Tous à bord: des politiques en faveur d’une croissance inclusive et de l’emploi

OCDE/Hervé Cortinat

Voici les conclusions adoptées lors de la Réunion du Conseil au niveau des ministres, le 24 mai 2012. Le Résumé de la présidence et d’autres informations sur la réunion sont disponibles sur www.oecd.org/rcm

À l’occasion de la Réunion 2012 du Conseil de l’OCDE au niveau des ministres, nous* nous sommes assemblés sous la présidence de la Turquie et la vice-présidence du Chili et de la Pologne. La participation de la Fédération de Russie, dont le processus d’adhésion à l’OCDE est en cours, et de nos partenaires clés – Afrique du Sud, Brésil, République populaire de Chine, Inde et Indonésie – ainsi que d’organisations internationales, a grandement enrichi nos débats.

Nous nous félicitons des nets progrès réalisés du point de vue de la mise en oeuvre de la Vision d’avenir pour l’OCDE à l’occasion de son 50e anniversaire à laquelle la RCM de 2011 a donné son aval et nous nous engageons collectivement à la traduire en résultats concrets. Nous nous félicitons du rôle que le Secrétaire général a joué en proposant de nouvelles initiatives, notamment ses Orientations stratégiques, et en renforçant la visibilité et l’impact de l’organisation.

Croissance inclusive et riche en emplois

Compte tenu de la situation économique actuelle, nous sommes fermement attachés à obtenir une croissance inclusive et riche en emplois grâce à des réformes structurelles efficaces, à des politiques budgétaires et sociales responsables et à des mesures propres à stabiliser le secteur financier. Une croissance économique durable est un objectif fondamental et les stratégies futures de l’OCDE viseront à promouvoir une croissance verte. Nous soulignons l’importance de donner aux individus et aux entreprises les moyens de surmonter les difficultés économiques actuelles, notamment la tendance inquiétante au creusement des inégalités et les niveaux élevés de chômage observés dans de nombreux pays. Nous encourageons donc à investir davantage dans les compétences humaines et à faire mieux concorder l’offre et la demande de qualifications. Nous insistons sur l’importance d’une participation pleine et entière des femmes à la réussite de nos économies. Nous nous félicitons des nouvelles initiatives de l’OCDE, notamment la Stratégie sur les compétences et l’Initiative pour la parité, ainsi que les travaux en cours sur les inégalités, l’innovation, la croissance verte et les nouvelles sources de croissance, comme les actifs fondés sur le savoir, et sur la mesure du progrès. Ces initiatives sont des sources précieuses d’éclairages et d’orientations et constituent des outils importants pour assurer une croissance génératrice d’emplois et valoriser le capital humain. Nous nous félicitons aussi des travaux menés par l’organisation en faveur de l’ouverture des marchés, de la sécurité juridique pour l’investissement international et de la conduite responsable des entreprises multinationales, ainsi que de la neutralité concurrentielle entre les entreprises publiques et privées. Nous continuerons de promouvoir la concurrence en tant que moteur d’économies de marché ouvertes et modernes permettant de favoriser l’innovation, d’améliorer l’efficience et d’accroître le bien-être des citoyens.

Nous réitérons notre attachement à un système commercial multilatéral ouvert, à la poursuite de la libéralisation, à la lutte contre le protectionnisme sous toute ses formes et au refus d’adopter des mesures restrictives pour les échanges ou dommageables pour l’investissement. À cette fin, nous approuvons les engagements de statu quo ou de retrait des nouvelles mesures restrictives tels que réaffirmés à l’issue du sommet du G20 tenu à Cannes ; nous chargeons l’OCDE de suivre l’évolution de ces mesures et nous invitons le Comité des échanges, conformément à sa décision, à rédiger un rapport et à organiser un atelier pour évaluer l’impact des mesures liées au commerce. Nous nous félicitons des travaux de l’OCDE sur la relation entre les échanges et l’emploi, les chaînes de valeur mondiales, la mesure du commerce en termes de valeur ajoutée et les restrictions aux échanges de services, de même que les contributions que l’organisation peut apporter, en coopération avec l’OMC, au programme commercial multilatéral. Nous appelons l’OCDE à accélérer et élargir ses travaux sur l’élaboration d’une base de données et d’un indice sur la restrictivité des échanges de services, et à les étendre à tous les pays qui sont de grands fournisseurs de services, ou qui aspirent à le devenir.

Nous nous engageons à analyser les causes profondes de la crise et à en tirer les enseignements et, au besoin, à actualiser les analyses économiques et les recommandations d’action de l’OCDE. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui l’initiative relative à de « Nouvelles approches face aux défis économiques ».

Stratégie pour le développement

Nous donnons notre aval à la Stratégie de l’OCDE pour le développement, outil essentiel pour renforcer les travaux de l’organisation sur le développement, les intégrer et pouvoir les adapter face aux rapides mutations mondiales, de façon que des pays qui en sont à des stades de développement différents puissent contribuer à une croissance durable à l’échelle mondiale. En nous appuyant sur le noyau de compétences spécialisées et l’expérience de l’organisation, nous oeuvrerons tous ensemble à la mise en oeuvre de cette stratégie. Nous nous efforcerons d’accroître la cohérence des politiques au service du développement et de faciliter le partage des connaissances.

Nous saluons les résultats du Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide qui s’est tenu à Busan, et nous en soutenons la mise en oeuvre, notamment l’accord sur la création du Partenariat mondial pour une coopération efficace au service du développement. Nous intensifierons notre dialogue avec diverses parties prenantes, notamment les économies émergentes.

Réseau mondial pour l’action publique

Nous notons avec satisfaction l’achèvement des négociations sur l’accession de la Fédération de Russie à l’OMC, la ratification par ce pays de la Convention anti-corruption de l’OCDE et son entrée à l’Agence pour l’énergie nucléaire. Nous espérons que le processus d’adhésion de la Fédération de Russie à l’OCDE se poursuivra conformément à la feuille de route de 2007. Un engagement fort est essentiel sur des questions spécifiques telles que l’environnement, la fiscalité, le gouvernement d’entreprise et le climat des affaires.

Nous affirmons notre volonté de travailler avec chacun de nos partenaires clés (Afrique du Sud, Brésil, République populaire de Chine, Inde et Indonésie) à l’élaboration de nouvelles formes de partenariat et de collaboration. Nous nous efforcerons d’intensifier encore ces relations, dans l’intérêt mutuel, notamment à l’aide d’accords-cadres, de la participation plus poussée de ces pays aux travaux des comités et de l’amélioration de la communication.

Nous continuerons d’approfondir notre dialogue avec d’autres pays et régions, dans l’intérêt de tous. Nous travaillerons avec nos partenaires à travers le réseau de l’OCDE pour l’action publique, afin d’atteindre collectivement des objectifs communs tels qu’une croissance durable à l’échelle mondiale. Nous attendons avec intérêt la conclusion rapide des travaux visant à améliorer les règles relatives à la participation de pays partenaires aux activités et organes de l’OCDE. Nous nous félicitons de l’adhésion de nombreux pays aux instruments de l’OCDE. Nous saluons les réformes engagées dans la région MENA et les travaux que mène l’organisation pour les accompagner, en particulier dans le cadre de l’Initiative MENA-OCDE pour la gouvernance et l’investissement à l’appui du développement, et de sa participation active au Partenariat de Deauville.

Nous apprécions à leur juste mesure les contributions de l’OCDE à la gouvernance économique mondiale, notamment en ce qui concerne la lutte contre la corruption, la fiscalité, l’investissement et la responsabilité sociale des entreprises, l’environnement et le développement durable. Nous saluons le rôle actif que l’OCDE joue auprès de diverses instances telles que le G8 et le G20 dans les domaines où elle possède un avantage comparatif, et la contribution qu’elle apporte face aux défis mondiaux.

Efficience, efficacité et transparence

Prenant note du souci d’économies qui anime nos administrations nationales respectives, nous encourageons l’OCDE à intensifier ses efforts afin d’améliorer l’efficience, l’efficacité et la transparence et nous nous félicitons de l’engagement de l’organisation en faveur des données ouvertes et des efforts qu’elle déploie pour faire siennes les meilleures pratiques de gestion.

*Ministres et représentants de l’Allemagne, de l’Australie, de l’Autriche, de la Belgique, du Canada, du Chili, de la Corée, du Danemark, de l’Espagne, de l’Estonie, des États-Unis, de la Finlande, de la France, de la Grèce, de la Hongrie, de l’Irlande, de l’Islande, d’Israël, de l’Italie, du Japon, du Luxembourg, du Mexique, de la Norvège, de la Nouvelle-Zélande, des Pays-Bas, de la Pologne, du Portugal, de la République slovaque, de la République tchèque, du Royaume-Uni, de la Fédération de Russie, de la Slovénie, de la Suède, de la Suisse et de la Turquie, ainsi que de l’Union européenne.

©L’Observateur de l'OCDE N˚ 292 T3 2012




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