La Chine en orbite

©Reuters/CDIC

L’essor du programme spatial de la Chine est à la mesure de  l’expansion de son économie sur la scène mondiale. Dix ans après  être devenue le troisième pays au monde à placer des êtres humains  sur orbite, la Chine a lancé en juin sa cinquième mission spatiale  habitée, la plus longue à ce jour. Trois « taïkonautes » (astronautes  chinois) ont passé deux semaines en orbite dans le module spatial  Tiangong 1. 

« Tiangong » signifie « palais céleste ». Pourtant, investir dans un  programme spatial n’est pas un luxe, mais une affaire sérieuse.  Cet investissement est souvent source de progrès scientifiques,  technologiques, industriels et de sécurité, et génère donc des  retombées économiques non négligeables. Plus de 50 pays ont  désormais placé des satellites sur orbite, investis de missions  concrètes et précises. 

En Chine, la course aux étoiles a débuté en 1970, avec le lancement de  son premier satellite. Au terme d’un programme intensif de recherche  et de développement dans les années 90, la Chine est aujourd’hui  une « puissance » spatiale à part entière, présente dans tous les  domaines correspondants : fabrication de satellites et de lanceurs,  bases spatiales, programmes scientifiques et leurs applications, et vol  spatial habité. 

En 2012, pour la deuxième année consécutive, la Chine est arrivée  au deuxième rang mondial pour le lancement de fusées, après la  Fédération de Russie et devant les États-Unis, l’Europe se plaçant en  quatrième position. 

La Chine a lancé la construction d’une station spatiale qui sera  opérationnelle en 2016-22. Pesant 30 tonnes, elle sera six fois plus  petite que sa voisine, la station spatiale internationale (SSI). Pour  l’anecdote, cette station est le troisième objet le plus brillant dans  l’espace (après le soleil et la lune); vous pouvez la voir dans le ciel  nocturne depuis votre jardin, un site Internet de la NASA vous aide  même à la localiser (http://spotthestation.nasa.gov/). La SSI est une  plateforme scientifique et technologique exploitée par les États-Unis,  la Fédération de Russie, l’Europe, le Japon et le Canada, et célèbrant  son 15e anniversaire cette année. 

La Chine est donc en passe de rattraper d’autres pays, et son industrie  spatiale est en plein essor. Avec plus de 40 fabricants chinois de  satellites, environ 50 000 personnes travaillent directement dans le  secteur spatial, sur un total de plus de 500 000 personnes employées  dans la filière aéronautique chinoise. De nombreux établissements  publics de recherche, souvent liés au secteur de la défense, et  plusieurs universités, dont l’Université Tsinghua, contribuent au  programme spatial chinois ; par conséquent, l’emploi réel généré  par l’industrie spatiale chinoise est probablement bien supérieur à  ces chiffres. Les entreprises recensées par le Bureau national des  statistiques ont réalisé un chiffre d’affaires supérieur à 10 milliards  USD en 2009, ce qui reflète l’intensité du programme spatial chinois. 

La Chine ne se contente pas de viser les étoiles : elle positionne son  industrie terrestre de manière à tirer profit de la mondialisation  croissante de l’aérospatiale. 


Référence 

OCDE (2011), The Space Economy at a Glance 2011, Éditions OCDE, Paris. 

Voir le site Internet du Forum de l’espace de l’OCDE : www.oecd.org/fr/sti/prospective/

©L’Observateur de l’OCDE n° 295, T2 2013




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