDE l’a signalé, le troisième volet : la stratégie de croissance.

Je souhaite créer une société permettant aux femmes de briller. Sous mon administration, la participation active des femmes, plus encore que la politique sociale, est au cœur de la stratégie de croissance.

À cet égard, nous avons décidé que l’année prochaine, au moins 30 % des fonctionnaires de l’administration nationale seront des femmes. J’ai également exhorté les sociétés cotées à faire siéger au moins une femme de plus à leur conseil d’administration.  Encourager l’ascension des femmes dans la société nous permettra d’augmenter notre taux de croissance et de promouvoir une « womenomics ».

Dans de multiples domaines, la créativité, stimulée par un marché libéralisé, suscitera une  innovation dynamique. Dans  chaque région, une grande entreprise monopolise l’ensemble du processus de production, de transport et  de vente de l’électricité. Nous transformerons ce système en marché pleinement concurrentiel dès 2020. Les services médicaux évolueront également. J’ai déjà mis en œuvre une réforme réglementaire dans le domaine de la médecine régénérative pour tirer parti du dynamisme du secteur privé.

Le gouvernement mènera de profondes réformes de la réglementation, notamment dans les grandes villes présentes sur le marché mondial, et d’autres villes suivront. À cette fin, des Zones stratégiques de croissance économique seront bientôt pleinement opérationnelles.

En avril, le taux de l’impôt sur les sociétés a été réduit de 2,4 points de pourcentage. Je  poursuivrai la  réforme de la  fiscalité des entreprises pour l’adapter à une ère où ces entreprises mènent des activités à l’échelle mondiale.

Je m’appliquerai sans relâche à réformer. L’accélération des négociations  sur  les  accords  de  partenariat  économique  (APE) est un élément clé de ma politique de réforme. Le Japon a récemment conclu un accord de fond pour un APE avec l’Australie. La négociation relative au Partenariat transpacifique (TPP), qui instaurera une zone économique unique en Asie-Pacifique, est entrée dans sa phase finale. Nous accélérerons également les négociations sur les APE avec nos partenaires partout dans le monde, comme l’APE Japon-UE, ainsi que l’intégration économique avec les pays d’Asie, à un rythme bien plus rapide que par le passé, via un Partenariat économique régional global (RCEP).

Favoriser une  participation active des femmes, réformer nos régimes réglementaires et promouvoir le libre-échange sont des questions qui seront débattues à la Réunion du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres en mai, sous le thème général « Des économies résilientes et des sociétés inclusives ». Le Japon, qui préside la réunion cette année, attend avec intérêt d’examiner avec les autres pays les moyens d’utiliser au mieux notre stratégie de croissance pour apporter notre contribution à l’économie mondiale, et les mesures nécessaires pour faire des « économies résilientes et des sociétés inclusives » une réalité.

Le Programme régional de l’OCDE pour l’Asie du Sud-Est sera également lancé lors de cette réunion ministérielle. Je suis heureux que l’OCDE s’attache à se défaire de l’image de « club des pays riches » qui lui était parfois accolée, en prenant des mesures pour approfondir son engagement avec des pays du Sud-Est asiatique, qui sont au centre de la croissance mondiale. À l’avenir, le Japon jouera un rôle de passerelle entre les pays d’Asie du Sud-Est et l’OCDE, afin de forger une relation permettant aux deux parties d’apprendre l’une de l’autre.

Je suis convaincu qu’à travers cette initiative du Secrétaire général, M. Angel Gurría, l’OCDE conservera son rôle de premier plan au sein de la communauté internationale en tant que « laboratoire d’actions ».

Voir http://japan.kantei.go.jp/

Voir aussi www.oecd.org/japon

© L’Annuel de l’OCDE 2014




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