Lutter contre le financement du terrorisme à l’ère de l’information

L’explosion du monde de l’information, si elle a été bénéfique à notre organisation, ne va pas sans poser de nouveaux problèmes.

Le Groupe d’action financière (GAFI) est un  organisme politique intergouvernemental,  mandaté au niveau ministériel pour définir  des normes internationales de lutte contre le  blanchiment de capitaux, le financement du  terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Ses travaux reposent sur la constitution  de réseaux, l’accès à l’information et la  publication de rapports. Nous faisons  notamment usage d’une « liste noire » qui  nous permet de faire pression sur les pays  afin qu’ils intensifient leur combat contre le  terrorisme et le blanchiment.

Grâce à l’Internet, un public plus nombreux  peut accéder à nos travaux, et davantage de  personnes peuvent aussi nous consulter. De  même, l’existence des médias sociaux, en  particulier de Twitter, a sans doute renforcé  l’impact de nos annonces et contribué à faire  mieux connaître le GAFI. Pourtant, si nous  saluons cette transparence et cette ouverture  accrues, pour que l’action du GAFI soit  efficace, la confidentialité et la discrétion, qui  sont aussi les maîtres-mots des travaux de  l’OCDE, restent indispensables. Arbitrer entre  transparence et discrétion, communication et  confidentialité, tout est affaire de jugement.

Nous n’agissons pas sous les feux des  projecteurs : notre méthode consiste à  exercer des pressions en douceur et à tisser des relations de confiance. Quelquefois, agir  véritablement demande de la discrétion et de  la patience, et la vitesse des communications en temps réel risque de créer des tensions  intempestives.

Une autre difficulté a surgi : les progrès  de l’informatique ont rendu plus facile  le financement du terrorisme et créé de  nouvelles possibilités de couvrir des activités  de blanchiment. Le GAFI a reconnu la  nécessité de s’attaquer aux risques liés à  l’utilisation des nouvelles technologies par  les délinquants pour blanchir de l’argent et financer le terrorisme. Selon les normes du  GAFI, les pays doivent évaluer les risques  posés par les nouveaux produits et les  nouvelles méthodes de transfert, et nous  avons mené des études sur les nouvelles  techniques de blanchiment et de financement  du terrorisme afin de vérifier que nos normes  sont toujours d’actualité.

Ces dernières années, on a assisté à une  forte hausse du nombre de transactions et  du volume de fonds circulant grâce à de  nouveaux moyens de paiement novateurs,  tels que les cartes prépayées, les paiements  mobiles ou les services de paiement en ligne.  Face au développement rapide et au caractère dynamique de ces nouvelles méthodes, les  pays et les institutions du secteur privé sont  contraints de vérifier que ces produits et  services ne sont pas détournés à des fins  criminelles. Les risques de blanchiment et de  financement du terrorisme varient en fonction  des caractéristiques fonctionnelles des services  et de l’existence de mesures destinées à en  prévenir toute utilisation criminelle.

L’Internet et les technologies connexes comme  Twitter ou Facebook ont contribué à renforcer  le rôle et l’image du Réseau mondial du GAFI.  Plus de 190 pays se sont engagés à mettre en  œuvre les Recommandations du GAFI et à  protéger le système financier des délinquants  et des terroristes. Ces pays, qui appartiennent  au GAFI lui-même et/ou à l’un des  organismes régionaux de type GAFI, font ainsi  partie du Réseau mondial du Groupe d’action  financière. Cette structure se reflète dans  notre nouveau site Internet, conçu comme un  portail permettant d’accéder également à ces  organismes. Ainsi, lorsque vous être sur notre  site, c’est le Réseau mondial du GAFI qui  s’ouvre à vous.  

Voir www.fatf-gafi.org

Voir aussi www.oecd.org/fr/internet/

©L’Observateur de l'OCDE N˚ 293 T4 2012




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