La voie des airs

REUTERS/Felipe Caicedo

Des soucis de gestion de l’information ? Prenez des vols longs courriers.

La pratique récente de l’externalisation ouverte soumet les individus à des déplacements fréquents au cours desquels ils se retrouvent confrontés à des situations stressantes, telles que des longs trajets en avion ou des escales dans des aéroports saturés. Vous reconnaissez-vous dans le sort de ces malheureux ? Si tel est le cas, envisagez la situation autrement et apprenez à apprécier ces longs courriers. Pour quelles raisons ?

Parce qu’ils vous offrent le rare privilège de vous soustraire à la tyrannie des courriers électroniques, SMS, blogs, applications, Facebook, Twitter et autres. Il n’y a plus que vous, votre créativité et du temps pour penser (et éventuellement parcourir le magazine mis à votre disposition). Vous pouvez également en profiter pour préparer les prochains courriers électroniques dont vous bombarderez vos collaborateurs dès l’atterrissage. Pourquoi ne pas les expédier de votre hôtel au beau milieu de la nuit ou avant votre jogging matinal ? Vous n’avez aucune raison de souhaiter l’abolition de ces « temps morts ».

Après tout, combien d’entre vous ont-ils encore la chance d’avoir des réunions en face-à-face ? J’ai fait partie de ces privilégiés, il y a longtemps déjà, à une époque où cela était considéré comme un privilège. Aujourd’hui, la plupart des participants aux conférences semblent davantage préoccupés par ce qui se passe à l’extérieur. Trop accaparés par leurs Blackberries, leurs smartphones, leurs tablettes et leurs portables, ils en oublient complètement la réunion. On peut alors se demander ce qui les a poussés à s’y inscrire, ou ce qu’ils comptent en retirer. Souffrent-ils d’une dépendance quelconque, de masochisme ?

Ni l’un ni l’autre. Il faut mettre leur attitude sur le compte d’une évolution des comportements, qui a débuté avec la défaite définitive des défenseurs du papier. L’univers numérique est tellement plus pratique. Adieu, lourds ouvrages et rapports encombrants. Un iPad est tout ce qu’il vous faut pour vous connecter au monde merveilleux de l’information et de la connaissance.

Si laisser une empreinte carbone ne vous fait pas peur, suivez mon conseil : prenez des vols intercontinentaux le plus souvent possible, afin de pouvoir lire les documents et visionner les discours des conférences à côté desquelles vous êtes passé, trop accaparés à répondre aux courriers électroniques envoyés par votre siège. Les avions ne sont plus uniquement un lieu de repos, ils sont votre nouveau bureau !

Tentez l’expérience et rendez service à ceux qui, comme vous, hantent les aéroports. Imaginez un instant que vous ayez une idée révolutionnaire sur l’administration mobile, et que vous souhaitiez la partager. Vous organisez alors un séminaire sur la façon d’améliorer la communication en continu entre les citoyens et leurs administrations. Ce concept incontestablement novateur devrait attirer des spécialistes passionnants et à l’avant-garde de leur domaine.

Les participants viendront donc en nombre. Mais j’en reviens à la statistique mentionnée au début de ma démonstration (l’auriez-vous oubliée, distrait par les sonneries incessantes de votre smartphone ?), à savoir que 75 % des participants à votre réunion seront plus occupés à consulter leurs Blackberries – et les messages émanant vraisemblablement de quelque responsable officiel national en plein vol – qu’à s’engager dans un véritable débat d’idées.

Voyez le bon côté des choses. Vos hôtes vous seront reconnaissants de leur avoir donné une autre occasion en or de rattraper, en plein ciel, leur retard sur la réunion précédente qu’ils avaient également « ratée ». Une fois de retour, ils brancheront la clé USB que vous leur aurez donnée lors de la conférence, rédigeront leurs commentaires sur votre présentation, et vous les enverront, là encore, avant leur jogging matinal. Tout le monde y trouve son compte, à condition de redescendre parfois sur terre.

Voir www.oecd.org/fr/gov et www.oecd.org/fr/internet/

©L’Observateur de l'OCDE N˚ 293 T4 2012




Données économiques

Courriel gratuit

Recevez les dernières nouvelles de l’OCDE :

Flux Twitter

Abonnez-vous dès maintenant

Pour recevoir notre édition papier en anglais par courrier


Edition en ligne
Editions précédentes

Ne manquez pas

  • G20: « Le temps est venu d’accroître les dépenses publiques » (Le Monde)
  • En France, les inégalités salariales se réduisent chaque année. Les salaires des femmes cadres de moins de 30 ans sont « seulement » inférieurs de 5 % à celui des hommes, selon l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) dans une étude publiée en mars 2015.Les réseaux féminins ont-ils encore un rôle à jouer dans le monde du travail ? (Le Monde)
  • Pourquoi les fils d’immigrés ne réussissent-ils pas à l’école aussi bien que leurs sœurs? Un article du journal Le Monde.
  • L'intégration rapide des réfugiés est la clé de la croissance économique en Europe, selon le FMI et l'OCDE, présents à Davos, le forum économique mondial qui se déroule du 20 au 23 janvier. Lire l'article du Monde ici.

  • Expliquez-nous... l'OCDE par FranceInfo
  • "Nous avançons à une vitesse d'escargot" sur le climat, estime Ban Ki-moon. Le secrétaire général des Nations Unies confie au journal Le Monde son optimisme sur la conclusion d’un accord international permettant de contenir le réchauffement en cours, en dépit des obstacles.
  • La France est "l'un des pays où l'anxiété en classe est la plus fortement ressentie" explique Eric Charbonnier, analyste à l'OCDE.
  • Après le vote des mesures sociales demandées par l'Union européenne et le FMI, prévu pour le 22 juillet au soir, le gouvernement grec "va reprendre immédiatement les négociations avec les institutions, UE, BCE et FMI, qui doivent durer jusqu'au 20 août au plus tard".
  • Peut-on réduire l'immigration légale? Le député français de l’Yonne Guillaume Larrivé, membre de l'opposition, a proposé que les parlementaires fixent des plafonds d’immigration annuels. Thomas Liebig, spécialiste des migrations internationales à l’OCDE, analyse cette proposition pour le journal La Croix.
  • "Les 40% les plus pauvres, les classes moyennes, manquent de moyens pour investir dans le capital humain", explique à L'Express l'économiste Michael Förster, spécialiste des inégalités à l'OCDE.
  • La lutte contre le travail au noir franchit un nouveau seuil. Selon le bilan 2014 publié par Les Echos, le montant total des redressements imposés par les Urssaf pour « travail dissimulé » s’est élevé à 401 millions d’euros, contre 320 millions l’année précédente.
  • Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon rallie le soutien de l’OCDE: « 2015 est une année des plus cruciales pour l’humanité ».

Articles les plus lus

Blog OECD Insights

NOTE: Les articles signés expriment l’opinion de leurs auteurs
et pas nécessairement celle de l’OCDE ou de ses pays membres.

©Tous droits réservés. OCDE 2016