Podium

Début 2012, Frédéric Oudéa, Président directeur général du Groupe Société  générale, a rencontré le Secrétaire général  de l’OCDE, Angel Gurría, pour discuter  de l’économie mondiale, de l’entreprise  et de la crise financière. Extrait de leur  conversation

Quelle est votre analyse de la dernière crise ?

 

Angel Gurría : Vous parlez de la dernière  crise, mais nous ne sommes pas sortis en  réalité de celle qui a commencé il y a cinq  ans avec les subprimes et qui s’est étendue  ensuite aux marchés, puis à l’économie, avec  ses conséquences sur la croissance et sur  le chômage, en particulier le chômage des jeunes, qui est une tragédie. La responsabilité  de cette crise, que personne ou presque  n’avait vu venir, est collective.  

Et elle a au moins une conséquence positive :  c’est d’inciter tout le monde à la sagesse. Elle  incite les États à être très attentifs à leurs  finances publiques, les régulateurs à prendre  leur rôle très au sérieux, les acteurs privés à  moins s’endetter. Quant aux banques, même  si elles ont été prises commodément pour  cible, chacun sait aujourd’hui que, sans elles,  aucune relance n’est possible. Nous avons  besoin de drainer les flux d’épargne vers le monde économique, c’est une fonction très  spécifique et d’une importance capitale, et  nous avons besoin pour cela d’un système  bancaire stable et efficace. La crise a mis  en lumière en particulier l’importance de la  liquidité pour irriguer le système – ce qui  a conduit la Banque centrale européenne à  prêter 1 000 milliards d’euros aux banques  en deux mois ! Au bout du compte, la leçon  de la crise a coûté très cher, mais nous avons  beaucoup appris, collectivement.   

Frédéric Oudéa : Nous vivons effectivement  une crise continue depuis cinq ans, et la  secousse de l’été 2011 n’était qu’une réplique  d’un même tremblement de terre. Je partage  à la fois la lucidité et l’optimisme d’Angel  Gurría. Nous sommes dans une crise grave  des économies développées, qui se sont  reposées sur un endettement bien trop  élevé. Et les banques, fournisseurs de la  dette, sont en quelque sorte le symptôme  des déséquilibres qui apparaissent  aujourd’hui au grand jour. Nous assumons  notre responsabilité dans cette crise, mais  nous faisons aussi partie de la solution.  Raisonnons à l’échelle de l’économie  mondiale. L’une des questions clefs, pour  l’avenir de la croissance mondiale, c’est  l’acheminement des réserves d’épargne vers  les besoins de financement. Des pays comme  la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie vont  devoir investir chaque année des centaines de  milliards de dollars dans leurs infrastructures,  et ils ne pourront pas le faire seuls. Je ne vois  pas qui mieux que les banques et les marchés  financiers pourront les y aider. Trouver  comment financer efficacement la croissance,  de manière sûre pour ceux qui épargnent et  en aidant les économies à créer de la richesse,  tel est le vrai enjeu, qui nous projette bien  au-delà de la crise de la zone euro.   

©Société Générale. Pour l’intégralité de cet entretien, voir « Conjoncture et stratégie : Regards croisés »,

Rapport d’activité et de dévelooppement durable 2011-2012, Société générale, France.

Voir aussi De la crise à la reprise : Causes, déroulement et conséquences de la Grande Récession

Et consulter La récession européenne ralentit l’économie mondiale, selon l’OCDE

©L’Observateur de l'OCDE N˚ 293 T4 2012




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