Le G20 : répondre aux grands enjeux planétaires

© Gouvernement du Mexique

Nous vivons dans un contexte de mondialisation dans lequel tout événement important, où qu’il soit, a des répercussions immédiates et directes sur le reste du monde. La faim en Afrique et les turbulences politiques au Maghreb ont ainsi provoqué de nouveaux flux migratoires vers les pays au niveau de développement relatif supérieur.

En proie au chômage, ces pays réduisent leurs importations, ce qui n’est pas bon pour les perspectives de croissance des économies émergentes. Quant aux politiques énergétiques actuelles, elles contribuent au réchauffement de la planète qui, en plus de nuire à nos économies, menace notre santé, voire notre survie en tant qu’espèce.

N’en doutons pas : notre avenir sera commun ou ne sera pas. Il y a 25 ans, Gro Harlem Brundtland écrivait : « Nous vivons à une époque de l’histoire des nations où nous avons plus que jamais besoin d’actions et de responsabilités politiques coordonnées ». C’est ce à quoi le Mexique fait référence lorsqu’il évoque la coresponsabilité dans les relations internationales.

Dans cet esprit de coresponsabilité, le Mexique a activement participé à certains des plus grands forums mondiaux, notamment au Conseil de sécurité des Nations unies et aux conférences des Nations unies sur le changement climatique, dont la 16e édition a eu lieu à Cancun, au Mexique, fin 2010. Dans ce même esprit, le Mexique préside aujourd’hui aux travaux du Groupe des 20, ou G20, dont l’objectif est de poser les bases d’un nouvel ordre économique mondial en coordonnant des politiques macroéconomiques qui soient vectrices de stabilité des marchés, qui garantissent les flux de liquidités, raffermissent la reprise de l’économie mondiale et assurent la croissance et la prospérité économiques à chaque pays de la planète.

Le Mexique a souhaité que l’agenda du G20 soit équilibré afin que les sujets urgents n’éclipsent pas d’autres problématiques de moyen et de long terme tout aussi, voire plus importantes. Cette année, les cinq priorités fixées par le Mexique pour les travaux du G20 sont les suivantes :

1. Stabiliser l’économie et opérer des réformes structurelles dans une optique de croissance et d’emploi. À notre avis, il est capital de restaurer la confiance sur les marchés pour renouer avec une croissance durable, et cela doit s’accompagner d’un engagement commun à mener les réformes structurelles nécessaires.

2. Renforcer les systèmes financiers et favoriser l’inclusion financière pour promouvoir la croissance économique. L’instabilité actuelle des marchés dans les pays en développement souligne la nécessité d’améliorer le cadre réglementaire existant. Parallèlement, nous devons favoriser l’inclusion sociale, l’éducation financière et la protection des consommateurs, autant de moyens efficaces pour promouvoir la croissance, réduire la pauvreté et encourager une utilisation responsable des services bancaires.

3. Améliorer l’architecture financière internationale. Il est impératif de continuer à renforcer et réformer les institutions financières internationales telles que le FMI, la Banque mondiale et le Conseil de stabilité financière.

4. Renforcer la sécurité alimentaire et remédier à la volatilité des prix des matières premières. Les fluctuations des prix des denrées alimentaires affectent les familles les plus pauvres. Le Mexique prône donc la sécurité alimentaire en renforçant, de manière durable et solidaire, la production et la productivité du secteur agroalimentaire à l’échelle mondiale.

5. Promouvoir la croissance verte – un type de croissance économique fondé sur des stratégies visant à améliorer la productivité, à encourager l’innovation et la recherche, ainsi qu’à créer de nouvelles opportunités commerciales et des marchés qui soient durables par nature. Cette thématique transversale de l’agenda du G20 est présente dans d’autres domaines comme l’énergie, la sécurité alimentaire, l’emploi et la formation, les infrastructures, la coopération internationale pour le développement et le financement de la lutte contre le changement climatique.

Le Mexique souhaite amener le G20 à relever plus efficacement certains des défis les plus urgents pour la gouvernance mondiale. Dans ce but, il doit non seulement prendre des mesures pour lutter contre les crises actuelles, mais également résoudre les problèmes structurels et éviter ainsi de nouvelles crises comme celle de 2008. Pour accomplir cette tâche, nous travaillons avec des gouvernements de pays actuellement non représentés au G20, ainsi qu’avec des représentants de la société civile, du secteur privé, des syndicats, des milieux universitaires, de la jeunesse, des parlements et d’organisations internationales d’envergure mondiale ou régionale.

Le prochain sommet du G20, qui aura lieu en juin prochain à Los Cabos au Mexique, contribuera, j’en suis convaincue, à esquisser un nouvel ordre économique mondial propice à la croissance économique de nos nations, mais aussi au bien-être de chaque individu et de chaque secteur de nos sociétés.

Voir www.g20.org

Voir www.oecd.org/g20

©L’Observateur de l'OCDE N˚ 290-291 T1-T2 2012




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