Une cicatrice profonde

La Grande récession − la crise fi nancière, économique et sociale qui a éclaté fi n 2007 – a été l’une des plus longues et des plus profondes des cinquante dernières années. Rien de surprenant, donc, à ce que l’annonce d’une reprise ait été accueillie avec un tel enthousiasme. Mais cette reprise sera-t-elle assez solide pour permettre aux économies de l’OCDE de retrouver toute leur puissance ?

Il est possible que cela ne soit pas le cas, selon les calculs présentés dans la dernière édition des Perspectives économiques de l’OCDE. La crise a atteint une telle ampleur que la plupart des pays de l’OCDE risquent de ne jamais retrouver leur niveau de production potentielle. Même avec une reprise durable, le PIB pourrait ne pas revenir sur sa trajectoire antérieure.

L’importance de ces pertes est très incertaine, selon le rapport, car certaines réformes pourraient avoir amplifi é les effets de la crise, et d’autres facteurs inconnus entrent en jeu. Mais si l’on compare les estimations actuelles de la production potentielle par personne d’âge actif et une extrapolation de sa tendance préalable à la crise (de 2000 à 2007), en tenant compte des facteurs démographiques, la production potentielle globale de la zone OCDE a probablement chuté de presque 3 % sous l’effet de la crise.

Il s’agit d’une estimation globale, qui ne refl ète pas les écarts entre pays. L’effet estimé sur le pays de l’OCDE médian est environ deux fois supérieur à l’effet sur l’ensemble de la zone, ce qui montre que les petits pays ont généralement été touchés beaucoup plus durement que les grands (voir graphique). L’effet de la crise sur la production potentielle a donc été peu important au Japon et en Allemagne, et a réduit le niveau de production de moins de 2,5 % aux États-Unis. La crise a également eu un impact limité en Autriche, en Australie, en Israël, au Mexique et en Suisse. Mais, selon les estimations, la réduction de la production potentielle en 2014 atteindra plus de 10 % en République tchèque, en Hongrie, en Irlande, en Islande, en Slovénie, en Estonie, en Grèce et au Luxembourg. Il pourrait s’agir d’une sous-estimation dans le cas de certains pays comme l’Irlande et l’Espagne, où la croissance de la population d’âge actif a connu un ralentissement particulièrement sensible. Cela s’explique sans doute en partie par le recul marqué des fl ux nets d’immigration, qui n’a pas été pris en compte dans les calculs des Perspectives économiques de l’OCDE. Si cela avait été le cas, l’impact de la crise sur la production potentielle dans ces pays aurait peut-être été encore plus signifi catif.

Perspectives économiques de l’OCDE n° 93, mai 2013. Voir www.oecd.org/fr/economie 

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Voir aussi www.oecd.org/fr/fiscalite/

© L’Observateur de l’OCDE n° 295, T2 2013




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