Pour un avenir résilient, inclusif et plus vert

Angel Gurria

Après la pire crise de ces cinquante dernières années, la reprise s’imposera-t-elle enfin en 2014 ? Plusieurs signes encourageants le laissent penser, notamment aux États-Unis, où la croissance devrait atteindre 3 % cette année. L’activité reprend également en Europe, au Japon et en Chine. L’Irlande vient de sortir du plan d’aide piloté par le FMI, l’UE et la BCE. 

Le chômage devrait cette année refluer lentement dans la zone OCDE, qui compte toutefois 13 millions de chômeurs de plus qu’en 2008. L’accord historique conclu par l’Organisation mondiale du commerce à Bali en décembre dernier stimulera probablement les échanges. Ces bonnes nouvelles contribueront à restaurer la confiance du public et à alimenter la reprise mondiale.

La conjoncture internationale reste toutefois fragile. Si les principaux indicateurs révèlent des signes d’amélioration dans la plupart des économies les plus avancées, les perspectives des économies émergentes restent en-deçà des projections de croissance antérieures. Le poids de la dette et du chômage continuera à peser sur l’activité dans la zone OCDE. La fragilité du secteur bancaire de la zone euro et la normalisation des conditions monétaires mondiales pourraient également menacer la reprise. Et l’investissement, moteur important de la croissance, reste en sous-régime dans la plupart des économies matures.

Dans le secteur financier, les efforts doivent se poursuivre pour éviter la prise de risque et l’exposition excessives qui ont conduit à la crise. Si les liquidités sont abondantes sous l’effet de la politique monétaire accommodante menée par les grandes économies mondiales, les conditions de crédit pour les petites et moyennes entreprises restent restrictives. Il faut se féliciter des efforts déployés pour renforcer le système financier mondial et rompre le lien entre les activités des banques et le risque de surendettement des États en Europe, afin que l’amélioration des perspectives financières mondiales se répercute sur l’économie réelle.

La crise nous a durement fait comprendre la nécessité de veiller à ce que la croissance se traduise par un avenir résilient, inclusif et plus vert pour tous. Par le soutien qu’elle a apporté aux programmes de réforme des pays membres et partenaires, l’OCDE était une nouvelle fois, en 2013, au coeur des initiatives multilatérales et des enceintes de dialogue du G20 et du G8. Ses travaux de promotion de la transparence fiscale internationale, en faisant de l’échange automatique de renseignements la nouvelle norme mondiale unique, et ses travaux de lutte contre l’évasion fiscale des entreprises multinationales, dans le cadre du Plan d’action OCDE/G20 concernant l’érosion de la base d’imposition et le transfert de bénéfices, contribueront à instaurer un système fiscal international plus équitable et efficient.

L’OCDE continue de promouvoir une croissance inclusive, de stimuler les compétences et de soutenir les efforts de ses membres pour créer plus d’emplois de qualité, en particulier pour les jeunes. Elle sensibilise également les décideurs publics au rôle de l’investissement dans le capital intellectuel, et à celui des échanges en valeur ajoutée dans les stratégies en faveur de la croissance et du développement. Elle souligne l’importance de participer aux chaînes de valeur mondiales pour stimuler la croissance, et attire l’attention sur des défis mondiaux tels que le changement climatique et le coût de l’inaction dans ce domaine. Pour restaurer la confiance des citoyens dans les gouvernements et les institutions, fortement mise à mal par la crise, l’OCDE s’emploie à favoriser la concurrence, lutter contre la manipulation des marchés, promouvoir l’intégrité dans l’administration publique et combattre la corruption. Les travaux sur la mesure du bien-être livrent des enseignements nouveaux sur les séquelles de la crise, alors que l’intérêt du public pour ce domaine novateur continue de croître : plus d’un million de visiteurs ont consulté en ligne l’indicateur du vivre mieux de l’OCDE.

Ces avancées nous aident surtout à mieux percevoir les défis qui restent à relever. En ce début d’année, nous devons nous inspirer du Président Nelson Mandela récemment disparu et de son action en faveur de la paix, de la coopération et de l’égalité. Clairvoyant quant aux difficultés qu’aurait à surmonter son pays, il avait rappelé qu’ « après avoir gravi une montagne, on découvre invariablement qu’il en reste encore de nombreuses autres derrière ».

En novembre 2013, nous avons commémoré le 50e anniversaire de la mort du Président John F. Kennedy, qui a joué un rôle central dans la création de l’OCDE. Comme il l’avait fait remarquer en ratifiant la convention instituant l’OCDE en mars 1961, « unis, il n’y a guère d’actions qui nous soient impossibles ; divisés, il n’y a guère d’actions que nous puissions entreprendre ». Nous savons d’expérience que la paix et la prospérité sont difficiles à atteindre et facilement perdues. En 2014, une reprise s’annonce qui, bien qu’incertaine, s’affermit de jour en jour. Pour l’entretenir et la pérenniser, la coopération doit guider notre réflexion et nos actions. C’est ensemble que nous devons poursuivre notre objectif de construire un monde plus fort, plus sain et plus juste en adoptant « des politiques meilleures pour une vie meilleure ».

Voir www.observateurocde.org/angelgurria et www.oecd.org/fr/apropos/secretairegeneral

© L’Observateur de l’OCDE n° 297 T4 2013




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