PISA : des progrès

Quel est le niveau scolaire des élèves à l’échelle internationale ? Sont-ils prêts à affronter le monde de demain ? Les données fournies par le Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l’OCDE, qui évalue les compétences des élèves de 15 ans dans le monde entier, sont encourageantes. Bien plus qu’un simple classement, le PISA aide les professionnels de l’éducation, les décideurs et les parents à identifi er clairement les facteurs sociaux, économiques et culturels qui infl uent sur les résultats scolaires. 

Selon les résultats du test PISA réalisé par l’OCDE en 2012, le niveau des élèves de 15 ans a légèrement augmenté par rapport à la première évaluation effectuée en 2000. Sur les 64 pays et économies pour lesquels des données comparables sont disponibles, 40 ont amélioré leur score moyen dans un domaine au moins.

Les élèves d’Asie se distinguent par des performances exceptionnelles. Shanghai (Chine), Hong Kong (Chine) et Singapour se situent en tête du classement dans les trois épreuves (mathématiques, compréhension de l’écrit et sciences). La Corée, classée deuxième en 2009, reste bien placée malgré un léger recul, tandis que le Japon se démarque des autres pays de l’OCDE en compréhension de l’écrit. Quel est le secret de ces bons résultats ? Pour Andreas Schleicher, un engagement résolu en faveur de moyens pédagogiques modernes et l’investissement dans la formation des enseignants jouent un rôle clé (voir page 22).

Comment expliquer les résultats de la Finlande, classée dans les cinq premiers en 2009 et qui a reculé à la 12e place pour les mathématiques en 2012 ? Il semble que la qualité des cohortes soit également un facteur à prendre en compte. En Europe, la Suisse et l’Estonie affi chent aussi de bons résultats, alors que des économies plus importantes comme la France et le Royaume-Uni peinent à se maintenir dans la moyenne. Les États-Unis ne brillent pas non plus par leurs résultats.

Dans les grands pays développés, le creusement de l’écart entre les meilleurs élèves et les moins bons est frappant. Cette situation peut refl éter des questions sociales complexes, comme les migrations. Néanmoins, alors qu’ils s’efforcent d’adapter leurs systèmes éducatifs, ces pays pourraient s’inspirer des Pays-Bas, bien classés dans tous les domaines.

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Instantanés par pays

Shanghai s’illustre en maths
Les élèves de Shanghai (Chine) sont premiers du classement PISA 2012 en mathématiques, confirmant ainsi les bons résultats de 2009. Ils sont également très bien classés en lecture et en sciences parmi les pays et les économies membres ou non de l’OCDE. En mathématiques, les élèves de Shanghai ont près de trois années d’avance sur la moyenne de l’OCDE. 

Le Japon, solide à l’écrit
Le Japon obtient le meilleur score des pays de l’OCDE en compréhension de l’écrit, suivi de près par la Corée. En Europe, la Finlande, l’Irlande et la Pologne enregistrent les meilleurs résultats en compréhension de l’écrit, tout comme le Canada pour le continent américain. Le Japon est aussi n°1 en sciences pour la zone OCDE.

France : les écarts se creusent
Les résultats des élèves français en mathématiques se sont dégradés par rapport à 2003, pour s’inscrire désormais dans la moyenne. Les résultats des élèves les moins performants ont reculé. Il est préoccupant de constater que les élèves issus de milieux favorisés ont progressé par rapport à 2003, contrairement aux élèves issus de familles plus modestes, dont les résultats ont baissé. Selon le ministre français de l’Éducation, M. Vincent Peillon, accompagner les élèves les plus en difficulté constitue l’un des principaux défis de la réforme de l’éducation.

Allemagne : des progrès
Pour la première fois, les élèves allemands ont des résultats supérieurs à la moyenne de l’OCDE dans tous les domaines. Avec le Mexique et la Turquie, l’Allemagne est le seul pays qui a réussi à améliorer ses résultats en mathématiques et à réduire les écarts depuis 2003, grâce aux progrès accomplis par les élèves les moins performants. Aujourd’hui, les élèves qui ne maîtrisent pas les savoirs les plus fondamentaux sont bien moins nombreux.

Pologne : les moins bons élèves s’améliorent
En Pologne, la proportion d’élèves peu performants en mathématiques a diminué de 8 points pour atteindre 14 % environ en 2012, contre 20 % en moyenne dans la zone OCDE. Les élèves qui n’ont pas acquis les savoirs fondamentaux rencontrent généralement des difficultés tout au long de leur vie, et les économies nationales souffrent également lorsqu’une forte proportion de travailleurs manque des compétences de base.

Le Brésil en hausse
Le Brésil fait partie des rares pays où les résultats des élèves ont sensiblement progressé. Son score moyen en mathématiques a augmenté de 35 points entre les enquêtes PISA 2003 et 2012, ce qui équivaut presque à une année d’études (41 points). Parmi les autres pays qui ont participé aux enquêtes 2003 et 2012, 25 ont amélioré leurs scores en mathématiques, 25 sont restés stables et 14 ont reculé.

Comparez les performances de chaque pays au moyen de la carte interactive : www.compareyourcountry.org/chart?project=pisa

Tendances globales

Les garçons sont meilleurs en maths, les filles en lecture
En général, les garçons surpassent les filles en mathématiques, l’écart le plus prononcé étant enregistré en Colombie. En revanche, les filles surpassent les garçons en compréhension de l’écrit, tandis que leurs résultats sont comparables en sciences. Néanmoins, dans 28 des pays ayant participé à l’enquête PISA 2012, les filles ont fait au moins aussi bien que les garçons en mathématiques.

Les résultats reflètent les inégalités sociales…
Dans les pays de l’OCDE, les élèves issus de familles aisées ont près d’une année d’avance sur leurs camarades d’origine plus modeste. Mais certains pays de l’OCDE, comme l’Australie, parviennent à réduire cet écart tout en ayant de bons résultats d’ensemble.

… mais les obstacles socioéconomiques peuvent être surmontés
Près de 6,5 % des élèves de l’OCDE sont « résilients », c’est-à-dire qu’ils réussissent à surmonter leur handicap socioéconomique pour surpasser les attentes. À Hong Kong (Chine) et dans plusieurs autres économies d’Asie de l’Est, la proportion d’élèves résilients est encore plus élevée (50 % au moins des élèves défavorisés).

Les systèmes scolaires stratifiés sont moins efficients
On observe une corrélation négative entre la stratification des systèmes scolaires, qui résulte de mesures comme le redoublement ou l’orientation précoce dans différentes filières ou types d’établissements, et l’équité. Par ailleurs, dans les systèmes très stratifiés, les élèves sont souvent moins motivés.

Le retard des élèves migrants diminue
Entre 2003 et 2012, la proportion d’élèves issus de l’immigration dans les pays de l’OCDE a augmenté de 3 points, à 12 %. Parallèlement, l’écart entre leurs résultats et ceux des élèves autochtones a diminué. Le Canada, qui compte une importante population immigrée, affiche des résultats supérieurs à la moyenne de l’OCDE.

L’attitude des élèves est cruciale
Le Mexique est le pays de l’OCDE qui compte la plus forte proportion d’élèves déclarant se sentir bien à l’école. Dans tous les pays, la plupart des élèves déclarent se sentir chez eux à l’école, même si la proportion est plus élevée (85 %) parmi les élèves issus de milieux favorisés que chez les élèves d’origine modeste (78 %). OCDE (2013), Résultats du PISA 2012 : Savoirs et savoir-faire des élèves, Éditions de l’OCDE.

Les résultats et principales conclusions de l’enquête PISA de l’OCDE sont disponibles sur le site www.oecd.org/pisa/keyfindings/pisa-2012-results.htm .

Pour plus d’informations sur l’enquête PISA 2012, notamment des données par pays et des vidéos, voir www.oecd.org/pisa

© L’Observateur de l’OCDE n° 297 T4 2013




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