Le double visage des prix alimentaires

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La hausse des prix alimentaires, cause de la famine ? On se souvient des émeutes de la faim dans plusieurs pays en 2008, suite à la hausse brutale des prix de certains aliments. Pourtant, si les prix jouent un rôle important, ils ne constituent pas le problème fondamental.

Certes, le problème de la faim a été accentué par le prix élevé des aliments de base. Dans les pays à faible revenu, les dépenses alimentaires représentent généralement 50 % au moins du budget des ménages, 40 % dans les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, comme la Chine et l’Inde. Mais les agriculteurs – qui constituent une forte proportion des populations les plus pauvres dans ces pays – ressentent les effets des prix alimentaires à la fois en tant qu’acheteurs et en tant que vendeurs, et peuvent tirer profit de la hausse des prix.

La majorité des pauvres des régions rurales sont cependant des acheteurs nets de produits alimentaires. Les hausses de prix ont certes accentué les difficultés de ces ménages, mais, à l’échelle mondiale, elles n’en ont pas été la cause déterminante, car les revenus moyens ont aussi augmenté. Il est peu probable que les cours mondiaux des céréales retrouvent leurs niveaux historiquement bas du début des années 2000. D’ailleurs, même lorsque les prix étaient à ces niveaux, la sous-alimentation concernait encore 16 % de la population mondiale, soit plus de 800 millions de personnes. Le défi de l’éradication de la faim dans le monde dépend davantage de l’augmentation des revenus des ménages les plus pauvres que du prix des produits alimentaires.

Voir www.oecd.org/fr/tad/echanges-agricoles

Voir aussi www.oecd.org/developpement

© L’Observateur de l’OCDE n° 296 T3 2013




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