Célébrer la croissance économique et le progrès social

Ouvriers ©AFP

L’adhésion du Japon à l’OCDE a marqué son entrée dansle club des pays développés. En 1964, le Japon connaissait une croissance économique fulgurante, et l’objectif des autorités était de rattraper, puis de dépasser les États-Unis et l’Europe. En octobre de la même année, Tokyo a accueilli les premiers Jeux olympiques organisés en Asie et quatre ans plus tard, en 1968, le PNB japonais dépassait celui de l’Allemagne de l’Ouest, faisant du Japon une puissance économique de premier plan, devancée uniquement par les États-Unis.

Cependant, le développement d’un pays ne se mesure pas uniquement à l’aune de l’économie. Pour qu’un pays puisse réellement être qualifié de pays développé, il appartient à son gouvernement, mais aussi aux partenaires sociaux, travailleurs et employeurs, de comprendre et de remplir leurs obligations sociales en tant que membres de cette communauté internationale élargie.

L’OCDE, outre des politiques économiques favorables à la croissance, définit des politiques environnementales et de nombreuses autres normes et orientations, comme la publication Vers une croissance verte (2011) ou les travaux du Comité d’aide au développement (CAD), qui contribuent au développement solide des pays pauvres. Ainsi, les Principes directeurs à l’intention des entreprises multinationales, adoptés en 1976 puis révisés à plusieurs reprises, ont permis d’enrayer le « nivellement par le bas » en appelant les entreprises multinationales, principaux acteurs de la mondialisation, à protéger l’environnement, combattre la corruption et établir de saines relations syndicats/patronat reposant sur le respect des normes fondamentales du travail, et non uniquement sur la défense des actionnaires.

Pour le gouvernement japonais, le renforcement du partenariat entre l’OCDE et les pays asiatiques sera un thème central de la Réunion du Conseil au niveau des ministres de mai 2014, présidée par le Japon. Ce « partenariat » doit non seulement favoriser la croissance économique dans les pays concernés, mais aussi permettre à l’OCDE de vérifier le respect des normes convenues et de favoriser le progrès social en même temps que la croissance économique.

La Stratégie pour l’emploi de 1994 est la politique de l’OCDE qui a le plus marqué les esprits. Face aux neuf recommandations formulées, nous, les syndicats, sommes restés résolument opposés
à l’assouplissement des règles protégeant les travailleurs, qui entraîne une flexibilité accrue du temps de travail, des salaires et des autres coûts du travail, ainsi qu’une révision des dispositions relatives
à la sécurité de l’emploi.

Au risque d’être mal compris, je voudrais faire remarquer que certaines politiques connaissent une certaine vogue, puis se démodent. Entre les décennies 1990 et 2000, la plupart des pays penchaient pour un libéralisme favorable aux marchés, et l’OCDE aussi. Manifestement, l’avènement d’un marché mondial unique après la chute du mur de Berlin en 1989 et l’augmentation de la charge imposée aux États, qui a ensuite pesé sur la croissance, ont amené les décideurs à choisir en priorité de libéraliser autant que possible les entreprises.

Après la récession mondiale qui a suivi la faillite de Lehman Brothers, nous avons constaté que s’en remettre intégralement au marché ne menait ni à la croissance, ni au bien-être. Partout dans le monde, dans toutes les couches de la société, les politiques passées sont réévaluées, et une nouvelle approche est recherchée. L’objectif de « croissance inclusive », souligné par l’OCDE dans Croissance et inégalités et Toujours plus d’inégalités, est maintenant intégré à l’initiative sur les Nouvelles approches face aux défis économiques (NAEC) qui, à partir de recommandations spécifiques, entraînera un changement des paradigmes de l’action publique. Nous espérons que l’initiative NAEC impulsera une dynamique de changement solide.

La Commission syndicale consultative (TUAC) et le Comité consultatif économique et industriel (BIAC) contribuent de manière prospective
et équilibrée au programme de travail de l’OCDE. Ce partenariat social fait parfois apparaître des divergences d’intérêts entre les travailleurs et le patronat, et le processus consensuel peut sembler inefficient. Il est toutefois nécessaire pour concevoir des politiques globalement acceptables par l’ensemble de la société. Dans une optique de faisabilité à long terme des politiques, ce processus est le plus efficace.

Alors que nous célébrons le 50e anniversaire de l’adhésion du Japon à l’OCDE, l’objectif de RENGO est d’édifier une société sûre reposant sur le « travail ». Par le TUAC, nous comptons continuer à participer activement aux activités de l’OCDE.

RENGO est membre de la Commission syndicale consultative auprès de l’OCDE (TUAC). Voir www.jtuc-rengo.org et www.tuac.org.

Voir aussi www.oecd.org/fr/japon

©L'Observateur de l'OCDE n° 298, T1 2014




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