Données massives : promesse ou chimère ?

©André Faber

Selon Global Pulse de l’ONU, plus de  données ont été créées en 2011 que dans  toute l’histoire de l’humanité, ou du moins depuis l’invention de l’écriture.

Chaque jour, les innovations technologiques  et sociales génèrent d’immenses flux de  données, dites « massives », en anglais  big data, dont la prolifération promet de  bouleverser les habitudes de collecte et  d’utilisation des informations destinées à  l’élaboration des politiques.

Les nouvelles sources de données permettent  aux analystes et décideurs d’accéder en  temps réel à une masse croissante de  renseignements. Par exemple, il est désormais  possible, avec un smartphone, de recueillir les  prix d’un vaste panier de biens et de services  pour calculer un indice quotidien. De même,  les offres d’emploi en ligne constituent une  nouvelle source d’informations pour l’analyse  des tendances du marché de la maind’œuvre, tandis que les données relatives  aux transactions financières et aux ventes  effectuées sur Internet occupent une place croissante dans les prévisions de la production  mondiale.

Par ailleurs, les réseaux sociaux comme  Facebook et Twitter ont d’ores et déjà  révolutionné les relations entre les  gouvernants et la société civile : un nombre croissant de personnes partageant des  renseignements d’ordre privé sur ces réseaux,  les pouvoirs publics y recourent pour délivrer  leurs messages et puiser des informations  susceptibles d’influencer les principes et  priorités de leurs politiques.  

Les organisations internationales y participent  également, comme en témoigne l’initiative  Global Pulse de l’ONU. Pour sa part, l’OCDE  exploite déjà les potentialités offertes par les données massives. La collecte des statistiques  et l’étude des tendances constituent le travail  quotidien de notre organisation, et nous avons  élaboré des outils novateurs et interactifs  permettant d’obtenir des informations  plus nombreuses et de meilleure qualité  auprès du public. Ceci permet de nourrir les  recommandations formulées à l’intention des  pouvoirs publics. L’Indicateur du vivre mieux  en est un bon exemple : cette application web  conviviale, lancée en 2011, permet à chacun  de comparer la qualité de vie entre les pays, de  définir ses propres indicateurs selon ses goûts  et préférences et de les partager avec tous, y  compris l’OCDE. Par ailleurs, dans le cadre  de ses travaux sur l’égalité homme-femme  et le progrès des sociétés, l’OCDE utilise  depuis 2008 Wikigender et Wikiprogress,  plateformes de collaboration et d’interface  avec les pouvoirs publics, la société civile et les  citoyens du monde entier.

Les offices statistiques nationaux de la zone  OCDE commencent eux aussi à exploiter les  données massives dans un souci d’actualité et  de rentabilité.

Toutefois, les données massives ne conduisent  pas nécessairement à une amélioration  quantitative et qualitative des informations.  La mission des offices statistiques nationaux  consistant à aider les utilisateurs à faire le tri  entre les statistiques fiables et les données  de sources variées sujettes à caution est donc  appelée à gagner en importance.

D’autres difficultés se présentent, comme  protéger la vie privée en ligne, menacée par la  quête incessante de renseignements toujours  plus nombreux et détaillés, ou rechercher  des moyens novateurs de communiquer et  d’exposer les messages qui se dégagent de ce  foisonnement de données. L’OCDE s’emploie  à répondre à ces défis pour que, comme dans  le cas de l’écriture, l’ère des données massives  soit propice aux gouvernants et aux citoyens.

Références

Voir www.oecd.org/fr/statistiques 

Voir aussi www.oecdbetterlifeindex.org/fr

O’Reilly, Marie, (2012), « Interview with Robert  Kirkpatrick, Director of UN Global Pulse, on the Value of  Big Data », 5 novembre 2012, consultable sur www.theglobalobservatory.org

©L’Observateur de l'OCDE N˚ 293 T4 2012  




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